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100 mille milliards de dollars, ou pourquoi le pire est à venir

de Paul Anel          2 août 2011

A un jour près, la première puissance économique mondiale était en faillite. Comment en est-on arrivé là ? Et si le dollar finissait vraiment par nous laisser tomber ? Au-delà d'une santé de façade et d'un compromis à court-terme, analyse d'un système à bout de souffle, et chronique d'une crise à venir…

 

Un peu d'histoire…

La dette américaine ne date pas d'hier. C'est une longue tradition qui remonte à la fin du XVIIIème siècle, lorsque le gouvernement américain dut emprunter pour financer sa guerre d'indépendance. Au terme des combats, en 1791, on enregistre pour la première fois le montant officiel de la dette publique des USA : 75 millions de dollars. Les années d'après-guerre permettront cependant à l'Etat de s'en acquitter, de même qu'il s'acquittera de la dette de 2,7 milliards de dollars contractée au cours de la guerre civile qui divisa le pays de 1861 à 1865. Cependant, le XXème siècle sera le théâtre d'une montée vertigineuse de la dette, au gré des catastrophes qui ont ponctué le siècle : la première guerre mondiale (au terme de laquelle la dette, contractée pour soutenir l'effort de guerre, atteint 25,5 milliards de dollars), la Grande Dépression de 1929 avec l'inflation subséquente des dépenses sociales, et la Seconde Guerre Mondiale portent le montant de la dette à 225 milliards, soit plus de 100% du PIB annuel des États-Unis en 1945. Sachant quelle succession impressionnante de catastrophes économiques et militaires a été nécessaire pour que les États-Unis en arrivent là nous avertit de la gravité de la situation dans laquelle se trouve aujourd'hui, à nouveau, l'économie américaine : le seuil du PIB sera prochainement dépassé par la dette publique américaine, pour la seconde fois de leur histoire.

 

Le mirage du 2 août

Cela dit, les débats qui ont fait la une des journaux ces derniers jours n'abordaient encore, ni de près ni de loin, les vraies questions qui sous-tendent la crise actuelle. Pour l'heure, il n'est question que de colmater une brèche pour éviter un naufrage imminent. Il s'agit donc pour les républicains et démocrates du Congrès de trouver un compromis accepté par tous entre relèvement du plafond de la dette, augmentation des taxes et baisses des dépenses (avec notamment la très polémique proposition de supprimer Medicare, le fonds d'aide aux personnes âgées, hypothèse qui fait trembler la moitié de l'Amérique). Au delà de ces solutions à court-terme, qui ne font guère que repousser de quelques mois le problème de fond, se profile une crise autrement plus profonde et inquiétante, pour l'Amérique et pour le monde.

 

100 mille milliards de dollars

Tout d'abord il convient de noter que si le montant actuel de la dette américaine, environ quatorze mille milliards de dollars, est en soi impressionnant et suffit à placer les États-Unis en tête de liste de l'endettement mondial, il n'est en soi que la partie émergée de l'iceberg. Il faut lui ajouter l'argent promis par le gouvernement américain à ses citoyens en règlement de ses obligations dans le cadre des retraites et du fonds Medicare. Cette dette connaît actuellement une importante croissance, liée au fait que les 77 millions de baby-boomers commencent cette année à atteindre l'âge de la retraite (65 ans). Liée aussi au fait que depuis la guerre du Vietnam à la guerre d'Irak ce ne sont pas moins de 25 millions de vétérans qui bénéficient de l'aide du gouvernement américain. Le chiffre de cette dette s'élève aujourd'hui à 61 mille milliards de dollars. Le gouvernement américain se retrouve donc avec au total une dette de 75 mille milliards de dollars. Les études les plus optimistes prévoient le dépassement symbolique des 100 mille milliards de dollars à la fin de la décennie.

 

"Quand l'Amérique prend froid, le monde attrape la pneumonie."

