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	<title>Terre de Compassion</title>
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	<description>Un regard autre sur le monde</description>
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		<title>Photo</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2012 02:50:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Terre de Compassion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards - Culture]]></category>
		<category><![CDATA[El Salvador]]></category>
		<category><![CDATA[photo]]></category>

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		<description><![CDATA[&#169; Points-Coeur &#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; 19 mai 2012 El Salvador, 2011]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&copy; Points-Coeur &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 19 mai 2012<br />
	El Salvador, 2011</p>
<p><span id="more-5467"></span></p>
<p><img alt="" src="http://farm8.staticflickr.com/7094/7224763560_acdba37349.jpg" /></p>
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		<title>Un artiste au secours de la Grèce</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2012 04:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Terre de Compassion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards - Culture]]></category>
		<category><![CDATA[grèce]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Anel]]></category>
		<category><![CDATA[sean scully]]></category>

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		<description><![CDATA[de Paul Anel&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; 18 mai 2012 Gr&#232;ce, Art, Sean Scully, Temps de lecture : 3 mn Le 9 mai dernier ouvrait &#224; Ath&#232;nes, au mus&#233;e Benaki, DORIC, la toute premi&#232;re exposition sur le sol grec,...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>de Paul Anel&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 18 mai 2012<br />
	<em>Gr&egrave;ce, Art, Sean Scully, Temps de lecture : 3 mn</em></p>
<p style="text-align: justify;">Le 9 mai dernier ouvrait &agrave; Ath&egrave;nes, au mus&eacute;e Benaki, DORIC, la toute premi&egrave;re exposition sur le sol grec, de Sean Scully. A l&#39;heure o&ugrave; le monde se tourne vers la Gr&egrave;ce avec les sourcils fronc&eacute;s, le peintre de renomm&eacute;e internationale porte sur ce pays et sa culture un regard admiratif et reconnaissant, dans une s&eacute;rie de peintures monumentales et po&eacute;tiques, qu&#39;il d&eacute;crit lui-m&ecirc;me comme un &quot;<em>hommage au peuple grec</em>.&quot;</p>
<p><span id="more-5454"></span></p>
<p style="text-align: center;"><img alt="" src="http://farm9.staticflickr.com/8151/7217897282_0a4d7ee3b9.jpg" /><br />
	<span style="font-size:8px;">&copy; Sean Scully</span></p>
<p style="text-align: justify;">&quot;<em>C&#39;est un travail qui a m&ucirc;ri en moi pendant de longues ann&eacute;es, mais il semble que son heure soit venue, car la Gr&egrave;ce est un pays qui est loin d&#39;&ecirc;tre appr&eacute;ci&eacute; &agrave; sa juste valeur</em>&quot;, confie Sean Scully.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, le peintre d&#39;origine irlandaise, n&eacute; en 1945, entretient avec la terre de Socrate et d&#39;Hom&egrave;re une relation qui ne date pas d&#39;hier. Ses canevas ont des allures de murs, et d&eacute;clinent sur un registre toujours nouveau les deux &eacute;l&eacute;ments qui sont &agrave; la base de toute architecture : l&#39;horizontale et la verticale.</p>
<p style="text-align: justify;">&quot;<em>J&#39;aime penser &agrave; l&#39;artiste comme &agrave; un constructeur, un artisan, avec toute l&#39;id&eacute;e de modestie que cette profession implique. La serie DORIC fait r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l&#39;architecture, elle a donc rapport &agrave; la pierre</em>.&quot;</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce qui int&eacute;resse l&#39;artiste, ce ne sont pas les pierres en tant que telles, fussent-elles mill&eacute;naires. C&#39;est ce qui se trouve derri&egrave;re elles. Ce qu&#39;elles cachent, et qu&#39;elles prot&egrave;gent. D&#39;ailleurs, regardez bien ces peintures, ces murs, et vous observerez que, pour solides qu&#39;ils paraissent, les pierres qui les composent sont toujours l&eacute;g&egrave;rement descell&eacute;es, et laissent filtrer la lumi&egrave;re.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que Sean Scully cherche dans les pierres des temples grecs, ce sont les valeurs spirituelles, immortelles, dont elles furent le berceau. Ces valeurs dont aujourd&#39;hui encore nous vivons.</p>
<p style="text-align: justify;">&quot;<em>DORIC est inspir&eacute; par la forme architecturale qui a accompagn&eacute; la naissance de la d&eacute;mocratie. Je voulais rendre hommage au fait qu&#39; Ath&egrave;nes soit &agrave; l&#39;origine de la d&eacute;mocratie, et de tout ce qui en a d&eacute;coul&eacute; en occident. Je voulais exprimer ces valeurs d&#39;ordre et d&#39;humanisme</em>.&quot;</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#39;heure o&ugrave; le monde se tourne vers la Gr&egrave;ce avec un regard r&eacute;probateur, Sean Scully se tourne vers elle avec un regard admiratif, reconnaissant.</p>
<p style="text-align: justify;">&quot;<em>Mon travail est un hommage &agrave; la Gr&egrave;ce, mais il est aussi inspir&eacute; par les batailles contre Cyrus et Xerx&egrave;s, et par tous les sacrifices qui ont &eacute;t&eacute; faits pour ces valeurs</em>.&quot;</p>
<p style="text-align: center;"><img alt="" src="http://farm6.staticflickr.com/5195/7217897122_03777de5ca.jpg" /><br />
	Sean Scully, <em>Doric Angel</em>, 2011</p>
<p style="text-align: justify;">Si le rapport entre cette exposition et la crise grecque ne saurait &ecirc;tre ignor&eacute;, ce serait une erreur de la penser avant tout comme un acte politique. Dans le climat d&#39;aust&eacute;rit&eacute; et d&#39;incertitude qui p&egrave;se aujourd&#39;hui sur la Gr&egrave;ce, l&#39;enthousiasme qu&#39;a r&eacute;veill&eacute; cette exposition manifeste au contraire qu&#39;elle a ouvert une fen&ecirc;tre vers quelque chose d&#39;autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec la puissance et la po&eacute;sie qui caract&eacute;risent son oeuvre, Sean Scully nous rappelle que le travail de l&#39;artiste n&#39;est pas seulement de refl&eacute;ter les d&eacute;sarrois de son temps : il est aussi, et de fa&ccedil;on aujourd&#39;hui plus n&eacute;cessaire que jamais, de raviver la nostalgie de l&#39;id&eacute;al, de reb&acirc;tir les b&acirc;timents en ruine, et de rendre ainsi un peuple &agrave; ses origines.</p>
<p style="text-align: center;"><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/uM-e6eEvbNU" width="560"></iframe></p>
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		<item>
		<title>Figure de l&#8217;art religieux aux USA</title>
		<link>http://terredecompassion.com/2012/05/17/figure-de-lart-religieux-aux-usa/</link>
		<comments>http://terredecompassion.com/2012/05/17/figure-de-lart-religieux-aux-usa/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 17 May 2012 03:00:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Terre de Compassion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards - Culture]]></category>
		<category><![CDATA[art religieux]]></category>
		<category><![CDATA[gonzague leroux]]></category>
		<category><![CDATA[robert rambusch]]></category>

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		<description><![CDATA[de Gonzague Leroux&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; 17 mai 2012 Rencontre, Art religieux, Temps de lecture : 2 mn Robert Rambush a particip&#233; &#224; la restauration de vingt-quatre cath&#233;drales en Am&#233;rique du Nord ainsi que de centaines d&#8217;&#233;glises et...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">de Gonzague Leroux&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 17 mai 2012<br />
	<em>Rencontre, Art religieux, Temps de lecture : 2 mn</em></p>
<p style="text-align: justify;">Robert Rambush a particip&eacute; &agrave; la restauration de vingt-quatre cath&eacute;drales en Am&eacute;rique du Nord ainsi que de centaines d&rsquo;&eacute;glises et monast&egrave;res. Quelle est sa vision de l&#39;art sacr&eacute; ?</p>
