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Visite de quelques ateliers d’art new-yorkais

Chaque année, le dernier week-end d’avril, près de 150 artistes du quartier de Tribeca, situé au sud de New York, ouvrent la porte de leur atelier au public. C’est l’occasion de pénétrer dans leur intimité, de faire de nouvelles rencontres mais aussi de prendre le pouls de la ville de New York. Leurs œuvres, en effet, expriment quelque chose de leur expérience de la ville, de leur façon de vivre dans la ville. En un sens, les artistes sont comme des réceptacles de la réalité, tant physique que spirituelle, qu’ils interprètent avec un aspect particulier, personnel. Après des années plutôt difficiles où les toiles étaient marquées par des esprits tourmentés et anxieux, où le visage de l’homme était bien souvent absent ou bafoué, la surprise de cette année est de voir apparaître davantage de lumière dans les toiles, signe d’une certaine positivité et espérance retrouvées aussi dans le visage même des artistes.

Cade Pemberton, peintre, travaille à plein temps dans le design pour les produits cosmétiques Estée Lauder. Après ses heures de travail et durant le week-end, elle vient se ressourcer dans son atelier installé dans le sous-sol d’un building. Quelques-uns de ses tableaux abstraits ravissent les visiteurs : ils représentent un incroyable  dynamisme, ils sont pleins de mouvement, ils suscitent une espérance nouvelle ! Cade confiait que tout récemment la figure humaine réapparaissait dans ses tableaux.

Tableau de Cade Pemberton © Gonzague Leroux

Yvette Cohen présente dans son atelier des formes géométriques planes qui créent l’illusion d’une profondeur ou d’un relief dans le mur. Ces tableaux pourraient être comparés à des cerfs-volants. L’espace est transformé. On dirait que la pesanteur disparaît. Le visiteur a alors le sentiment d’être élevé au milieu de ces toiles.

Mur avec tableaux d'Yvette Cohen © Gonzague Leroux

A côté d’elle Gail Miller coud ses œuvres d’art. Selon ses propres paroles, elle aime mettre en valeur le don de la femme. Sa mère était couturière. Elle-même a toujours peint. Maintenant elle allie les deux dans sa vie  – couture et peinture – et essaie de faire justice à tous ceux qui ont toujours gagné leur vie difficilement dans les grandes usines à tisser et dans la couture.

Mur avec tableaux de Gail Miller © Gonzague Leroux

Dans cette ville qui bouillonne et court en tout sens appâtée par le dollar, l’ouverture de ces ateliers est une chance pour rencontrer des New-yorkais au lieu de leur passion, au lieu où ils se donnent pleinement. Là, leur personnalité profonde se dévoile et il apparaît que ce qui compte, au fond,  pour beaucoup d’entre eux, c’est plus l’amour de peindre que la recherche maximale du profit. C’est ainsi que pénètre silencieusement la gratuité au cœur de la ville de la finance.

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