Pour comprendre l'ampleur de cette crise, et en quoi elle nous concerne, il faut encore se rappeler la place  unique qu'occupe le dollar dans l'économie mondiale. Dans les années 70, les États-Unis n'ont pas seulement développé l'art abstrait : on leur doit également l'invention de la monnaie abstraite. Depuis le 15 août 1971 très précisément, jour où Nixon, au lendemain de la débâcle du Vietnam, enterrait les accords de Bretton Woods, rompant le lien qui jusqu'alors fixait la valeur du dollar en fonction de celle de l'or. Cette situation qui devait être temporaire est devenue permanente : la valeur du dollar n'est plus arrimée à aucune valeur réelle. Elle flotte depuis lors au gré du marché. C'est ce qui a permis la Banque centrale américaine de fabriquer des dollars à volonté : depuis 1971, la masse totale de billets verts dans le monde a été multipliée par 21. C'est ce qui a permis au dollar de s'imposer comme la monnaie internationale : chaque jour, plus de 4000 milliards de dollars sont échangés sur le marché international. C'est aussi ce qui a permis aux États-Unis de garder leur place de première puissance économique, et cela malgré une croissance faible et une dette vertigineuse. C'est aussi ce qui fait la très grande fragilité du marché mondial, suspendu à une monnaie qui menace aujourd'hui de s'effondrer.

 

Deux scénarios catastrophe autour de la dette américaine

La vraie question autour de laquelle tout va se jouer est la suivante : les États-Unis ont-ils les moyens et, si oui, ont-ils l'intention de s'acquitter un jour de leur dette ? Et quelles seraient les conséquences d'une réponse négative ? Edouard Tétreau, analyste financier dont la clairvoyance en matière de crises a été maintes fois démontrée (depuis la chute de Jean-Marie Messier à la crise des subprimes), répond à ces questions dans "20 mille milliards de dollars"[1] en distinguant essentiellement deux scénarios. Le premier scénario, auquel il attribue une probabilité de 30%, prévoit que les États-Unis, forts de leur statut de première puissance, refuseront de payer leur dette. En effet, les pays créanciers se partagent en deux catégories : pays qui bénéficient du bouclier militaire américain (Grande-Bretagne, Brésil, pays du Golfe) et pays ennemis des États-Unis (Chine, Venezuela). Dans un cas comme dans l'autre les États-Unis ont de bonnes raisons de ne pas s'acquitter de leurs obligations financières. Le second scénario prévoit que les États-Unis sortiront de cette impasse de la même manière que depuis 1971 ils sont sortis de toutes les crises financières : en faisant tourner la planche à billets, créant ainsi "ex nihilo" la richesse qui leur permettra de tenir leurs promesses.[2] Ce scénario auquel Edouard Tétreau accorde une probabilité de 70% signifierait non seulement la mort du dollar, mais aussi l'exportation à l'étranger de la crise américaine.

 

La finance au tribunal de la réalité

Tout cela paraît bien surréaliste. Et, de fait, c'est de cela qu'il s'agit : d'une monnaie sans réalité, d'une valeur érigée en étalon de toute valeur, placée au-dessus de la réalité. Mais le réel, tôt ou tard, demandera à son tour qu'on lui rende des comptes. Car il est un indice réel qui, quels que soient les règles que l'on se donne et les jeux auxquels on se livre dans le huis-clos des Bourses, tient le dollar fermement attaché à la terre des hommes : le travail. En effet, si une monnaie perd sa valeur, le travail perd la sienne. C'est le pompiste, ou le professeur, ou le fermier qui au terme d'une journée de sueur n'a pas encore gagné de quoi nourrir sa famille. Tout travailleur mérite son salaire, car le salaire est ce par quoi le travail fourni est reconnu comme utile et digne. Et la dignité du travail est si fortement liée à la dignité humaine qu'il n'est pas surprenant de noter que dans l'histoire des peuples les périodes de grande inflation sont souvent suivies par de violentes réactions sociales, voire par des révolutions. Or les deux scénarios envisagés par monsieur Tétreau convergent dans le sens d'une perte de valeur du dollar. En effet, refuser de payer une dette, ne pas honorer son contrat, c'est nier la valeur de ce qui a été prêté, c'est donc un acte grave par lequel la monnaie se trouve dévaluée. Lénine avait vu juste lorsqu'il avait entrevu cette éventualité comme le moyen le plus sûr de détruire le capitalisme.[3] De la même manière, la production illimitée de nouveaux billets conduira à une dévaluation proportionnelle du dollar.