<p><span id="more-5434"></span></p>
<p style="text-align: center;"><img alt="" src="http://farm8.staticflickr.com/7082/7211221020_2454ddb54b.jpg" /><br />
	<span style="font-size:8px;">&copy; Gonzague Leroux</span></p>
<p style="text-align: justify;">Robert Rambush a travaill&eacute; plus de 36 ans pour la <a href="http://rambusch.com/" target="_blank">soci&eacute;t&eacute; Rambush</a>, fond&eacute;e en 1898 par son grand-p&egrave;re danois qui immigra aux Etats-Unis &agrave; la fin du XIX&egrave;me si&egrave;cle. Aujourd&rsquo;hui il a sa propre entreprise, <em>E. Rambusch Associates</em>. Il est aussi consultant pour la conception d&#39;espaces liturgiques. Malgr&eacute; son &acirc;ge, il travaille en ce moment &agrave; la restauration de l&rsquo;&eacute;glise de la Sainte-Famille &agrave; New York et de la chapelle de Sainte-Catherine-de Sienne &agrave; Greenwich tout proche de New York en lien avec <a href="http://www.renovatastudios.com" target="_blank">Renovata Studios</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Apr&egrave;s un engagement au front durant la Seconde Guerre Mondiale et quelques ann&eacute;es d&rsquo;&eacute;tudes aux Etats-Unis, Robert Rambusch revient &agrave; Paris entre 1947 et 1948. Il suit alors des cours &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la rue Saint-Jacques, au Centre de l&rsquo;Art Sacr&eacute; fond&eacute; par le p&egrave;re Marie-Alain Couturier (1897-1954). Ce dernier, dominicain, proche d&#39;artistes comme Henri Matisse ou Fernand L&eacute;ger, est associ&eacute; avec un autre dominicain, le p&egrave;re Pie-Raymond R&eacute;gamey (1900-1996).</p>
<p style="text-align: justify;">Tous deux consid&egrave;rent l&rsquo;art religieux comme un ensemble organique. L&#39;art qui se veut &laquo;&nbsp;sacr&eacute;&nbsp;&raquo; &#8211; surtout s&rsquo;il est destin&eacute; au lieu du culte &ndash; doit &ecirc;tre pens&eacute; dans son rapport au tout et en accord avec la spiritualit&eacute; du lieu. Ces deux p&egrave;res dominicains enseignent &agrave; cette &eacute;poque leur nouvelle approche de l&#39;art des lieux de culte ainsi :<br />
	- l&#39;art religieux constitue la &laquo; face visible &raquo; de l&#39;Eglise ; sa qualit&eacute; informe sur l&#39;&eacute;tat de sa spiritualit&eacute;<br />
	- &ecirc;tre authentiquement &laquo; religieux &raquo; ; cet art ne peut se d&eacute;velopper en-dehors de la vie artistique de son temps. Il doit y puiser, en s&#39;effor&ccedil;ant de discerner les &oelig;uvres et les artistes susceptibles d&#39;exprimer la spiritualit&eacute; chr&eacute;tienne (catholique).<a href="#_ftn1" name="_ftnref1" title="">[1]</a></p>
<p style="text-align: justify;">De retour &agrave; New York, Robert Rambusch travaille pour l&rsquo;entreprise familiale et s&rsquo;engage au c&ocirc;t&eacute; de Dorothy Day dans le &laquo;&nbsp;<em>Catholic Worker Movemen</em>t&nbsp;&raquo; (Mouvement des Travailleurs Catholiques) tr&egrave;s pr&eacute;sent dans l&rsquo;aide aux pauvres, avec de nombreux foyers o&ugrave; des repas sont distribu&eacute;s.</p>
<p style="text-align: justify;">Au niveau de son travail, Robert connait l&rsquo;&eacute;lan artistique des ann&eacute;es 50 et 60 et le renouveau d&rsquo;apr&egrave;s Vatican II : la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_du_Rosaire_de_Vence" target="_blank">chapelle Henri Matisse</a> &agrave; Vence est &eacute;rig&eacute;e entre 1949 et 1951, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame-de-Toute-Gr%C3%A2ce_du_plateau_d%27Assy" target="_blank">Notre-Dame d&rsquo;Assy</a> est consacr&eacute;e en 1950, ou encore la chapelle <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame-du-Haut_de_Ronchamp" target="_blank">Notre-Dame-du-Haut de Ronchamp</a> est dessin&eacute;e par Le Corbusier et termin&eacute;e en 1955.</p>
<p style="text-align: justify;">Une de ses maximes pour la philosophie de son travail de cr&eacute;ation lui vient de Fra Angelico&nbsp;: <em>&quot;pour peindre le Christ, il faut conna&icirc;tre le Christ&quot;</em>. Il nous raconte aussi que Jacques Maritain, qu&rsquo;il a eu comme professeur quand il &eacute;tait au Canada, lui a appris &quot;<em>qu&rsquo;il faut permettre &agrave; l&rsquo;art de parler aux personnes, qu&rsquo;il faut lui laisser un espace pour entrer avec l&#39;oeuvre dans une attitude d&rsquo;&eacute;coute silencieuse, en quelque sorte dans un dialogue</em>&quot;.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#39;hui, Robert Rambusch s&rsquo;inqui&egrave;te de l&rsquo;&eacute;volution de l&rsquo;art dans les lieux de culte qui manquent, &agrave; son avis, d&rsquo;un regard proph&eacute;tique, se tournant davantage vers le pass&eacute; que vers le futur. Peut-&ecirc;tre le p&egrave;re Couturier nous demanderait-il aujourd&#39;hui d&#39;identifier les artistes contemporains susceptibles de transmettre le message du Christ &agrave; l&#39;homme du XXI<sup>&egrave;me</sup> si&egrave;cle ?</p>
<div>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div id="ftn1">
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title="">[1]</a> Fran&ccedil;oise Causs&eacute;, <em>La critique architecturale dans la revue L&rsquo;art sacr&eacute; (1937-1968)</em>, in Persee, 2001, num&eacute;ro 2.</p>
<p>&nbsp;</p>
</p></div>
</div>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Connaît-on vraiment son pays ?</title>
		<link>http://terredecompassion.com/2012/05/16/connait-on-vraiment-son-pays/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 05:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Terre de Compassion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards - Culture]]></category>
		<category><![CDATA[photographe]]></category>
		<category><![CDATA[quentin dor]]></category>
		<category><![CDATA[steve rotsaert]]></category>

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		<description><![CDATA[Entretien avec Quentin Dor, jeune photographe belge&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; 16 mai 2012 Propos recueillis par Steve Rotsaert Quentin Dor, dipl&#244;m&#233; en Sciences Politiques et en Photographie, vit et travaille &#224; Bruxelles. Il a expos&#233; une s&#233;rie de...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Entretien avec Quentin Dor, jeune photographe belge&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 16 mai 2012<br />
	<em>Propos recueillis par Steve Rotsaert</em></p>
<p style="text-align: justify">Quentin Dor, dipl&ocirc;m&eacute; en Sciences Politiques et en Photographie, vit et travaille &agrave; Bruxelles. Il a expos&eacute; une s&eacute;rie de photos ayant pour th&egrave;me <a href="http://www.imagesvolantes.net/" target="_blank">&quot;Voyage en Wallonie&quot;</a>. Il nous partage ici son p&eacute;riple et sa recherche de l&#39;image.</p>
<p><span id="more-5424"></span></p>
<p style="text-align: center"><img alt="" src="http://farm8.staticflickr.com/7088/7204023868_effb87dd96.jpg" /><br />
	<span style="font-size: 8px">&copy; Quentin Dor</span><br />
