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A la suite du 11 septembre : le miracle de BGC Partners

de Gonzague Leroux      12 septembre 2011

Aujourd’hui, lendemain du 11 septembre, la société en opérations boursières BGC Partners, donne autour de 12 millions de dollars à des associations charitables en faveur des enfants. Pour cela, cinq mille employés à travers le monde ont décidé de renoncer à leur salaire pour la journée et la société offre son chiffre d’affaires du jour. Comment un tel événement est-il possible pour une société ?

Le 11 septembre 2001, la société installée dans la tour jumelle nord entre le cent-unième et le cent cinquième étage perd six cent cinquante-huit employés sur huit cent soixante basés aux Etats-Unis. Son Président Directeur Général, Howard W. Lutnick, – une fois n’est pas coutume – ne se trouve pas à son bureau ce matin-là : il accompagne son fils à l’école pour son premier jour de classe. Il est cependant atteint par la mort de son frère et de ses meilleurs amis dont le parrain de son fils. Pour ajouter à ce drame humain, le régulateur de la bourse de New York demande à monsieur Lutnick de fermer la société car plus de 75 milliards d’opérations boursières n’ont pas été finalisées. Sachant qu’il faut trois jours entre le temps de l’exécution d’une opération boursière et sa finalisation, se trouve coincé dans les réseaux informatiques le cumul des exécutions des deux jours précédents de travail plus du début de la matinée du 11 septembre.

Monsieur Lutnick néanmoins voit qu’il est de son devoir de maintenir la société. Il se charge sérieusement du problème informatique. En une semaine, celui-ci est résolu grâce à des ingénieurs de Cisco et Microsoft. Quelques jours plus tard, le 19 septembre 2001, il prend une décision qui lui vaudra de nombreuses critiques mais permettra le relèvement rapide de la société : il ne paiera pas ses employés durant le temps nécessaire, donnera aux familles des victimes de 2001 à 2006 25 % des profits de la société et paiera leur assurance santé et leur mutuelle pendant dix ans. Sans tarder les salaires ont pu être reversés et le cumul sur les cinq années des 25 % des bénéfices a permis de verser 185 millions de dollars aux familles (soit plus de 280 000 dollars pour chacune d’elles).

La culture du « giving back » – donner en retour pour avoir beaucoup reçu – est importante aux Etats-Unis. Par exemple, monsieur Lutnick qui, ayant perdu ses parents, s’est fait offrir les frais de scolarité par l’université de Philadelphie, est devenu le plus gros donateur de cette université. De même aujourd’hui, la société BGC Partners qui s’est littéralement relevée de ses cendres génère un chiffre d’affaire de 1,6 milliards de dollars uniquement pour sa partie côtée en bourse, a décidé de « giving back » à des associations qui apportent leur soutien aux enfants. Chaque année, le chiffre d’affaire de la journée du 12 septembre ainsi que le salaire des salariés du même jour sont reversés. Des personnalités comme John McEnroe, Lady Gaga ou Michael Bloomberg viennent prendre des ordres de bourse au bureau de New York. En France, l’association de Yannick Noah « Fête le mur, le tennis contre l’exclusion », ou encore l’association d’Alain Chabat « Les étoiles enchantées » qui a pour but de faire entrer le cinéma à l’hôpital vont bénéficier de dons cette année.

Monsieur Jean-Pierre Aubin, directeur général exécutif, mène cette opération dans le bureau de Paris. Il nous dit : « Il y a un supplément d’âme dans cette société ». Les employés y sont vraiment motivés. La douleur du 11 septembre reste bien présente mais il semble que ces actions envers les familles des victimes et les associations donnent un élan positif et encouragent les salariés dans leur travail.

 

 

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