 

Épilogue

La crise de l'économie américaine trahit la fragilité d'un système bâti sur le sable mouvant du marché, un système qui a cru pouvoir s'affranchir de toute fondation réelle. Si sa cohésion interne lui a permis de tenir malgré tout et de traverser bien des crises, les failles trop grandes et trop profondes qui fragilisent l'édifice appellent aujourd'hui davantage que des retouches de surface. A court ou moyen-terme, on peut anticiper la fin de la suprématie du dollar dans le marché mondial, qui commence déjà à se tourner vers des valeurs et des investissements plus sûrs et plus durables. Les conséquences que cela aura sur les États-Unis et l'impact d'une telle crise sur le monde est encore difficile à évaluer. Ce qui est certain c'est que l'on n'accumule pas impunément ses dettes envers la réalité, et qu'aucun vote ni compromis ne peut forcer celle-ci à relever son plafond lorsque le seuil en est atteint. La crise qui s'annonce nous rappellera, peut-être plus brutalement que nous n'aimerions, que seule est viable une économie qui n'oublie pas sa pierre de fondation bien réelle : la dignité de la personne humaine et de son travail, cette valeur sur laquelle se fonde toute autre valeur.

 


[1]    Edouard Tétreau, 20.000 milliards de dollars, Grasset, paris, 2010

 

 

[2]    Depuis la crise financière de 2008, 2.300 milliards de dollars ont ainsi été créés et injectés dans l'économie.

 

 

[3]    "La meilleure manière de détruire le capitalisme est d'avilir sa monnaie" (Lénine), cité par John Maynard Keynes dans Les conséquences économiques de la paix (1919).

 

 

 

 

 

 

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11 Commentaires

  1. Bruno ANEL
    Bruno ANEL

    Le parti républicain est assez mal placé pour donner des leçons de rigueur budgétaire: c'est un des siens, Richard Nixon, qui a décidé en 1971 de suspendre la convertibilité du dollar en or, pour pouvoir librement faire fonctionner la planche à billets. La dette a doublé sous George Bush Jr, pour cause de guerre en Irak. Les seuls budgets en équilibre ont été adoptés sous Bill Clinton . Il est vrai que la période était à la détente internationale et que Clinton n'avait pas réussi à faire adopter le projet Medicare par un congrés républicain.

  2. Arnaud Guillaume

    Si je comprends bien les Etats-Unis n'auront d'ici peu le choix qu'entre deux scénarios pour liquider la dette: la banqueroute ou l'inflation. L'histoire économique montre en effet qu'il n'y a pas de troisième voie. Les principaux Etats européens ne sont pas forcément mieux lotis eux qui depuis 40 ans ont pris l'habitude de vivre à crédit.
    Quel chef d'état aura un jour le courage de dire qu'il faut arrêter de dépenser plus que nous ne gagnons? Qu'il ne s'agit même plus de limiter un déficit à 3% du PIB mais de redevenir excédentaire au plus vite pour payer ce que nous devons? Qui a aujourd'hui cette volonté de prendre le taureau par les cornes dès maintenant afin d'éviter que la catastrophe ne soit pire plus tard?
    La nervosité actuelle des marchés financiers se comprend très bien. Il n'est pas besoin d'être passé par Harvard pour voir que ces plans de sauvetage ne sont que du colmatage de brèche et non des mesures qui permettront enfin de revenir sur des bases saines. Sur la base toute simple dont parle cet article: le réel. On ne peut indéfiniment dépenser plus que ce que nous avons en caisse.
    Il semble que ce qui préocupe surtout les gouvernants c'est la restauration de la fameuse "confiance". Il s'agit donc "rassurer" et bien "communiquer" et ce pour "éviter la panique".  Là encore nous sommes en plein déni du réel.  Plus que par de bons plan de communication la confiance ne reviendra que si les fondamentaux de l'économie sont sains. Qui croit sérieusement que le problème grec est aujourd'hui résolu?    