	&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Quelle est l&#39;origine du projet sur la Wallonie ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Il s&#39;agissait d&#39;aller &agrave; la rencontre de paysages et&nbsp;d&#39;une r&eacute;gion qui m&#39;attiraient. Mais aussi de sortir, de quitter la ville, d&#39;aller prendre l&#39;air, de chercher le silence. J&#39;avais besoin d&#39;une retraite -&nbsp;au sens religieux -&nbsp;et en m&ecirc;me temps d&#39;&ecirc;tre dans un rapport actif avec l&#39;environnement. Alors je me suis engag&eacute; dans ce projet comme dans une respiration. Aller&nbsp;en Wallonie,&nbsp;c&#39;est prendre&nbsp;l&#39;air c&#39;est &eacute;vident, que ce soit &agrave; Li&egrave;ge ou &agrave; Namur ! Car&nbsp;une retraite, ce sont aussi des lieux o&ugrave; se trouvent une cabane, une caravane&#8230; Oui, c&#39;est le retrait, l&#39;attente&#8230; Il y a une attente chez moi aussi&nbsp;et le fait de me d&eacute;payser ainsi m&#39;a amen&eacute; &agrave; travers la marche et la rencontre de personnes, &agrave; mieux me conna&icirc;tre moi-m&ecirc;me. Ainsi le travail m&#39;a permis &agrave; la fois&nbsp;de m&#39;&eacute;chapper&nbsp;mais aussi&nbsp;de me retrouver, c&#39;est-&agrave;-dire&nbsp;de comprendre mes intentions dans la vie, ce que je veux.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pourquoi avoir choisi cette r&eacute;gion ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">La question est aussi : &laquo;&nbsp;<em>C<em>onna&icirc;t</em>-on vraiment son pays ?&nbsp;&raquo;. </em>Moi, je&nbsp;comprends&nbsp;gr&acirc;ce&nbsp;&agrave; mes photos qu&#39;il y a quelque chose de propre &agrave; la Wallonie. Peut-&ecirc;tre qu&#39;avant je le pr&eacute;sageais, mais&nbsp;sans savoir exactement. Aujourd&#39;hui, je peux dire qu&#39;il y a une chaleur diff&eacute;rente de celle des autres r&eacute;gions. Et c&#39;est aussi cela mon pays ! Avec ce travail, je d&eacute;couvre&nbsp;ce territoire que j&#39;ai explor&eacute; et qui m&#39;a donn&eacute; beaucoup de plaisir au fur et &agrave; mesure que je l&#39;ai parcouru. La Wallonie, c&#39;est la mobylette ! De ces d&eacute;couvertes&nbsp;est n&eacute;e&nbsp;une forme d&#39;attachement&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><img alt="" src="http://farm8.staticflickr.com/7231/7204024512_f9db69d921.jpg" /><br />
	<span style="font-size: 8px">&copy; Quentin Dor</span></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Les photos ont l&#39;air d&#39;avoir &eacute;t&eacute; faites comme si tu n&#39;&eacute;tais jamais tr&egrave;s loin d&#39;une route ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">J&#39;aime bien ce que tu en dis, en effet cela correspond bien &agrave; mon travail. Au sens propre aussi, j&#39;ai fait beaucoup de route en voiture. Les images sont alors comme un pr&eacute;texte, lorsqu&#39;une fois arriv&eacute; quelque part je cherche &agrave; rentrer en contact. Pour trouver les images qui m&#39;int&eacute;ressent, je me laisse guider par mon intuition, par une vision.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Et lorsqu&#39;une rencontre se produit ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Depuis toujours, je cherche &agrave; photographier les gens, comme si chaque jour j&#39;avais besoin de voir un visage. Les Wallons m&#39;ont permis de les prendres en photo facilement, naturellement. Ils &eacute;taient quasi flatt&eacute;s, voire&nbsp;&laquo;&nbsp;ravis&nbsp;&raquo; en r&egrave;gle g&eacute;n&eacute;rale. Ils n&#39;avaient pas de probl&egrave;me avec leur image, mais plut&ocirc;t un rapport aux choses assez simple : ils sont contents de ce qu&#39;ils ont. Ils s&#39;&eacute;chappent facilement de leur quotidien pour profiter simplement. <em>&laquo;&nbsp;On fait avec&nbsp;&raquo;</em>, sans &ecirc;tre g&ecirc;n&eacute; d&#39;&ecirc;tre l&agrave;.</p>
<p style="text-align: justify">Le site de Quentin Dor : <a href="http://www.imagesvolantes.net/" target="_blank">Images Volantes</a></p>
<p style="text-align: center"><img alt="" src="http://farm6.staticflickr.com/5076/7204025214_56c28ff37c.jpg" /><br />
	<span style="font-size: 8px">&copy; Quentin Dor</span></p>
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		<title>Lucien Noullez ou l&#8217;exercice de l&#8217;étonnement</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 05:00:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Terre de Compassion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards - Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Anne-Sophie Rotsaert]]></category>
		<category><![CDATA[Lucien Noullez]]></category>
		<category><![CDATA[poète]]></category>

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		<description><![CDATA[Interview de Lucien Noullez, po&#232;te&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; 15 mai 2012 Propos recueillis par Anne-Sophie Rotsaert A l&#39;occasion des 55 ans&#160; de Lucien Noullez, Terre de Compassion vous offre aujourd&#39;hui une tr&#232;s belle interview de ce po&#232;te belge....]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Interview de Lucien Noullez, po&egrave;te&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 15 mai 2012<br />
	<em>Propos recueillis par Anne-Sophie Rotsaert</em></p>
<p style="text-align: justify;">A l&#39;occasion des 55 ans&nbsp; de Lucien Noullez, Terre de Compassion vous offre aujourd&#39;hui une tr&egrave;s belle interview de ce po&egrave;te belge. Le temps de lecture &eacute;tant de huit minutes, nous vous invitons &agrave; ne pas h&eacute;siter &agrave; imprimer l&#39;article pour pouvoir le lire et le relire, tant les propos sont riches et dignes d&#39;&ecirc;tre m&eacute;dit&eacute;s&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Lucien Noullez est d&#39;origine wallonne. Il est n&eacute; &agrave; Bruxelles le 13 mai 1957 et a publi&eacute; une quinzaine de recueils de po&eacute;sies. Il a re&ccedil;u quelques prix en Belgique, notamment le prix Maurice Car&ecirc;me le 13 mai 1997. Avec lui, rentrons dans &quot;l&#39;exercice de l&#39;&eacute;tonnement&quot;&#8230;</em></p>
<p><span id="more-5414"></span></p>
<p style="text-align: center;"><img alt="" src="http://farm6.staticflickr.com/5333/7196100268_11ba93f69d.jpg" style="width: 355px; height: 360px;" /><br />
	<span style="font-size:8px;">&copy; Fr&eacute;d&eacute;rique Longr&eacute;e</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Comment s&#39;est pass&eacute;e ta d&eacute;couverte de la po&eacute;sie ?</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">A l&#39;&acirc;ge de 8 ans j&#39;ai v&eacute;cu une extraordinaire co&iuml;ncidence. On m&#39;avait offert un livre de po&egrave;mes (ce qui m&#39;avait extr&ecirc;mement surpris, on n&#39;offre jamais de po&eacute;sie &#8211; &agrave; tort &#8211; aux enfants). Ce petit &eacute;v&eacute;nement m&#39;a fait me rendre compte que les mots &eacute;taient purement une convention. L&#39;entr&eacute;e dans le myst&egrave;re du langage s&#39;est faite l&agrave; et j&#39;en ai fait une vocation. Je me suis mis, &agrave; 8 ans, &agrave; traquer le langage et ses conventions. Il para&icirc;t que je n&#39;arr&ecirc;tais pas de lire tout ce qui passait sous mes yeux et de poser des questions.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Comment cela s&#39;est-il poursuivi ?</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">J&#39;&eacute;tais le plus jeune de la famille et donc j&#39;ai toujours eu l&#39;impression que ma voix ne comptait pas (st&eacute;r&eacute;otype que l&#39;enfant s&#39;invente parfois lui-m&ecirc;me). J&#39;avais le sentiment d&#39;&ecirc;tre diff&eacute;rent des autres et j&#39;ai assum&eacute; en prenant le langage comme moyen pour &ecirc;tre un peu autre, pour affirmer mon identit&eacute;. Je ne sais pas tr&egrave;s bien quand j&#39;ai commenc&eacute; &agrave; &eacute;crire. J&#39;ai le souvenir d&#39;avoir imit&eacute; mon p&egrave;re qui &eacute;crivait des choses tr&egrave;s s&eacute;rieuses. J&#39;ai voulu &eacute;crire avant d&#39;avoir su &eacute;crire. Plus tard, mon institutrice maternelle a dit &agrave; mes parents qu&#39;elle n&#39;avait jamais vu un enfant apprendre &agrave; &eacute;crire aussi rapidement. Je ne pense pas que j&#39;&eacute;tais plus intelligent, mais simplement, j&#39;avais une motivation plus grande que la plupart des autres enfants : pour moi &eacute;crire c&#39;&eacute;tait trouver ma place. Je suis maintenant bien plus &acirc;g&eacute; que beaucoup de gens et je n&#39;ai toujours pas trouv&eacute; ma place, mais je continue &agrave; &eacute;crire ! J&#39;ai compris confus&eacute;ment tout cela &agrave; 8 ans et je suis fier de cet enfant qui a pris cela au s&eacute;rieux. Je suis fier de mes parents qui ont fait confiance : ils ne comprenaient pas mais ont laiss&eacute; faire. Ce qui fait que je n&#39;ai jamais eu l&#39;impression d&#39;&ecirc;tre un po&egrave;te r&eacute;volt&eacute;, ou un marginal. Diff&eacute;rent oui, mais pas r&eacute;volt&eacute;. J&#39;ai eu une enfance heureuse, un tr&eacute;sor incroyable avec le sens que j&#39;ai de l&#39;injustice, de la souffrance humaine. Si je n&#39;avais pas eu une enfance heureuse, je serais un po&egrave;te r&eacute;volt&eacute;. Devant le fait de l&#39;&eacute;tonnement, &ccedil;a peut &ecirc;tre l&#39;horreur et la r&eacute;volte ou bien, au contraire, la curiosit&eacute; et la solidarit&eacute;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Y a-t-il eu des rencontres importantes particuli&egrave;res ?