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Conversion d’un futur Imam, le film interdit

Dans son dernier film « l’Apôtre », Cheyenne Carron a choisi d’aborder très courageusement le thème de la conversion. Akim, un jeune musulman qui se préparait à devenir Imâm, se trouve tiraillé entre l’expérience du Christ, son désir de Le suivre, et la voie déjà tracée pour lui par l’héritage familial musulman.

Pour une part, l’inspiration de Cheyenne est autobiographique : elle fait écho à son propre cheminement vers le baptême. Mais elle s’appuie aussi sur une amitié avec un prêtre qui l’avait profondément émue par sa bonté et son humilité. Cet homme de DIeu avait choisi de continuer à habiter à coté des parents musulmans de l’assassin de sa sœur « parce que cela les aidait à vivre ». C'est cette abscence de désir de vengeance qui engagera Akim à en chercher la cause. 

Le portrait qu'elle fait n'est pas une caricature. Tout sauf provocatrice ou islamophobe, Cheyenne invite l’Islam à s’interroger, pour pouvoir dialoguer dans un véritable respect. Ce respect n’est-il pas finalement le signe de la vérité de l’amitié ? C’est en effet grâce à l’amitié qu’elle avait pu réunir des comédiens musulmans, juifs, athées et catholiques. Mais alors comment expliquer la censure dont elle fait l'objet malgré les éloges de la presse ? 

Voici quelques extraits d’interview de plusieurs revues avec Cheyenne Carron à propos de son film :

« …Tous mes comédiens sont musulmans : c’est la meilleure réponse que je donnerai à ceux qui m’accuseront d’islamophobie. J’ai fait ce film pour touts ceux qui choisissent de suivre les pas du Christ et subissent des persécutions partout dans le monde. Dans tous les pays à majorité musulmane, en Orient, en Afrique, ils sont condamnés, parfois conduits à la mort. Il faut le dire, parce que c’est vrai… ».

« …Avec mes comédiens j’avais un dialogue parfois franc en leur disant que certaines sourates du Coran me dérangent, car ce sont des appels au meurtre des non-musulmans. Il faut oser le dire. Et si mon film fait écho aux persécutions des chrétiens à travers le monde, c’est formidable si cela peut éveiller un débat. Les musulmans sont nos frères, mais dialoguons dans la vérité, arrêtons de faire l’autruche, car il y a des gens qui se font trancher la gorge parce qu’ils ne croient pas en Allah. Parler et nommer les choses permet à l’autre de s’interroger et peut être d’évoluer… »

« …Mes comédiens étaient de culture arabo-musulmane, celle qui joue la mère de famille était de confession juive, les techniciens, pour la plupart, athées. J’étais la seule catholique pratiquante, mais j’avais le sentiment que, face à mon équipe, étant forte et fière de ma foi, c’était rassurant pour eux. Ils avaient envie de respecter cela… »

« …Mon film est le contraire d’un brûlot : un appel au dialogue lucide et réfléchi. Les musulmans souffrent aussi de cette intolérance qu’il y a dans le Coran et sont contents que les problèmes soient posés. Mon interprète du rôle principal m’a dit : « moi, je suis musulman, mais favorable à ce que chacun choisisse sa religion ». Cette liberté de conscience est inscrite dans la déclaration des droits de l’homme, et il faut y tenir. Pour ma part, je suis sure que c’est en parlant, toujours avec respect, qu’on a des chances de faire évoluer les choses. Si on reste dans le non-dit, par peur ou par une prétendue gentillesse, on laisse chacun dans sa prison… »

« …J’ai remarqué quelque chose sur le tournage, qui est essentiel : face à des gens d’une autre religion, si vous êtes convaincu de la vôtre, sans dire à l’autre que sa religion n’est pas bien, vous inspirez du respect. Si vous êtes tiède, mièvre, relativiste, on vous méprisera, on vous écrasera… »

« …Bizarrement, j’ai eu plus de freins du coté des organismes chrétiens, parfois apeurés par les conséquences d’une collaboration. Les comédiens musulmans avaient un grand désir de changer le regard posé sur eux… »

 

 

 

 

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    5 Commentaires

    1. DC

      Merci !!! Voici une super interview sur l'abscence d'aide…. Un refus systématique incompréhensible quand on voit le soutient plus que favorable de la presse, y compris Libe et compagnie… 

    2. Pingback : Syrie : le combat sans merci du pardon – Terre de Compassion

    3. Bruno ANEL
      Bruno ANEL

      J'ai vu le film en DVD. Remarquable de finesse. Remarques sur deux personnages secondaires. D'abord l'imam "oncle Rachid". Modéré à sa façon,  il incarne à merveille les contradictions de l'Islam. Sur la polygamie, sur l'aumône, sur l'apostasie, il donne les réponses du Coran sans aucune marge possible d'interprétation. Sa bonne volonté personnelle est comme corsetée par la loi coranique. Ensuite le père: il a plutôt bien réussi, si on en juge par la maison et la voiture. Il est apparemment musulman non pratiquant, soucieux de l'unité de sa famille. Il fait oeuvre de paix en rappelant à Akim l'importance du pardon chez les chrétiens. A sa façon, il démontre l'éxiste