  3. Tabitha

    Belle analyse qui permet à un béotien de comprendre un peu mieux les arcanes techniques de ces énormes problèmes financiers.
    Mais le béotien ne prévoit pas de catastrophe proche !!!  car le fictif échappe, par nature, à toute logique rigoureuse et n'est évalué, puis corrigé, qu'en fonction des intérêts de ceux qui sont au sommet de la pyramide : c'est toute la duplicité des compromis politiques dont on vient d'avoir un bel exemple avec le pseudo-débat américain entre les 2 camps.
    Tout le monde savait qu'il y aurait un accord ! mais leur problème, c'était aussi d'essayer de tirer un profit politique afin de passer pour plus crédibles vis-à-vis des électeurs…..
    Tant que la machine industrielle américaine tournera, il n'y aura aucun plan de redressement significatif, absolument aucun, et je trouve dérisoire de répéter "ad nauseam" que chaque enfant américain naît avec tant de milliers de dollars de dettes, que chaque enfant français en a tant etc …
    Tout cela c'est une vue de l'esprit car il n'y a aucune volonté claire d'affronter un désastre électoral en proposant une politique financière réaliste ! alors roulons, comme la planète, qui fonce dans l'espace sans limite …..
    Peut-être que la Parousie adviendra au terme de cette odyssée ? quand les amerloques seront HS ?? 

  4. Clement R.

    Just quelques points:
    – Une dette souveraine ne se resume pas a sa valeur absolue mais doit etre mise en lien avec la capacite qu'a un pays de creer de la valeur. Ainsi correler la dette au revenue interieur brut me semble etre une alternative assez valide aux nombres bruts. ( http://en.wikipedia.org/wiki/File:US_Federal_Debt_as_Percent_of_GDP_by_President.jpg )
    Notons par la meme que la France selon cet angle est en moins bone posture que les US ( http://en.wikipedia.org/wiki/File:Public_debt_percent_gdp_world_map.PNG )
    – De plus les budgets sont proposes par les gouvernements mais votes aux Etats-Unis par les chambres, ce qui signifie que la couleur politique d'un president ne suffit pas a trirer des conclusions budgetaires sur une presidence ( http://en.wikipedia.org/wiki/File:US_Federal_Debt_as_Percent_of_GDP_Color_Coded_Congress_Control_and_Presidents_Highlighted.png )
    – Ce qui est certain c'est que c'est le montants des obligations americaines ne cessent d'augmenter pour atteindre un niveau intolerable assez vite   ( http://en.wikipedia.org/wiki/File:GAO_Slide.png )

  5. Tabitha

    Là, par exemple, j'ai rien pigé au commentaire de Clément  ….. mais alors là , absolument rien !
    sauf qu'il est peut-être d'accord en partie avec moi sur la puissance de la production américaine ?

  6. Clément I.

    Pour rebondir sur les différentes interventions, notamment celle du béotien, ce que j'aimerais comprendre c'est l'impact concret de ces chiffres ahurissants sur la vie des citoyens américains. Nous avons parfois l'impression que les chiffres ont quitté le réel mais que finalement ça ne dérange pas les gens dans leur vie quotidienne. Du point de vue des personnes qui vivent aux Etats-Unis, des plus simples aux plus aisés, que se passe-t-il? 

  7. Clement R.

    Clement,
    Voici un article clair du point sur les repercussions tres concretes.
    Je cite: "
     
    Les ménages américains les plus précaires souffriraient directement et durement d'une dégradation. "Les taux d'intérêt augmenteraient sur toutes les classes d'actifs. Les ménages endettés verraient donc le montant de leur dette augmenter", précise Céline Antonin, du département analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
    Autre conséquence d'un abaissement d'un cran de la note sur l'économie américaine : l'augmentation du taux d'intérêt obligataire. Selon l'analyste de l'OFCE, "cela coûterait donc plus cher d'émettre de la dette. Le rendement demandé de l'investissement augmenterait, l'État devrait donc rembourser plus".
    D'autre part, la dégradation d'une note dite "souveraine" entraînerait avec elle les notes de nombreuses entreprises et collectivités locales américaines. "Les investisseurs fonctionnent par quota. Leurs portefeuilles sont constitués d'un certain pourcentage d'investissements dans des pays et/ou d'émetteurs domestiques. L'abaissement de leur note les obligerait donc à vendre une partie de ces obligations", précise Norbert Gaillard."
     