</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a eu &agrave; l&#39;adolescence deux copains qui &eacute;taient aussi mordus par la po&eacute;sie. Nous avions 13 ou 14 ans et &ccedil;a paraissait un truc interdit. D&#39;une certaine fa&ccedil;on, ce n&#39;&eacute;tait pas imaginable : on pouvait parler de pognon, de vacances, de filles&#8230; mais pas de po&egrave;mes. Les choses les plus importantes de la vie, on ne nous les demande jamais. En ce qui me concerne les choses essentielles pour que je sois &eacute;quilibr&eacute; sont la pri&egrave;re, la lecture et sans doute, l&#39;&eacute;criture. Mais quand je rencontre des amis ou des coll&egrave;gues, ils ne me demandent&nbsp; jamais ce que j&#39;ai lu ou comment va ma pri&egrave;re. On me demande comment &ccedil;a va, comme un bilan de sant&eacute;. Mais le fond de la vie, on n&#39;en parle jamais dans la vie. Ce n&#39;est pas facile de s&#39;y consacrer car cela cr&eacute;e beaucoup de malentendus. Si tu dis &agrave; quelqu&#39;un que tu t&#39;occupes de po&eacute;sie, tu passes pour un distrait, pour un fantaisiste, pour quelqu&#39;un de peu s&eacute;rieux. Alors qu&#39;au contraire, pour trouver le temps de se consacrer &agrave; la po&eacute;sie, je dois bien g&eacute;rer ma vie ordinaire, je dois &ecirc;tre particuli&egrave;rement organis&eacute;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Des ma&icirc;tres ?</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quand j&#39;&eacute;tais jeune po&egrave;te, je me suis fait conseiller par Albert Ayguesparse, par Liliane Wouters et par Gaspard Hons. Ce sont des gens &agrave; qui j&#39;ai envoy&eacute; mes po&egrave;mes et qui m&#39;ont guid&eacute;, encourag&eacute;, qui m&#39;ont montr&eacute; mes erreurs. C&#39;est une tr&egrave;s belle chose. Le jour o&ugrave; la po&eacute;sie te tient &agrave; c&oelig;ur, tu aimes rencontrer d&#39;autres personnes qui vivent la m&ecirc;me passion, des personnes qui jouent vraiment un r&ocirc;le d&#39;&eacute;ducateur, qui t&#39;encouragent. J&#39;ai &eacute;t&eacute; encourag&eacute; tr&egrave;s vite, tr&egrave;s t&ocirc;t. Peut-&ecirc;tre que j&#39;avais du talent. Mais surtout ces personnes l&#39;ont reconnu, encourag&eacute;, parfois grond&eacute;. J&#39;ai une grande admiration pour leur sinc&eacute;rit&eacute;, pour leur exp&eacute;rience. Je crains qu&#39;aujourd&#39;hui les po&egrave;tes soient plus isol&eacute;s, car il y a moins d&#39;anciens pour les guider.<br />
	&nbsp;</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong><em>Quel est l&#39;objet de la po&eacute;sie ?</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#39;est peut-&ecirc;tre l&#39;&eacute;tonnement devant le ph&eacute;nom&egrave;ne du langage et donc le ph&eacute;nom&egrave;ne de l&#39;&ecirc;tre humain. Nous sommes la seule esp&egrave;ce ayant le son et le sens. Nous pouvons moduler les phon&egrave;mes en les complexifiant &agrave; l&#39;infini. Le dauphin (l&#39;animal consid&eacute;r&eacute; comme le plus intelligent apr&egrave;s l&#39;homme) a un syst&egrave;me de cri tr&egrave;s d&eacute;velopp&eacute;. Nous, au-del&agrave; des cris primaires, du danger, de la nourriture, nous pouvons, gr&acirc;ce au langage, concevoir un monde philosophique, m&ecirc;me concevoir qu&#39;il y ait un Dieu, que l&#39;amour est autre chose qu&#39;un ph&eacute;nom&egrave;ne de reproduction. C&#39;est tr&egrave;s lourd &agrave; porter, et donc &ccedil;a fait souffrir. Nous souffrons d&#39;&ecirc;tre humains. Car nous avons des mots qui nous ont agrandi l&#39;&acirc;me. Donc la po&eacute;sie a &agrave; voir avec la nature de l&#39;&ecirc;tre humain que nous sommes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Tu &eacute;cris des po&egrave;mes, mais &eacute;galement des r&eacute;cits, des chroniques, des critiques, tes journaux.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La po&eacute;sie c&#39;est ma fondation. Je ne fais pas de grandes diff&eacute;rences entre les diff&eacute;rents genres litt&eacute;raires. Je suis &eacute;mu par la phrase de Dani&egrave;le Sallenave &quot;toute vie racont&eacute;e est une vie sauv&eacute;e&quot;. Or, il faut savoir que D. Sallenave est incroyante. Cette phrase parle terriblement au croyant que je suis. Elle me donne la raison d&#39;&ecirc;tre croyant et &eacute;crivain. J&#39;ai parfois l&#39;impression qu&#39;au paradis, on ne fait rien d&#39;autre que de raconter des vies. La litt&eacute;rature y participe d&eacute;j&agrave;. La po&eacute;sie est un peu en amont du r&eacute;cit. Elle est le travail sur le langage lui-m&ecirc;me, sur la convention du langage. La po&eacute;sie peut, en un clin d&#39;&oelig;il, rendre compte d&#39;une petite vie. Pour moi, &eacute;crire ou lire, c&#39;est un geste d&#39;esp&eacute;rance pour le salut, pour l&#39;avenir du monde. Je ne lis pas pour me distraire, pour m&#39;abstraire de ma vie qui serait ennuyeuse. Je lis pour rentrer profond&eacute;ment dans la vie. Et j&#39;&eacute;cris pour la m&ecirc;me raison.</p>
<p style="text-align: justify;">Je pourrais me passer d&#39;&eacute;crire mais pas de lire. J&#39;ai voulu devenir &eacute;crivain par contagion de ce que j&#39;avais lu. Je voulais participer ce que j&#39;avais re&ccedil;u. Quand je lis un roman de Simenon, j&#39;y d&eacute;couvre une compr&eacute;hension immense de la tristesse humaine. Cela ne me d&eacute;tourne pas des Evangiles qui sont la clef de lecture de l&#39;&ecirc;tre humain. Simenon me permet de saisir le monde, saisir la complexit&eacute; de l&#39;&acirc;me humaine et aller jusqu&#39;au bout du bout, vers le salut qui est offert &agrave; tous, m&ecirc;me avec les personnages les plus d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;s. La compassion, &ccedil;a vous tient &agrave; c&oelig;ur &agrave; Points-C&oelig;ur, et bien &agrave; moi aussi. Quand je vois un homme d&eacute;truit, je ne me dis jamais : &quot;c&#39;est sa faute&quot; ; je me dis d&#39;abord : &quot;quel beau fr&egrave;re il est&quot;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Choisis-tu tes lectures ?</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Celui qui veut devenir &eacute;crivain doit tout lire, puis il doit choisir. Avec le temps qui me reste &agrave; vivre, je dois &ecirc;tre s&eacute;rieux avec mes lectures et choisir seulement ce qui va me nourrir, je dois trier maintenant. J&#39;ai beaucoup lu, je suis rest&eacute; fid&egrave;le &agrave; Simenon. Les grands po&egrave;tes, comme Paul Eluard d&#39;abord, puis Blaise Cendrars, Guillevic et puis Ren&eacute; Char. En Belgique, il y a Marcel Thiry, Andr&eacute; Schmitz, &quot;les prodiges ordinaires&quot;. Plus r&eacute;cemment Jean-Pierre Lemaire. J&#39;ai le sentiment, de temps en temps, que je peux dire : &quot;Je n&#39;&eacute;tais plus le m&ecirc;me, quand j&#39;ai eu fini son livre&quot;. Il y a des po&egrave;tes que j&#39;aime et d&#39;autres qui m&#39;ont chang&eacute;. Ils m&#39;ont appris que le monde est plus grand que ce que je croyais. Que la foi est moins &eacute;triqu&eacute;e que ce que je croyais.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#39;ai d&eacute;couvert gr&acirc;ce &agrave; Julien Green, le style litt&eacute;raire du journal. C&#39;est peut-&ecirc;tre la plus grande chose que l&#39;on puisse faire dans sa vie, tenir son journal et s&#39;y tenir. Il m&#39;a ramen&eacute; &agrave; la lecture romanesque que je n&#39;avais jamais vraiment quitt&eacute;e. Lire un long journal et d&eacute;cider de le lire enti&egrave;rement, c&#39;est se mettre &agrave; l&#39;&eacute;coute d&#39;un &ecirc;tre qui a ses hauteurs et ses bassesses. C&#39;est &ecirc;tre accompagn&eacute; par un &ecirc;tre qu&#39;on ne connait pas. La litt&eacute;rature agrandit la vie des lecteurs. J&#39;ai alors publi&eacute; mon journal. Comme un type ne se met pas au foot s&#39;il n&#39;a pas lui-m&ecirc;me vu d&#39;abord d&#39;autres joueurs. La litt&eacute;rature, on l&#39;&eacute;crit pour la grande &eacute;quipe des humains. J&#39;ai toujours essay&eacute; d&#39;avoir la libert&eacute; de lire, c&#39;est un combat quotidien avec toutes les choses &agrave; faire. Lire vraiment est de l&#39;ordre de la libert&eacute; et donc de la d&eacute;cision. Je me l&egrave;ve donc &agrave; 5 heures et demi pour lire. Et je prie aussi dans ma journ&eacute;e. Et je tiens mon journal. Ce que je lis, ce que je vis, ce que je prie et ce que j&#39;&eacute;cris, c&#39;est dans le m&ecirc;me vase. Quand il me manque l&#39;un des trois (pri&egrave;re, lecture, &eacute;criture), je manque d&#39;attention &agrave; la vie, je me vide. Je suis quelqu&#39;un qui fuit les explications, qui prend le temps de regarder comment &ccedil;a se passe, qui peut accepter d&#39;&ecirc;tre surpris au quotidien. J&#39;ai un regard, j&#39;aime ce qui sort du cadre, ce qui fait que la vie est ainsi, sans en chercher l&#39;explication. Accueillir les choses dans les choses, comme elles se pr&eacute;sentent. La lecture est un <strong><em>exercice d&#39;&eacute;tonnement</em></strong>. C&#39;est paradoxal car l&#39;&eacute;tonnement ne peut pas se pr&eacute;parer. Je lis pour rester surpris, pour garder cette jeunesse du c&oelig;ur .