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Il y a 20 ans mourait Jean-Paul II

Vingt ans se sont écoulés depuis la soirée du samedi 2 avril 2005, lorsque des millions de personnes à travers le monde ont pleuré la mort de saint Jean-Paul II. Deux décennies plus tard, on se souvient encore de lui comme d’un grand défenseur de la vie, de la dignité humaine et de la liberté religieuse; de son insistance contre le communisme, de ses enseignements prophétiques… Son magistère continue d’inspirer notre époque, secouée par les tensions, les violences et les guerres. A cette occasion, nous publions quelques extraits d’hommages rendus par quelques amis.

 

 

Le Cardinal Giovanni Battista Re, interviewé par le journal italien Corriere della Sera, fait mémoire de son cher ami Saint Jean-Paul II, évoquant ses souvenirs, ce qui l’a le plus marqué, alors qu’il vivait auprès du Pape Polonais: « J’ai été aussitôt impressionné par sa grande humanité, l’attention portée aux gens, la profondeur sa pensée et la simplicité de sa conduite. Puis j’ai remarqué qu’il n’y avait pas de décalage en lui entre ce qu’il pensait et ce qu’il disait, entre ce qu’il apparaissait et ce qu’il était en réalité. Il était grand en tant que Pape, mais aussi en tant qu’homme. (…)

Beaucoup de choses : sa confiance, ses certitudes, sa capacité à parler aux foules. Mais ce qui m’a toujours le plus frappé, c’est l’intensité de sa prière. On ne peut pas comprendre Jean-Paul II si l’on néglige sa relation avec Dieu. A sa manière de prier, on pouvait sentir combien l’union avec Dieu était pour lui le souffle de son âme. Lorsqu’il était recueilli en prière, ce qui se passait autour de lui ne semblait pas le concerner. Pour chaque décision importante, il priait longuement, parfois pendant plusieurs jours avant de la prendre. Il semblait avoir affaire directement à Dieu lui soumettant les différents problèmes. Je me souviens d’un cas en particulier. J’étais Substitut de la Secrétairerie d’État, il me semblait que le Pape était déjà favorable à un certain choix difficile. Je lui ai demandé si nous pouvions le communiquer. Il a répondu : ‘Attendons, je veux prier un peu plus avant de me décider’. (…)

C’était un mystique qui avait une profonde tension spirituelle en lui ; mais un mystique qui gardait les pieds sur terre, attentif aux gens et aux situations. Ce trait mystique était également manifeste dans ses promenades. Devant un beau paysage, il voulait qu’on le laisse seul pour prier et contempler. Il avait une capacité extraordinaire à apprécier la beauté de la nature qui parle du Créateur, mais aussi la beauté de l’art et de la littérature, et la convivialité de l’amitié. (…)

Le cardinal Leonardo Sandri, alors substitut de la Secrétairerie d’Etat, était présent, aux côtés du pape mourant. Et il fut envoyé pour annoncer la triste nouvelle au monde. : « Jean-Paul II était un géant, du début à la fin. Quand on m’a demandé de parler sur la place, j’ai ressenti une émotion immense. Je me souviens encore des larmes des gens qui attendaient. Sur la place, une foule immense attendait et priait. Alors ils m’ont dit : « Va immédiatement annoncer la mort du Pape. » Je suis donc descendu en courant de la Troisième Loggia, en descendant les escaliers à une vitesse vertigineuse, pour arriver le plus vite possible sur la place, mais une fois arrivé là-bas, je me suis rendu compte que je ne savais pas quoi dire, tant l’émotion était grande. Alors, spontanément, cette phrase m’est venue : « Notre père bien-aimé, le pape Jean-Paul II, est revenu à la maison du Père. » Et j’ai ajouté l’heure, 21h37. C’était une émotion immense, partagée avec ceux qui étaient sur la place et avec le monde entier. J’ai vu beaucoup de gens pleurer. Et j’ai simplement ajouté : ‘Prions pour lui’. »

Malgré la maladie et marqué par la difficulté de communiquer, le Pape Jean-Paul II « savait se faire comprendre. Même avec des gestes. Et malgré la difficulté d’articuler les mots, il n’a jamais perdu sa vivacité, la profondeur de ses observations, ni même son ironie. Un regard, un signe des yeux, une plaisanterie suffisaient.» disait le Cardinal Sandri [1]https://www.avvenire.it/chiesa/pagine/gli-ultimi-minuti-accanto-a-wojtyla-annunciai-la-morte-vidi-le-lacrime-della-gente

Dans son homélie hier, le cardinal Pietro Parolin, qui a personnellement vécu la fin du pontificat de Jean Paul II en tant que sous-secrétaire pour les Relations avec les États, a rendu hommage à un “pèlerin infatigable” capable de voyager « jusqu’aux extrémités de la Terre« . « Bénissez-nous, Saint-Père Jean Paul II ! Bénissez cette Église du Seigneur en chemin, afin qu’elle soit pèlerine d’espérance. Bénissez cette humanité déchirée et désorientée, afin qu’elle retrouve le chemin de sa dignité et de sa très haute vocation, afin qu’elle connaisse la richesse de la miséricorde et de l’amour de Dieu !« , a exhorté le cardinal Parolin au terme de son homélie. [2]https://fr.aleteia.org/2025/04/02/vingt-ans-apres-la-mort-de-jean-paul-ii-une-messe-dhommage-en-forme-de-passage-de-flambeau

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