    Source: http://www.lepoint.fr/economie/degradation-de-la-note-des-etats-unis-quel-impact-reel-sur-l-economie-15-07-2011-1353139_28.php
     

  8. Tabitha

    Bon ! le béotien est allé sur l'article du Point mais çà ne semble pas si sérieux que çà ! 
    Parce que "faut qu'on m'explique" : comment se fait-il qu'un gouvernement, un Etat, soit "noté" comme n'importe quelle entreprise ?
    Là, franchement, je me dis que çà ne fait pas sérieux, dans la mesure où on voudrait croire , ou faire croire, que ce n'est qu'un indice parmi d'autres : or qui peut soutenir qu'il n'y a pas, au sujet de ce triple A, un énorme bras de fer entre différents lobbies aussi puissants les uns que les autres.
    Instrument à forte densité politique, donc …. Et puis les grosses fortunes, qui disposent d'un cash énorme, pas seulement les américaines mais les chinoises et autres, vous croyez vraiment qu'il laisserait s'effondrer le système monétaire américain sans voler à son secours au risque de tout perdre, eux aussi ????
    Non ! décidément, la cata n'est pas pour demain !

  9. Paulo

    Finalement, j'ai l'impression que ça arrange tout le monde qu'il y ait des pays gros consomateurs pour d'autres gros producteurs, parce qu'en ce qui concerne la valeur du travail aujourd'hui, il semble que ce seraient surtout les machines qui devraient recevoir les bénéfices…
    Sans être péssimiste, je ne crois plus que la richesse soit directement liée au travail dans un monde qui ne semble plus avoir besoin de l'homme,
    mais je crois que l'homme mérite de retrouver une place quelque part dans des activitées réellement humaines.

  10. tabitha

    Ca y est ! La note est dégradée !!!!alors on va voir si les Cassandre ont eu raison de prevoir la cata !!! Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’un bras de fer commence entre tous les gros et gras de la planète. Et je ne crois pas qu’ils se laissent plumer sans rien faire !!!

  11. salvador

    L'inflation dégrade la valeur du travail : cela s'entend au niveau d'un taux de change, sur un marché international. Le coût de salaire horaire est d'autant plus bas que la monnaie est faible. Du coup, les produits valent moins chers. Exemple : avec un euro fort, les Grecs ne peuvent pas s'offrir les oranges de leur pays (coût du travail élevé en UE) ; avec un yuan faible, les Chinois innondent le marché européen (faible valeur de travail) –
    L'inflation tue les rentiers et sauve les endettés. Si vos revenus augmentent, vos remboursement de crédit immobilier vous coûtent moins cher. En revanche vos obligations ne valent plus grand chose et ça rétablit une justice sociale. D'autant plus que vous allez consommer dans votre pays (les Grecs pourront recommencer à acheter des fruits grecs ! au lieu d'aller les chercher au Maroc).
    La crise est certes encore très abstraite mais elle arrive elle arrive, ça commencera quand les banques ne voudront plus se prêter de l'argent entre elles, donc fini le crédit aux entrepreneurs, aux industriels, fini l'investissement, bonjour le chômage, bonjour la précarité.
    Alors les banques sont soutenues par les Etats, ça change de la crise de 29 mais revient à peu près au même, ce sont les Etats qui risquent d'être en faillite… à la place des banques. Finis les servcies publics, les fonctionnaires, les entreprises (semi) publiques etc.
    Ce qui est mauvais c'est quand la valeur de votre travail dépend d'un trader, de la bourse. Quand le coût et la destination des céréales, de la nourriture, de l'énergie, du chauffage, de tout dépendent des cours de la bourse… On peut en manquer ici et maintenant si là bas et pus tard ça vau/dra plus cher. le producteur peut s'enrichir ou se ruiner juste par la volonté d'un trader – En jouant sur les taux de change, le coût d'un bien manufacturé (et donc la valeur du travail de celui/celle qui l'a produit) subit aussi d'importantes variations… Vertigineux.
    Réfléchissez à la morale de votre métier. Inutile d'aller à la messe , inutile d'avoir plein d'enfants siu vous gagnez votre argent de façon malhonnête et  si vous êtes dans un métier lié à l'argent, au trading, à l'immobilier, à la restructuration des dettes, etc, ben c'est dur d'être honnête !!!
    Pour info, c'est St François d'Assise qui a développé le crédit dans l'Eglise, d'abord parce qu'il était fils de marchand, mais aussi parce que le crédit est bon bien sûr, ce qui est mauvais c'est l'usage qu'en font les financiers aujourd'hui.
    C'est que je crois comprendre. Béotien comme vous mais effrayé par mes expériences professionnelles et intéressée par cette question de la crise.