</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Comment se passe l&#39;&eacute;criture d&#39;un po&egrave;me ?</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#39;est toujours surprenant quand un po&egrave;me arrive. Il vient quand il veut. Je suis toujours surpris. Ma pratique a &eacute;volu&eacute;. Aux abords de la trentaine, je sentais remuer les choses et je les &eacute;crivais. Aujourd&#39;hui, les po&egrave;mes arrivent presque tout seuls dans ma nacelle, &ccedil;a me fait un peu peur aussi. Comme j&#39;ai une vie tr&egrave;s occup&eacute;e, j&#39;accueille les po&egrave;mes comme un don de Dieu, comme un encouragement de Dieu, qui me donne quelques po&egrave;mes. Il y en a deux qui sont venus tout &agrave; l&#39;heure tout &agrave; fait inopin&eacute;ment.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dans ma petite foi j&#39;aurais voulu loger le monde. J&#39;aurais voulu loger les pleurs de celles que je fais pleurer. Et n&#39;&ecirc;tre rien, pas m&ecirc;me une lecture ou une orange. Sur le tablier de la terre, j&#39;aurais voulu, dans ma petite foi, me laisser &eacute;plucher sans fin. </em><br />
	Extrait du recueil &quot;Un crayon pour des acrobates&quot; chez L&#39; Age d&#39;Homme, 2006</p>
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		<title>Le progrès médical … au service de l’homme</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 05:00:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Terre de Compassion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accueil]]></category>
		<category><![CDATA[françoise blanloeil]]></category>
		<category><![CDATA[maurice basso]]></category>
		<category><![CDATA[médecine]]></category>

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		<description><![CDATA[du Docteur Maurice Basso&#160;&#160; &#160;&#160; 14 mai 2012 Propos recueillis par Fran&#231;oise Blanloeil, Interview, Temps de lecture : 4 mn Le p&#244;le de chirurgie orthop&#233;dique de l&#8217;H&#244;pital Ren&#233; Sabran des Hospices Civils de Lyon &#224;...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">du Docteur Maurice Basso&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp; 14 mai 2012<br />
	<em>Propos recueillis par Fran&ccedil;oise Blanloeil, Interview, Temps de lecture : 4 mn</em></p>
<p style="text-align: justify">Le p&ocirc;le de chirurgie orthop&eacute;dique de l&rsquo;H&ocirc;pital Ren&eacute; Sabran des Hospices Civils de Lyon &agrave; Hy&egrave;res est, &agrave; l&rsquo;heure actuelle, un des meilleurs services de France dans son domaine. Le Docteur Maurice Basso, chef de ce service, nous partage un peu de son exp&eacute;rience en tant que&nbsp; praticien hospitalier.</p>
<p><span id="more-5387"></span></p>
<p style="text-align: center"><img alt="" src="http://farm8.staticflickr.com/7100/7172728664_8cc5035a69.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Comment en &ecirc;tes-vous arriv&eacute; &agrave; choisir ce m&eacute;tier et cette sp&eacute;cialit&eacute;&nbsp;? Dans votre cursus, avez-vous rencontr&eacute; des m&eacute;decins qui vous ont marqu&eacute;&nbsp;?</strong></p>
<p style="text-align: justify">C&rsquo;est la chirurgie qui m&rsquo;a choisi&nbsp;! Lors d&rsquo;un stage en 5<sup>&egrave;me</sup> ann&eacute;e d&rsquo;&eacute;tudes, j&rsquo;ai su que je voulais devenir chirurgien orthop&eacute;dique et cela n&rsquo;a jamais cess&eacute; de se confirmer par la suite. Il y a plusieurs ann&eacute;es, &agrave; partir du moment o&ugrave; l&#39;on passait l&rsquo;internat, il n&rsquo;y avait pas beaucoup de formation th&eacute;orique. On lisait et surtout on travaillait dans le compagnonnage avec les praticiens, comme un artisan qui apprend son m&eacute;tier aupr&egrave;s de celui qui transmet son savoir-faire. A Lyon, de tr&egrave;s bons chirurgiens pratiquaient, alors, leur art avec s&eacute;rieux.</p>
<p style="text-align: justify">R&eacute;trospectivement, la figure qui demeure la plus marquante dans mon parcours est le Professeur Gilles Bousquet, de l&rsquo;H&ocirc;pital de Saint-Etienne. J&rsquo;avais une grande admiration pour cet homme&nbsp;pourtant tr&egrave;s original et connaissant de grandes difficult&eacute;s personnelles. Sur le plan professionnel, il &eacute;tait extr&ecirc;mement brillant, capable d&rsquo;innover chaque jour dans son domaine&nbsp;; sur le plan humain, il connaissait un par un tous les &eacute;tudiants qu&rsquo;il avait form&eacute;&nbsp;et &eacute;tait toujours pr&ecirc;t &agrave; leur venir en aide quand ceux-ci &eacute;taient dans le besoin.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Les moyens techniques &eacute;voluent de plus en plus rapidement dans le domaine m&eacute;dical comme dans bien d&rsquo;autres domaines. Durant toutes vos ann&eacute;es de pratique, n&rsquo;avez-vous pas assist&eacute; &agrave;&nbsp; une &eacute;volution en faveur de la rentabilit&eacute; et du r&eacute;sultat, due &agrave; la progression technologique, au d&eacute;triment parfois de la qualit&eacute; de relation avec les patients&nbsp;?</strong></p>
<p style="text-align: justify">L&rsquo;&eacute;volution technique en m&eacute;decine est importante&nbsp;pour tout le monde : d&rsquo;une part, il y a une tr&egrave;s grande demande de technicit&eacute; des gens qui veulent &laquo;&nbsp;le&nbsp;&raquo; sp&eacute;cialiste de la hanche, du genou&hellip; Les personnes se renseignent de plus en plus sur internet. Les m&eacute;decins g&eacute;n&eacute;ralistes orientent de plus en plus vers les sp&eacute;cialistes. D&rsquo;autre part, la tr&egrave;s bonne qualit&eacute; des proth&egrave;ses et du mat&eacute;riel pour les poser nous facilite &eacute;norm&eacute;ment la t&acirc;che.</p>
<p style="text-align: justify">Il y a plusieurs ann&eacute;es, les services &eacute;taient davantage polyvalents ; aujourd&rsquo;hui, ce n&rsquo;est plus possible. En se sp&eacute;cialisant, les &eacute;quipes (m&eacute;decins, infirmiers, kin&eacute;sith&eacute;rapeutes&hellip;) sont devenues plus op&eacute;rationnelles dans un domaine&nbsp;particulier ; on sait ce qu&rsquo;on fait&nbsp;! Cela provoque un certain &laquo;&nbsp;travail &agrave; la cha&icirc;ne&nbsp;&raquo;, bien r&eacute;gl&eacute;, qui fonctionne. Les patients se sentent bien pris en charge dans une organisation bien r&ocirc;d&eacute;e. La mise en place d&rsquo;une proth&egrave;se de hanche requiert de nos jours&nbsp;trois &agrave;&nbsp;cinq jours d&rsquo;hospitalisation, tandis qu&rsquo;autrefois, c&rsquo;&eacute;tait 15 jours. Le risque d&rsquo;infections est consid&eacute;rablement bas&nbsp;; celui de thrombose<a href="#_edn1" name="_ednref1" title="">[i]</a> ou de luxation presque inexistant. Les techniques et les produits d&rsquo;anesth&eacute;sie sont beaucoup plus s&ucirc;rs&hellip;</p>
<p style="text-align: justify">Le revers de cette &eacute;volution est qu&rsquo;il devient difficile de sortir des sentiers balis&eacute;s&nbsp;; un patient avec un lourd handicap ou une pathologie plus lourde, une intervention que l&rsquo;on pratique rarement requi&egrave;re plus d&rsquo;attention et perturbe un peu les rouages bien ficel&eacute;s de ce fonctionnement.</p>
