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Lanvin, le mode humour, la mode amour

De Mathilde Lacoste.

Cette semaine a lieu à Paris la Fashion Week ! L’une des coqueluches de la fashion sphère est Alber Elbaz, un faux air de Coluche, surnommé le Woody Allen de la mode. Mais qui est-il ?

Né à Casablanca d’une mère espagnole et d’un père israélien, il grandit à Tel-Aviv. Après des études de mode, il part à New York, 100 dollars en poche, où il commence sa carrière auprès du designer new yorkais Geoffrey Beene dont il dira « Il m’a tout appris ». Appelé à Paris par le directeur de Laroche, il relance cette maison en quelques collections puis succède à Yves Saint-Laurent en personne, avant d’arriver en 2001 chez Lanvin où il a fêté en fanfare ses 10 ans de Maison au printemps.


Alber Elbaz © Tous droits réservés Lanvin

Fondée en 1889, Lanvin est la plus ancienne maison de couture parisienne, créée par une femme, Jeanne Lanvin. D’origine modeste, elle commence comme modiste puis ouvre sa propre boutique, rue du Faubourg Saint-Honoré et sera à la tête d’un véritable empire – de la décoration, en passant par les parfums et l’homme. Elle habillera académiciens, actrices et femmes du monde – nos stars de l’époque. A l’origine de ses créations : son amour pour sa fille, Marguerite, qu’elle habille avec passion. L’amour qu’elle lui porte galvanise toute sa création. « C’est pour émerveiller sa fille que, de fil en aiguille, elle émerveillera le monde », résume Louise de Vilmorin. Cet amour pour sa fille est sa marque de fabrique, c’est devenu le blason de la Maison.

Au fil du temps, la maison Lanvin reste familiale et c’est sans doute ce qui plaît à Alber Elbaz. C’est aussi ce qui lui permet de s’épanouir et d’offrir toute la mesure de son talent. Il réveille l’esprit de la Maison, se replongeant dans ses archives et en peu de temps multiplie son chiffre d’affaires par quatre.

A quoi est due une telle réussite ?
Dans l’univers parfois impitoyable de la mode, dominé par les egos, Alber Elbaz dénote. Par son humour, sa collection phare s’appelle Happy. On le voit même danser sur un clip de rap pour présenter ses collections. Par son humilité : “I feel today we have to relearn how to be small again” (« J’ai le sentiment qu’aujourd’hui nous devons réapprendre comment être de nouveau petits »). Par son travail acharné.

Entièrement dédié à son travail – “I put a lot of myself in my work” (« Je mets beaucoup de ma personne dans mon travail ») – et à ses collaborateurs, il réussit à emmener hommes et femmes dans une expérience du beau et de la réalité. « La mode, c’est ça, c’est l’humanité. C’est une paire de ciseaux et des mains qui font des prouesses. » C’est la main unique du créateur qui se fait plurielle avec tout l’atelier. Il aime à rester avec ses équipes et se veut proches d’elles, rompant avec l’image du créateur-diva déconnecté de la réalité. « Le métier de créateur, non seulement dans la mode, mais dans tous les domaines, c’est comme le rôle d’une mère dans la maison. Il faut éduquer, aimer, protéger, aider. »

Au centre de ses créations, il y a la femme. Il créé pour elle des vêtements remarquables et portables à la fois : « Quand je fais une robe, je pense toujours que la personne qui va la porter doit pouvoir sortir d'un taxi et reprendre du dessert ». Une conception loin des clichés de la mode !

Lanvin, collection femmes printemps-été 2013 à Paris :

 

Spot de présentation de la collection hiver 2011 :

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