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Euro 2016 : un but qui nous dépasse !

Le monde du football est en ébullition ! Ce soir, le coup d'envoi de l'Euro 2016 va être donné au Stade de France à Paris. France vs Roumanie. À ne manquer sous aucun prétexte ! Sur dix de nos pelouses nationales, 24 équipes vont se défier durant un mois. Objectif : détrôner l'Espagne double tenante du titre et se voir sacrer championne le 10 juillet prochain.

Souvenez-vous le dernier Euro en 2012 :

Aujourd'hui, la France, pays organisateur, bouillonne.
Grèves, inondations, crise sociale… Le divertissement peut nous paraître bien futile. Cette compétition n'est-elle pas une illusion, un faux-semblant d’unité nationale ? Quel regard porter sur cet événement qui va occuper les esprits de tout un peuple ? Il serait si facile de se joindre à l'ambiance polémique du moment et de manifester bruyamment son désaccord, son scepticisme ou son indifférence devant un tel engouement : trop d'argent, inutile, à quoi bon ?

Entrer dans ce regard critique est une occasion perdue de dire jeu, et de nous laisser éduquer. Pourquoi ne pas tenter le retourné acrobatique et se laisser fasciner par ce sport ? Le football a un but qui nous dépasse. Il nous fait entrer dans le regard de l'enfant, un regard qui joue juste et file droit au but, à l'essentiel.

L’essentiel pour la vie d’un enfant, c'est le sens du jeu. Le jeu n’est pas la fuite du réel, ni un inutile divertissement. Pour l’enfant, il est le réel. Il est un monde auquel nous autres, adultes, avons peut être un peu perdu l’accès.

Rappelons-nous la réponse du Petit Prince à Saint Exupery occupé à réparer son avion, affairé à des choses sérieuses comme il l'affirme : « Je connais une planète où il y un Monsieur cramoisi. Il n’a jamais respiré une fleur. Il n’a jamais regardé une étoile (il n’a jamais joué un match de foot). Il n’a jamais aimé personne. Il n’a jamais rien fait d’autre que des additions. Et toute la journée il répète comme toi : "Je suis un homme sérieux ! Je suis un homme sérieux !" et ça le fait gonfler d’orgueil. Mais ce n’est pas un homme c’est un champignon ! »

Jean-Paul II le rappelait ainsi en 2000 dans un discours aux membres de la Fifa : « En dépit de son importance en tant qu'instrument d'éducation aux grands défis de la vie, le football demeure un jeu. Il est une forme de jeu, à la fois simple et complexe, dans lequel les personnes jouissent des merveilleuses possibilités de la vie humaine – physiques, sociales et spirituelles. Ce serait triste si l'esprit de jeu et le sentiment de joie présents dans la saine compétition devaient être perdus. Vous êtes les gardiens du véritable esprit du jeu. Vous avez adopté comme devise les paroles: "Pour le bien du Jeu". Il ne fait aucun doute que le bien du jeu peut aussi devenir une partie importante du bien du monde ! ».

Une des caractéristiques fondamentales du jeu c’est la gratuité. Certes il y a des enjeux financiers importants derrière une telle compétition. Certes on peut trouver que les salaires de ces joueurs sont indécents. Et pourtant, à l’heure où l’échange marchand est roi, où l'on doit tout rationaliser, depuis son temps de loisirs jusqu’à ses moyens de communication, le foot apporte une bouffée d’oxygène, de gratuité. Le football comme jeu, fait "resplendir l’éclat de la gratuité" (Don Giussani – Peut on vivre ainsi). Il nous rappelle que le jeu fait partie de notre éducation, de notre être. Perdre une heure trente en regardant un beau match de foot avec des amis, c’est inutile, mais c’est gratuit !

Jean-Paul II en 2000 s’adressait aussi aux sportifs : « le sport ces dernières années, s'est toujours davantage développé comme l'un des phénomènes typiques de la modernité, presque un "signe des temps" capable d'interpréter de nouvelles exigences et de nouvelles attentes de l'humanité ».

La soif de gratuité du cœur de l’homme est cette éternelle exigence qu’un événement comme l’Euro peut permettre de maintenir éveillée. L’engouement autour de ces quatre semaines de tournoi est un signe des temps qui nous rappelle que sans le jeu et la gratuité, l’homme est moins homme.

Bienheureux l'homme qui sait mettre dans sa vie tout le sérieux et la gratuité que réclament le jeu. Bienheureux l'homme qui est comme l'enfant. La joie l'envahit. La joie du privilège d'être témoin d'un tel événement, les yeux dans les bleus :

Allez les bleus !

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