<p style="text-align: justify">De plus, un contrat entre le p&ocirc;le de chirurgie et l&rsquo;administration pr&eacute;voit un certain nombre d&rsquo;activit&eacute;s pour l&rsquo;ann&eacute;e. Nous sommes pris dans une logique entrepreneuriale&nbsp;: si le rapport de fin d&rsquo;ann&eacute;e est n&eacute;gatif, on peut nous supprimer un poste pour compenser la d&eacute;pense financi&egrave;re. Dans le cas inverse,&nbsp;on peut esp&eacute;rer obtenir du mat&eacute;riel ou du personnel en plus. Nous sommes pris entre ces deux exigences&nbsp;: m&eacute;decine et croissance &eacute;conomique.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>A votre niveau, quelle solution voyez-vous pour une plus grande &laquo;&nbsp;humanisation&nbsp;&raquo; des h&ocirc;pitaux&nbsp;?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Quand tout va bien, la demande du patient est moindre, si ce n&rsquo;est celle de recouvrer plus de mobilit&eacute;, &agrave; l&rsquo;aide de nos soins. Il nous reste &agrave; faire de notre mieux pour accueillir chacun et &ecirc;tre &agrave; l&rsquo;&eacute;coute de ses besoins. Quand survient une difficult&eacute;, il est important pour nous de prendre en compte telle personne avec tel probl&egrave;me particulier. Les patients ont besoin de sentir, dans un premier temps, qu&rsquo;on est ennuy&eacute; et qu&rsquo;on veut chercher avec eux et pour eux les solutions. On n&rsquo;est plus dans un protocole standard o&ugrave; tout tourne&nbsp;! La r&eacute;alit&eacute; des patients et des situations nous provoque &agrave; une remise en cause et donc &agrave; la recherche d&rsquo;un meilleur accompagnement des personnes qui nous sont confi&eacute;es.</p>
<div>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div id="edn1">
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1" title="">[i]</a>&nbsp; Thrombose&nbsp;: inflammation d&#39;une veine, oblit&eacute;r&eacute;e par la formation d&#39;un caillot ou thrombus</p>
<p>&nbsp;</p>
</p></div>
</div>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Rencontre avec Jaime</title>
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		<pubDate>Sat, 12 May 2012 01:21:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Terre de Compassion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fioretti]]></category>

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		<description><![CDATA[de Bruno de Kerizou&#235;t &#160;&#160;&#160;&#160; 12 mai 2012 Volontaire Points-C&#339;ur au Chili Bruno, nous partage la gr&#226;ce d&#39;une partie de tennis improvis&#233;e avec son ami Jaime qui souffre d&#8217;un handicap lourd. Un vrai moment de...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>de Bruno de Kerizou&euml;t &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 12 mai 2012<br />
	Volontaire Points-C&oelig;ur au Chili</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Bruno, nous partage la gr&acirc;ce d&#39;une partie de tennis improvis&eacute;e avec son ami Jaime qui souffre d&rsquo;un handicap lourd. Un vrai moment de joie !</em></p>
<p><span id="more-5407"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Suite &agrave; un accident survenu lorsqu&rsquo;il avait sept ans, Jaime, trente-huit ans, souffre d&rsquo;un handicap lourd qui rend difficile tout dialogue. N&rsquo;&eacute;tant pas autonome, il loge dans une salle &eacute;troite am&eacute;nag&eacute;e au fond d&#39;une petite maison, une pi&egrave;ce s&eacute;par&eacute;e de la chambre de ses parents par une porte discr&egrave;te, si discr&egrave;te qu&rsquo;on pourrait l&rsquo;oublier, comme Jaime d&rsquo;ailleurs, si silencieux et si seul.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque je pousse cette porte et p&eacute;n&egrave;tre dans la salle, je rencontre toujours Jaime seul, dans cette chambre obscure et insalubre, assis dans la p&eacute;nombre sur une vielle couverture o&ugrave; s&rsquo;amoncellent les puces et les miettes de pains des repas ant&eacute;rieurs. Chaque fois, mes yeux peinent &agrave; s&rsquo;accommoder &agrave; l&rsquo;obscurit&eacute; de cette chambre un rien angoissante et je suis tout heureux lorsque mon regard distingue finalement la silhouette amicale. Apr&egrave;s l&rsquo;avoir salu&eacute;, je lui propose toujours d&rsquo;ouvrir la petite fen&ecirc;tre&nbsp;: &agrave; la fois pour changer l&rsquo;air quasi irrespirable, &eacute;galement pour permettre &agrave; un rayon de soleil de traverser ces t&eacute;n&egrave;bres et mettre en lumi&egrave;re mon cher ami.</p>
<p style="text-align: justify;">Au d&eacute;but, je dois dire que Jaime m&rsquo;impressionnait avec son visage tr&egrave;s &eacute;minc&eacute; cach&eacute; derri&egrave;re une barbe brune et hirsute que surplombe un regard angoiss&eacute; et fuyant&hellip; des yeux pourtant d&rsquo;o&ugrave; jaillissent parfois des &eacute;clairs de joie.<br />
	Avec Jaime, nous avons grandi ainsi en confiance et en amiti&eacute; au fil des rencontres. Un matin, alors que je me suis assis sur son lit &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s, je lui propose de sortir. Une invitation qui n&rsquo;est pas anodine. Je connais Jaime&nbsp;: il commence toujours par me dire non, h&eacute;site un long moment puis devant mon air convaincu (et ma t&ecirc;te dure de breton) finit par acquiescer. Cette fois, il m&rsquo;accompagne lentement vers le dehors, franchit le seuil de la maison et toujours un peu craintif, s&rsquo;assoit sur une pierre dans la petite cour. Ses yeux, &agrave; leur tour, mettent un temps &agrave; s&rsquo;accommoder &agrave; la lumi&egrave;re du soleil &eacute;tincelant et aux couleurs arc-en-ciel de la ville.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous nous retrouvons tous les deux assis c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te, en silence. Jaime me conte alors, tel un enfant, l&rsquo;histoire d&rsquo;un rongeur qui s&eacute;vit dans la maison me d&eacute;crivant avec une certaine passion le trajet emprunt&eacute; par le petit animal apr&egrave;s son forfait. Un moment plus tard, je remarque une vieille balle de tennis r&acirc;p&eacute;e dans la cour et lui propose alors d&rsquo;initier un jeu tout simple&nbsp;; &agrave; d&eacute;faut de mots pour nous comprendre, la balle sera le nouvel instrument de notre &eacute;change. Nous nous renvoyons ainsi la balle et peu &agrave; peu un large sourire se dessine sur le visage de Jaime. Tout &agrave; coup, il s&rsquo;arr&ecirc;te et me montre du doigt la corde &agrave; linge de la cour. Cette fois-ci, c&rsquo;est lui qui prend l&rsquo;initiative et je me trouve entra&icirc;n&eacute; dans une partie de tennis improvis&eacute;e avec, comme humbles raquettes, deux pauvres planches de bois toutes clout&eacute;es. Et attention, il nous faut comptabiliser les points&nbsp;!</p>
<p style="text-align: justify;">Quelle gr&acirc;ce que ce moment partag&eacute; avec lui. Lorsque Mayra et Mariane sortent de la maison de Teresita, elles n&rsquo;en reviennent pas de d&eacute;couvrir Jaime si heureux, m&eacute;tamorphos&eacute;, de le voir jouer comme un enfant, tout sourire, un enfant de lumi&egrave;re qui rayonne tant autour de lui.</p>
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		<title>La résilience japonaise : un mythe ?</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 06:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Terre de Compassion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards - Vie sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Anel]]></category>
		<category><![CDATA[suicide]]></category>

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		<description><![CDATA[de Paul Anel&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; 11 mai 2012 Japon, Tremblement de terre, R&#233;silience, Temps de lecture : 3 mn Depuis la catastrophe du tremblement de terre du Tohoku en 2011, la &#34;r&#233;silience&#34; du Japon est tr&#232;s fortement...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>de Paul Anel&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 11 mai 2012</p>
<p style="text-align: justify"><em>Japon, Tremblement de terre, R&eacute;silience, Temps de lecture : 3 mn</em></p>
