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d'Aude Guillet          4 juin 2011

C'est en assistant à la répétition générale d'une de ses grandes œuvres à Kiev, sous la direcetion de Roman Kofman, que le Point-Coeur d'Ukraine rencontre Arvo Pärt. D'orginie estonienne, agé de 75 ans, Il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands compositeurs de musique classique.

« Je pourrais comparer, dit-il, ma musique à une lumière blanche dans laquelle sont contenues toutes les lumières. Seul un prisme peut dissocier ces couleurs et les rendre visibles : ce prisme pourrait être l'esprit de l'auditeur. ».

Roman Kofman et Arvo Pärt © Aude Guillet

Pendant la répétition, Arvo Pärt intervient avec une grande délicatesse et attention auprès de son ami Roman Kofman. Il s'en dégage une atmosphère de grand respect, de communion et même de tendresse (il fallait voir Arvo Pärt plonger sa tête dans l'épaule de son ami !). Chacun étant au service de l'œuvre de l'autre : l'un au service de la composition, l'autre de l'interprétation. Et l'orchestre, fidèlement, intensément, suit ces maîtres.

 

Arvo Pärt, De Profundis

A la fin de la répétition, nous sommes invitées à saluer Arvo Pärt. Tout se passe dans une grande simplicité : nous lui parlons de Points-Cœur et lui manifestons l'amour que nous portons à sa musique. Il nous présente sa femme qui est là à ses côtés, évoque le destin des grands compositeurs tous morts très jeunes, comme Mozart : comme des ampoules qui brillent intensément ils se sont consumés… Evoquant notre travail de dessin et de peinture, il répond que le chef d'orchestre aussi est un artiste qui dessine avec sa baguette des lignes dans l'espace ! 

Rencontre avec un homme d'une profonde humanité et d'une grande attention pour les êtres et les choses humbles de la vie. Il ressemble vraiment à sa musique.

 

Arvo Pärt, Spiegel im Spiegel

Le soir nous retrouvons la belle salle du Philharmonique pour le concert où sera joué « la Symphonie n°4 », « Silhouette », puis « Les Larmes d'Adam ». Cette musique touche profondément l'âme pour y déverser une grande consolation, coulant hors du temps pour ce temps.

 

Arvo Pärt, Symphonie 4, "Los Angeles" (second mouvement)

Arvo Pärt va humblement comme un pauvre pèlerin de la musique s'enfermer dans la cellule étroite de la frugalité des formes. Il faut y voir une humilité profonde : il semble comme vouloir laver les pieds de la musique, la servir de tout son être.

© Aude Guillet

Quelques CD

 

 

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