Home > Accueil > Nice : le temps du cri

"Ce n’est plus le temps des longs discours, ce n’est plus le temps des longues prières, c’est le temps du cri." C'est dans la stupeur que nous avons découvert la monstruosité de l'attentat qui a touché si terriblement la ville de Nice. Dans un silence douloureux, nous recueillons le cri des victimes et des familles en deuil. 

 

 

"Marie se tient là. Et nous sommes étonnés de sa passivité, et tout à la fois de l’extraordinaire intensité de sa présence (…) L’apôtre Jean, vrai témoin de ce mystère ineffable, nous dit qu’elle est debout et nous ne pouvons l’imaginer autrement. Elle est tendue vers le cœur de son fils comme pour recueillir dans le vase de son être tout son sang. Elle est tendue vers ses yeux comme pour entrer dans son âme, elle est tendue vers sa bouche comme pour ne rien perdre de son cri, comme pour recueillir l’ultime silence du Verbe. Elle vit avec lui une union dans la souffrance, mieux, une union dans l’amour, qui n’est rien d’autre que la perfection de la compassion.

Elle ne fait rien, elle ne crie pas, elle ne tabasse pas les gardes pour qu’ils détachent Jésus, elle entre à plein dans les desseins du Père et console son fils par le tout simple amour de son cœur. Rien d’autre d’ailleurs aurait pu autant le consoler. Son espérance est totale.

Elle ne fait rien. Et à la fois rien n’est plus efficace auprès du fils que la plénitude de sa présence. Elle ne dit rien. Et à la fois rien n’est plus expressif de son amour que ce regard immensément tendu vers lui qui le console infiniment. Marie se tait, et il n’y a jamais eu déclaration d’amour plus vraie, plus forte que ce silence de la croix. Marie se tait, et il n’y a jamais eu d’union plus forte que cette union. Son silence est offrande parfaite de tout l’être, il est abandon total. (…) Et cette union, sans bruit, sans même le moindre geste, est la plus féconde de toutes les unions."

 

Et Marie se tenait là debout, homélie de la messe d'envoi des volontaires de Pionts-Coeur, 15 septembre 1991, P. Thierry de Roucy,