<p style="text-align: justify">Depuis la catastrophe du tremblement de terre du Tohoku en 2011, la &quot;r&eacute;silience&quot; du Japon est tr&egrave;s fortement mise &agrave; l&#39;honneur. Plus m&ecirc;me, elle est souvent regard&eacute;e comme un mod&egrave;le. Mais en se penchant sur les statistiques et en se mettant &agrave; l&#39;&eacute;coute des Japonais, on se rend compte que derri&egrave;re cette soi-disante et remarquable &quot;r&eacute;silience&quot; se cache une r&eacute;alit&eacute; diff&eacute;rente et tragique.</p>
<p><span id="more-5392"></span></p>
<p style="text-align: center"><img alt="" src="http://farm8.staticflickr.com/7118/7116306797_068563771e.jpg" style="width: 500px; height: 375px" /><br />
	<span style="font-size: 8px">&copy; Paul Anel</span><br />
	&nbsp;</p>
<p>&laquo; <em>Bien que la catastrophe ait eu un grand impact sur notre soci&eacute;t&eacute;</em>, commente Atsushi Koresawa, directeur ex&eacute;cutif du Centre Asiatique de Pr&eacute;vention des Catastrophes &agrave; Kobe Hyogo, <em>le peuple japonais reste calme et coop&eacute;ratif. Je pense que c&#39;est exactement ce dont nous avons besoin en cette p&eacute;riode difficile : une confiance dans notre capacit&eacute; de r&eacute;silience</em>. &raquo; [1]</p>
<p style="text-align: justify">Au cours des dix derni&egrave;res ann&eacute;es, la &quot;r&eacute;silience&quot; a fait son chemin dans le top 10 des concepts psychologiques. Le terme est en fait emprunt&eacute; &agrave; la chimie. Il d&eacute;signe la capacit&eacute; d&#39;un mat&eacute;riau &agrave; r&eacute;sister &agrave; des conditions ou &agrave; des exp&eacute;riences qui devraient le conduire &agrave; sa destruction. La traduction psychologique et sociologique de la notion est assez simple : il s&#39;agit de la capacit&eacute; d&#39;un individu ou d&#39;une soci&eacute;t&eacute; &agrave; vaincre la souffrance, &agrave; surmonter un traumatisme. Le Japon incarnerait donc l&#39;id&eacute;e de &quot;r&eacute;silience&quot; : cela &eacute;tait d&eacute;j&agrave; vrai avant le tremblement de terre du 11 mars 2011, mais &ccedil;a l&#39;est d&#39;autant plus aujourd&#39;hui. Le monde entier regarde avec admiration l&#39;&eacute;tonnante capacit&eacute; de ce peuple &agrave; se relever, encore et encore, apr&egrave;s chaque chute. Cette attitude peut d&#39;ailleurs aller tr&egrave;s loin, comme en t&eacute;moignait un homme d&#39;affaire rencontr&eacute; &agrave; Tokyo : &laquo; <em>Nous avons eu une r&eacute;union de travail le lendemain du s&eacute;isme. En solidarit&eacute; avec les victimes, les rafra&icirc;chissements ont &eacute;t&eacute; annul&eacute;s, mais personne n&#39;a manqu&eacute; &agrave; l&#39;appel.&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify">N&#39;y aurait-il pas cependant une autre interpr&eacute;tation possible &agrave; ce fait ? Une telle r&eacute;silience peut t&eacute;moigner en effet d&#39;une extraordinaire capacit&eacute; &agrave; faire face &agrave; la souffrance, mais elle pourrait &eacute;galement manifester, ou plut&ocirc;t cacher, une <em>incapacit&eacute; &agrave; faire face &agrave; cette souffrance</em>. Au d&eacute;but de 2011, le Japon a &eacute;t&eacute; class&eacute; n&deg;7 sur la liste des taux de suicide les plus &eacute;lev&eacute;s au monde. Depuis le tremblement de terre, les chiffres ont presque doubl&eacute;, passant de 30.000 &agrave; 50.000 par an, propulsant le Japon en t&ecirc;te de la liste.</p>
<p style="text-align: justify">Un autre homme d&#39;affaires, &eacute;galement rencontr&eacute; &agrave; Tokyo, porte un regard diff&eacute;rent sur le &quot;miracle&quot; de la r&eacute;silience japonnaise. Trente ans de vie &agrave; Tokyo, son exp&eacute;rience en tant que PDG d&#39;une grande entreprise, et son amour sinc&egrave;re pour le Japon, donnent &agrave; son jugement une cr&eacute;dibilit&eacute; ind&eacute;niable. &laquo; <em>Sur beaucoup de points</em>, dit-il, <em>Tokyo ressemble &agrave; New York. C&#39;est une ville tr&egrave;s dure, tr&egrave;s orient&eacute;e vers le succ&egrave;s, et charg&eacute;e de solitude. Mais il y a une diff&eacute;rence majeure entre les &Eacute;tats-Unis et le Japon. Quand les Am&eacute;ricains ont le moral &agrave; z&eacute;ro, ils vont chez le psychologue, et ils parlent, parlent, parlent. Mais quand les Japonais vont mal, ils ne parlent &agrave; personne. Ils continuent, autant qu&#39;ils peuvent. Et quand ils n&#39;en peuvent vraiment plus, ils se suicident.</em> &raquo;</p>
<p style="text-align: justify">Alors, comme le pr&eacute;tend M. Koresawa, &laquo; <em>une confiance dans [la] capacit&eacute; de r&eacute;silience </em>&raquo; est-elle vraiment &laquo; <em>ce dont [le Japon] a besoin en ce moment difficile </em>&raquo; ? Cette r&eacute;silience ne serait-elle pas un leurre ? Bien souvent en effet, l&#39;ennemi n&#39;est pas vraiment vaincu : il n&#39;est que repouss&eacute;. Et l&#39;on se retrouve plus solitaire encore et impuissant face &agrave; lui. Ce dont le Japon a besoin en ces temps difficiles, c&#39;est d&#39;apprendre la compassion et le vrai sens de l&#39;amiti&eacute;. Les Japonais, comme nous tous, doivent pouvoir croire, non en leur propre capacit&eacute; de r&eacute;silience, mais en la compassion de leurs fr&egrave;res et de leurs s&oelig;urs, car seule la mis&eacute;ricorde peut surmonter la souffrance.</p>
<p style="text-align: justify">Cela soul&egrave;ve &eacute;videmment de nouvelles questions, stimulantes : comment apprendre la compassion ? Comment y &eacute;duquer nos enfants et nos jeunes ? Comment l&#39;infuser dans la culture ?</p>
<p style="text-align: justify">[1]&nbsp;New York Times du 16 Mars 2011</p>
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		<title>Connecté, mais seul ?</title>
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		<pubDate>Thu, 10 May 2012 05:01:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Terre de Compassion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards - Vie sociale]]></category>
		<category><![CDATA[conférence]]></category>
		<category><![CDATA[gonzague leroux]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux]]></category>

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		<description><![CDATA[de Gonzague Leroux&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; 10 mai 2012 Conf&#233;rence, R&#233;seaux sociaux, Soci&#233;t&#233; Dans une conf&#233;rence donn&#233;e en f&#233;vrier dernier, Sherry Turkle, professeur en &#233;tudes sociales dans le domaine des sciences, pr&#233;sente son dernier livre, Alone Together (Seul...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>de Gonzague Leroux&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 10 mai 2012<br />
	<em>Conf&eacute;rence, R&eacute;seaux sociaux, Soci&eacute;t&eacute;</em></p>
<p style="text-align: justify"><span id="result_box" lang="fr"><span class="hps">Dans</span> <span class="hps">une conf&eacute;rence donn&eacute;e</span> <span class="hps">en</span> <span class="hps">f&eacute;vrier dernier,</span> <span class="hps">Sherry</span> <span class="hps">Turkle</span><span>,</span> <span class="hps">professeur</span> <span class="hps">en</span> <span class="hps">&eacute;tudes sociales dans le domaine des science</span>s<span>,</span> <span class="hps">pr&eacute;sente</span> <span class="hps">son dernier livre</span><span>,</span><em> <span class="hps">Alone Together</span> (Seul ensemble)</em> <em>ou</em> <em><span class="hps">Pourquoi attendons-nous</span> <span class="hps">plus de</span> <span class="hps">la technologie et moins</span> <span>les uns des autres ?</span></em> <span class="hps">Elle</span> <span class="hps">nous met en garde</span> <span class="hps">sur l&#39;effet</span> <span class="hps">des r&eacute;seaux sociaux dans</span> <span class="hps">notre vie</span> <span class="hps">et</span> <span class="hps">nos relations avec les autres</span><span>. </span><span class="hps">Trop de temps sur facebook ou twitter</span> <span class="hps">peut conduire &agrave;</span> <span class="hps">&quot;une</span> <span class="hps">nouvelle forme de solitude</span><span>.</span><span>&quot;</span> <span class="hps">Sherry Turkle affirme</span> <span class="hps">qu&#39;il est temps</span> <span class="hps">de &quot;red&eacute;couvrir</span> <span class="hps">ce qu&#39;est </span><span class="hps">l&#39;homme</span> en face d&#39;<span class="hps">un</span><span> monde &#39;robotis&eacute;&#39;</span><span>.</span>&quot;<span class="hps"> Les technologies</span> <span class="hps">au lieu de combler une absence finissent par accro&icirc;tre le sentiment de</span> <span class="hps">vide</span> <span class="hps">dans nos vies</span> <span class="hps">par manque de</span> <span class="hps">conversations</span> <span class="hps">profondes</span> <span class="hps">et</span> de <span class="hps">v&eacute;ritables</span> <span class="hps">amiti&eacute;s</span><span>.</span> </span><span id="result_box" lang="fr"><span class="hps">Ceci ouvre un</span>&nbsp;<span class="hps">nouveau champ</span> <span class="hps">pour exercer la compassion.</span></span><span id="result_box" lang="fr"> <span class="hps">Voir la conf&eacute;rence</span><span class="hps">&#8230;</span></span> (20 minutes avec sous-titres en fran&ccedil;ais)</p>
