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de Paul Anel   18 février 2013
Fioretti, temps de lecture 2 mn

Au Point-Cœur de Sendai (Japon), nos plus proches voisins, hormis les sœurs qui nous accueillent, sont un orphelinat où vivent quelques soixante-dix enfants de deux à dix-huit ans. La plupart d'entre eux ont été placés là par le gouvernement pour les protéger de parents violents.


Enfants de l'orphelinat © Paul Anel

D'autres, qui sont originaires de Kessennuma ou d'autres villes côtières, les ont rejoints l'an dernier, après que le tsunami ait englouti et leur maison et leur famille. Ils sont répartis dans deux bâtiments : un grand qui est situé en contrebas de la propriété, séparé de notre maison par un parking et un jardin, et une petite maison située littéralement en face de la nôtre, et où sept d'entre eux forment, avec une éducatrice, comme une petite famille. C'est ici que vit Djouri, sept ans, la cadette du groupe, dont nous avons fait la connaissance un jour de neige. Ce jour-là, elle est venue comme tout naturellement porter main forte à Thibaud, qui transportait d'un côté à l'autre du jardin, pour les assembler, les membres démembrés d'un bonhomme de neige géant. Le 31 au soir, nous étions invités par les enfants et leur éducatrice pour une soirée de jeux dans l'attente de la nouvelle année. C'était merveilleux de voir, non seulement la joie des enfants, mais aussi l'attention que les plus grandes parmi elles mettaient à nous recevoir, à nous offrir le thé et les gâteaux qu'elles avaient préparés. Sous les espèces de cette simple visite et du thé et des jeux partagés, une joie qui n'est pas sans lien avec celle de Noël : la plus grande révolution sous l'apparence la plus modeste, écrivait le Père Thierry de Roucy…

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