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Facebook et les ados ou la quête de l’amitié

« Vous avez reçu une demande d’amitié sur facebook ». C’est ainsi qu’est notifiée à l’internaute branché la sollicitation d’un nouveau contact.  Clic sur la touche « accepter ». « Vous avez accepté … comme ami sur facebook. » Un nouvel ami !

BY CC-NC-SA rutty

La plupart des jeunes adolescents ont  un compte facebook. Un compte pour raconter sa vie, se tenir au courant de celle des autres, échanger des nouvelles, être « en contact » avec ses amis. Un engouement qui date du début des années 2000, et qui ne cesse de croître, posant de légitimes questions,  éthiques : Que publier sur son mur ? Qu’est ce qui est du domaine privé, et du public ? mais aussi, sur le sens d’un tel réseau : Facebook peut-il être au service de la croissance d’une amitié, au service d’une relation vraie, réelle et non virtuelle ? 

Surtout, il semble bon de s’interroger sur les raisons d’un tel succès et sur la soif qu’il traduit.

Facebook est un moyen d’être en relation avec beaucoup de personnes. C’est aussi un lieu pour partager sa vie, où parfois, les ados se « mettent en  scène »,  pour attirer l’attention sur soi, avec tout ce que cela traduit de quête du regard de l’autre, de la recherche de l’assurance que « je suis quelqu’un d’aimable, quelqu’un qui peut être aimé. »

Les jeunes y cherchent quelqu’un qui les comprenne vraiment, qui sait tout de leur vie. L’engouement des jeunes ados face à un tel réseau met au jour le désir ontologique de chaque homme, celui d’une présence, d’une amitié, le désir d’une communion. « Si on n’est pas connecté sur Facebook, on passe à côté de pleins de choses, on n’est plus dedans », nous disait un jeune, traduisant ainsi la peur d’être « à côté », de ne pas être accepté, estimé, reconnu…

Une jeune collégienne confiait, un peu désabusée « ma meilleure amie, elle est toujours sur facebook, avec son iPhone… Quand on est ensemble, on ne parle pas, elle est toujours connectée ! ». Un autre défi que pose facebook : que le virtuel, l’échange par écran interposé ne soit pas le prétexte à un désengagement au cœur d’une relation réelle, concrète.

Et pourtant, cette soif d’amitié, exprimée de manière particulièrement forte par les ados est vraie, elle est réelle, elle est constitutive du cœur humain, signe de sa grandeur, et les jeunes ne s’y trompent pas : face à une expérience vraie, ils sont comme réveillés dans leurs grands désirs, au point de reconnaître, après trois jours de retraite sans facebook, avoir vécu une expérience vraie, qui les as rendu particulièrement heureux ! Le cœur ne se trompe pas. Il y a quelques semaines,  une jeune lycéenne, à la fin d’une heure de témoignage tout simple sur une expérience de mission humanitaire, leva la main pour dire, tout en pleurant : « Tout ce que vous nous avez dit, tout ce que vous nous avez partagé, depuis le début, de l’heure,  c’est vrai. Ce sont  des choses simples. C’est ça la vie, c’est ça la réalité. C’est ça la vraie vie ». 

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3 Commentaires

  1. Une ancienne de Pattaya ;-)

    Oui, combien de jeunes et de moins jeunes lancent comme des bouteilles à la mer, dans l'océan d'Internet, en espérant sortir du vide…
    Facebook, et d'autres forums (par exemple Doctissimo, où je vais beaucoup en ce moment), sont des lieux particulièrement appropriés pour vivre le charisme de Points-Cœur aujourd'hui, dans les pays occidentaux.
    Benoît XVI a dit plusieurs fois "Évangélisez le continent numérique". Pour ceux qui se sentent appelés à témoigner de l'Évangile de la compassion, il est nécessaire qu'au moins quelques uns deviennent une présence consistante dans cet océan numérique.
    J'essaie que les personnes qui m'ajoutent comme amie sur Facebook, et les personnes à qui je réponds sur les forums, rencontrent enfin une personne réelle, et non l'écho d'un autre vide de sens… J'essaie de ne pas surfer mais de m'ancrer. En réponse à cette proposition de présence, certains internautes m'offrent à leur tour leur humanité consistante, d'autres se dérobent car le réel semble leur faire peur.

  2. Sans oublier tous les problèmes liés aux donnés sur la vie privée. Aux côtés de classe d'éducation civique, il faudrait mettre en place des classes d'éducation virtuelle (technologique ou informatique – nom à trouer) pour apprendre aux enfants à utiliser ces sites !