<p><span id="more-5348"></span></p>
<p style="text-align: center"><object height="374" width="526"><param name="movie" value="http://video.ted.com/assets/player/swf/EmbedPlayer.swf" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="wmode" value="transparent" /><param name="bgColor" value="#ffffff" /><param name="flashvars" value="vu=http://video.ted.com/talk/stream/2012/Blank/SherryTurkle_2012-320k.mp4&amp;su=http://images.ted.com/images/ted/tedindex/embed-posters/SherryTurkle_2012-embed.jpg&amp;vw=512&amp;vh=288&amp;ap=0&amp;ti=1409&amp;lang=fr&amp;introDuration=15330&amp;adDuration=4000&amp;postAdDuration=830&amp;adKeys=talk=sherry_turkle_alone_together;year=2012;theme=what_s_next_in_tech;theme=media_that_matters;event=TED2012;tag=communication;tag=community;tag=culture;tag=technology;&amp;preAdTag=tconf.ted/embed;tile=1;sz=512x288;" /><embed allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" bgcolor="#ffffff" flashvars="vu=http://video.ted.com/talk/stream/2012/Blank/SherryTurkle_2012-320k.mp4&amp;su=http://images.ted.com/images/ted/tedindex/embed-posters/SherryTurkle_2012-embed.jpg&amp;vw=512&amp;vh=288&amp;ap=0&amp;ti=1409&amp;lang=fr&amp;introDuration=15330&amp;adDuration=4000&amp;postAdDuration=830&amp;adKeys=talk=sherry_turkle_alone_together;year=2012;theme=what_s_next_in_tech;theme=media_that_matters;event=TED2012;tag=communication;tag=community;tag=culture;tag=technology;&amp;preAdTag=tconf.ted/embed;tile=1;sz=512x288;" height="374" pluginspace="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" src="http://video.ted.com/assets/player/swf/EmbedPlayer.swf" type="application/x-shockwave-flash" width="526" wmode="transparent"></embed></object></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Crédit à la consommation et responsabilité</title>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 05:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Terre de Compassion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards - Economie]]></category>
		<category><![CDATA[brésil]]></category>
		<category><![CDATA[crédit]]></category>
		<category><![CDATA[louis d'argenlieu]]></category>

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		<description><![CDATA[de Louis d&#39;Argenlieu&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; 9 mai 2012 Br&#233;sil, Cr&#233;dit &#224; la consommation, Temps de lecture :&#160;2mn &#171;&#160;Sem Entrada&#160;&#187; (sans ticket d&#8217;entr&#233;e) proclame fi&#232;rement le prospectus d&#8217;un magasin d&#8217;&#233;lectrom&#233;nager de Sim&#245;es Filho, petite ville de l&#8217;&#233;tat de...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>de Louis d&#39;Argenlieu&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 9 mai 2012<br />
	<em>Br&eacute;sil, Cr&eacute;dit &agrave; la consommation, Temps de lecture :&nbsp;2mn</em></p>
<p style="text-align: justify">&laquo;&nbsp;Sem Entrada&nbsp;&raquo; (sans ticket d&rsquo;entr&eacute;e) proclame fi&egrave;rement le prospectus d&rsquo;un magasin d&rsquo;&eacute;lectrom&eacute;nager de Sim&otilde;es Filho, petite ville de l&rsquo;&eacute;tat de Bahia au Br&eacute;sil. Pas besoin de payer tout de suite, vous paierez la balance en plusieurs mensualit&eacute;s&hellip; Le cr&eacute;dit &agrave; la consommation est en plein boom &agrave; Sim&otilde;es Filho, comme dans le reste du pays.&nbsp;M&ecirc;me la petite pharmacie non loin dudit magasin d&rsquo;&eacute;lectrom&eacute;nager a sa vendeuse d&eacute;di&eacute;e &agrave; la promotion de la carte de cr&eacute;dit maison. Tout ou presque peut s&rsquo;acheter &agrave; cr&eacute;dit, jusqu&rsquo;aux places pour le Carnaval. Avec souvent des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t exorbitants&nbsp;: plus de 90% pour cette batterie de cuisine dans le magasin &agrave; la publicit&eacute; &laquo;&nbsp;sem entrada&nbsp;&raquo;. Mais on repart du magasin les bras charg&eacute;s, sans avoir encore pay&eacute;.</p>
<p><span id="more-5369"></span></p>
<p style="text-align: center"><img alt="" src="http://farm8.staticflickr.com/7105/7158255836_5bee35b7b5.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify">Et si, par malheur, on n&rsquo;est pas organis&eacute;, si on ne paie pas &agrave; temps, par paresse, parce qu&rsquo;on est un peu juste, parce qu&rsquo;on oublie, &laquo;&nbsp;la chose devient une boule de neige et devient impayable &agrave; cause des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de 9%, 10% et jusqu&rsquo;&agrave; 13% par mois&nbsp;&raquo;, observait avec justesse le s&eacute;nateur br&eacute;silien Delcídio do Amaral, le 27 avril dernier.</p>
<p style="text-align: justify">Et que dire des vendeurs ambulants qui proposent leurs propres produits &agrave; cr&eacute;dit sans aucun contr&ocirc;le&nbsp;? C&#39;est ainsi que notre amie Sra Ana se retrouve avec une batterie de cuisine dont elle n&rsquo;a pas vraiment besoin et dont le vendeur&nbsp;vient lui r&eacute;clamer 280 reals quelques jours plus tard.</p>
<p style="text-align: justify">Carte bancaire &laquo; sem juros&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;sans int&eacute;r&ecirc;ts&nbsp;&raquo; proclame les d&eacute;pliants de la pharmacie. Bonnes affaires&nbsp;? Peut-&ecirc;tre mais bien souvent, &agrave; force d&rsquo;accoutumance, &laquo; les rep&egrave;res peu &agrave; peu se perdent &raquo;, reconna&icirc;t une amie d&#39;un quartier pauvre qui a pay&eacute; 1,5 fois le prix de son&nbsp;r&eacute;frig&eacute;rateur en achetant un peu rapidement &agrave; cr&eacute;dit. Le cr&eacute;dit &agrave; la consommation devient addictif.</p>
<p style="text-align: justify">Quel est l&rsquo;apport du cr&eacute;dit &agrave; la consommation &agrave; la soci&eacute;t&eacute;&nbsp;? La rend-il plus humaine&nbsp;ou pollue-t-il le jugement de l&rsquo;homme&nbsp;tout en l&rsquo;entra&icirc;nant dans une d&eacute;pendance&nbsp;?</p>
<p style="text-align: justify"><em>&laquo; Vous pouvez s&eacute;duire quelqu&rsquo;un en &laquo; polluant &raquo; son jugement, cela ne dure pas, ou bien en le mettant en face des v&eacute;ritables probl&egrave;mes qu&rsquo;il a &agrave; r&eacute;soudre. &#8230; Au fond la v&eacute;rit&eacute; est la seule s&eacute;duction fondatrice &raquo; </em><a href="#_ftn1" name="_ftnref1" title="">[1]</a> observe l&rsquo;industriel Fran&ccedil;ois Michelin. Le gouvernement br&eacute;silien travaille &agrave; r&eacute;duire les taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t des banques. Mais qui aidera le consommateur br&eacute;silien &agrave; trouver sa dignit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre humain&nbsp;? L&rsquo;acte d&rsquo;achat est un acte responsable, libre, qui a des cons&eacute;quences. Il peut &ecirc;tre un acte &laquo;&nbsp;sem entrada&nbsp;&raquo;, effraction d&rsquo;un homme esclave de ses pulsions, mais ne peut-il pas&nbsp;&ecirc;tre&nbsp;plut&ocirc;t un acte responsable, porte d&rsquo;entr&eacute;e vers une plus grande dignit&eacute; humaine&nbsp;?</p>
<div>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div id="ftn1">
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title="">[1]</a> &laquo;&nbsp;Et pourquoi pas&nbsp;?&nbsp;&raquo;, Fran&ccedil;ois Michelin, Ed. Grasset, p. 51</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
</p></div>
</div>
<p>&nbsp;</p>
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