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L’art entre dans les droits de l’homme

L’art peut-il apporter quelque chose aux droits de l’homme ? C’est en tout cas ce qu’affirme la Déclaration des Nations Unies sur l'éducation aux droits de l'homme, ratifiée lors de la XVIème session du Conseil des droits de l’homme à Genève (mars 2011), et qui devrait être proclamée par l’Assemblée Générale à New York d’ici à la fin de l’année. Un article reconnaît en effet qu’il « faut encourager les arts en tant que moyen de formation et de sensibilisation dans le domaine des droits de l’homme. » (art.6.2)

La Sphère Céleste : don de la Fondation Woodrow Wilson dans le jardin du Palais des Nations, Genève (Suisse)

Or le premier lieu à « former » et à « sensibiliser », n’est-ce pas le palais des Nations-Unies lui-même qui, depuis plus de soixante ans, accueille en son sein les grands débats sur les questions communes de l’humanité ? Des milliers de fonctionnaires internationaux, d’immenses délégations diplomatiques, un panel toujours plus large de membres de la société civile (ONG’s, organismes de lobby en tout genre, experts et universitaires) occupent les grandes salles de réunion, arpentent régulièrement la « salle des pas perdus » et autres couloirs du palais, s’attardent quelques instants dans le jardin où s’embrassent sur deux plans le Léman et le massif des Alpes. C’est à tous ces hommes, représentants du reste de l’humanité sur l’épineuse question des droits de l’homme, qu’un accès privilégié à la vie artistique est offert. Les Etats membres tout d’abord, ont voulu témoigner de leur sollicitude pour le travail des Nations-Unies en offrant quelques chefs d’œuvres, permettant peu à peu de donner vie à des murs trop lisses pour une mission pleine de reliefs. La librairie de l’ONU a par ailleurs su profiter, années après années, de tous les espaces vides du palais pour permettre d’accueillir des expositions temporaires, représentant les plus belles expériences humaines – dont une exposition photographique « Pauvres et dignes » organisée par Points-Cœur en 2007 – et en particulier celles des artistes. Pour la naissance du Conseil des Droits de l’Homme en 2008, c’est la nouvelle Salle des droits de l'homme et de l'alliance des civilisations qui a reçu sa voûte de l’artiste catalan Miquel Barceló, faisant désormais pénétrer l’art à l’intérieur même de l’espace où les débats se tiennent.

Outre la recherche constante de « trouver des solutions » aux multiples problèmes qui se présentent, l’ONU devient ainsi comme un sanctuaire de cette humanité à servir, humanité qui cherche et qui en cela est déjà belle.

Chambre du Conseil dans le Palais des Nations, Genève (Suisse)

Plafond de la salle des droits de l'homme, Palais des Nations, Genève (Suisse)

Photos © UN Photo/Jean-Marc Ferre

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1 Commentaire

  1. Anne Valérie

    Merci Clément pour ce beau texte, il me renvoye a cette belle expression "la beauté sauvera le monde".