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Notre pietà, une statue de Pâques

Pour le vingtième anniversaire de la fondation de l’Œuvre Points-Cœur – il y a de cela deux années – nous avons décidé d’édifier, en action de grâce, aux Etats-Unis, un petit shrine, abritant une « pietà », c’est-à-dire une statue du Christ mort remis à sa Mère. Ce shrine ne fut pas construit sans mal : de nombreux amis ont passé de nombreuses heures à en creuser les fondations dans le rocher, à le concevoir, à l’édifier, à sculpter la statue qu’il abrite, à nettoyer les alentours.

C’est dire que cette maison de prière ne peut pas être abandonnée. On y a mis trop de temps, trop de cœur, trop de forces. Ce ne peut qu’être une maison vivante, une maison propre, une maison fleurie, une maison où l’on aime passer du temps parce que, de fait, c’est une maison habitée. Toujours habitée. La maison où nous sommes attendus. Toujours attendus. Je dirais plus encore : ce shrine est le trésor caché de notre propriété. On croit y venir pour de beaux arbres, du silence, un lac, une promenade en bateau, du ski, de bonnes tartes. On y vient pour une rencontre, on y vient pour s’élever vers Dieu, on y vient pour déposer le poids de notre vie, on y vient pour apprendre à alléger le fardeau d’autrui, on y vient pour offrir notre action de grâce.

Pour découvrir ce shrine, il faut monter… Il est au bout d’un chemin de prière, d’une attente… On y arrive fatigués. Mais on peut s’y arrêter longuement. Et, là, regarder : regarder le visage de la Mère, si plein de tendresse, comprendre le sens de la mort du Fils – une mort toute d’amour –, une mort de miséricorde. Sur le haut de la colline, personne n’est jugé. Tous sont aimés. D’un amour qui permet de continuer à vivre, d’aller jusqu’au bout de ses épreuves.

On pourrait avoir peur devant cette statue. Elle semble celle de l’extrême souffrance : le Fils humilié, sanglant, mort, vient d’être remis à Sa mère. Comme au début, alors qu’il était le Petit de la crèche, Marie Le soutient dans ses bras, Elle retient Sa tête qui tombe, Elle l’offre au Père comme l’extrême Sacrifice du soir. « Tout est achevé ». Jamais l’Enfant n’a été aussi fragile, vulnérable, pauvre. Il avait si soif en mourant. Le soldat lui a donné à boire. Mais il est mort et cependant a soif encore.

Cette statue parle de Dieu. D’un Dieu qui donne son Fils pour que les hommes aient la vie. D’un Dieu qui va jusqu’au bout du sacrifice. D’un Dieu qui ne peut faire peur aux hommes.

Elle parle de la Vierge Marie. Depuis son premier oui qui, déjà, contient tous les autres, elle n’a cessé d’être à côté du Christ. Parce qu’Il est vrai homme, il a besoin d’une vraie Mère, bien-aimée du Père, immaculée, fidèle. Il a besoin de pouvoir la regarder, de la savoir là, comme elle a besoin de Le regarder, de Le savoir là.

Mais Elle parle aussi de nous qui sommes membres de son Fils, qui avons besoin d’être aidés, regardés, pardonnés. Dieu a voulu nous épargner la souffrance d’être orphelins. Il a voulu que tous aient une Mère : tous les chrétiens, mais aussi tous les hommes. Dans les moments d’épreuves particulières, à chaque fois que nous sommes sur la croix, Elle est là. Il faut juste prendre un instant pour la reconnaître. Il faut juste lui dire notre amour, demander son aide.

C’est pour cela que nous sommes ici ce matin. Pour ne pas oublier que dans ce torrent de larmes, le sourire de Marie est notre réconfort. Il écrase tous les désespoirs, il nous met en garde contre tous les chemins sans issue, il nous empêche de perdre du temps à des futilités. C’est que ce Fils qu’elle tient dans ses bras n’est pas mort, Il est désormais ressuscité. Et tous ceux qui accepteront d’être pris dans Ses bras alors qu’on les descend de la croix ne mourront pas sans suivre le Fils dans la Résurrection.

Cette pietà, c’est donc la statue du Golgotha, mais plus encore la statue de Pâques. C’est la statue de la totalité de notre vie. L’obéissance du Fils, l’espérance d’une Mère, la puissance de l’Esprit ont accompli ce miracle de la régénération du genre humain. Sous les yeux fatigués de chaque homme, sous son cœur abîmé, comme sous la glace de l’hiver, sont les germes d’une vie nouvelle, prête à jaillir, dont nous venons nous réjouir aujourd’hui.

Pour mieux connaître Thierry de Roucy :
http://france.pointscoeur.org/Biographie-du-Pere-Thierry-de-Roucy.html

Autres textes de Thierry de Roucy :
http://terredecompassion.com/tag/thierry-de-roucy/
http://www.evangelium-vitae.org/documents/3039/archives/divers/jesus-aime-judas-pere-thierry-de-roucy.htm

 

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Adorons la Sainte Résurrection du Christ !

2 Commentaires

  1. PENCHENAT

    Jean Pierre ,  le 16/10/2012
    TRES BEAU TEMOIGNAGE… MERCI.
    Le 3 octobre 93 ,MGR MEIDRE ARCHEVEQUE D'ALBI 81 ,consacré toutes les paroisses de notre curé ROUCAN aux COEURS DE JESUS ET MARIE. 
    Une année de prières prèparatoires,de foyer en foyer, autour de la vierge pélerine de FATIMA .
    Aujourd'hui , des mains se tendent pour faiter le jubilé 2013. Oui avec cet infatiguable et  pieux curé de 90ans aux cordes vocales bien usées.
    Aux noms de ses familles , autour de lui ,en communion avec l'EGLISE, nous desirons inviter notre archeveque au jubilé de 2013.
    Nous aussi nous voulont implanter au milieu de nos clochers UNE BELLE ET GRANDE PIETA comme un nouvel arc en ciel .Tel est depuis lontemps le souhait de notre pieux curé.
    Mais voila ! comment y arriver ? 
    NOUS FAISONS APPEL ! aidez-nous à le realiser. 
    Merci encore