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Ban Ki-Moon parle de compassion

de Raphaël Gaudriot    2 mai 2013
Temps de lecture 2 mn

Le Secrétaire général de l'ONU, Monsieur Ban Ki-moon, a fait cette déclaration étonnante à l'occasion de "la première Journée internationale du bonheur" qu'il a instituée le 20 mars dernier : "La compassion apporte le bonheur".


CC BY-NC-SA Africa Renewal

Tout le monde cherche le bonheur. L'activité de chaque personne est toujours finalisée par la quête du bonheur, affirme M. Ban Ki-moon. Or, nous savons bien que dans de nombreux pays, bien des personnes sont heureuses alors qu'elles vivent avec peu de choses. Le bonheur ne dépend donc pas seulement de l'acquisition de biens matériels. Il faut donc élargir la notion de progrès et la façon dont on l'évalue. Il ne se mesure pas uniquement à partir de critères économiques, mais il doit prendre en compte d'autres réalités que l'on ne peut mesurer mathématiquement.

Certes, l'homme a besoin de ressources matérielles suffisantes pour vivre décemment, mais sans la présence d'un ami qui l'aide à se décentrer, à s'intéresser à plus grand que lui, à participer au bien commun, à recevoir et à vivre à son tour la compassion, il n'y a pas de véritable bonheur et donc pas de développement total de la personne, pas de véritable progrès. Vivre la compassion est donc une source capitale du bonheur et du développement. Elle permet de construire une société solide qui prend en compte la personne humaine dans la totalité de ses aspirations.

Voici le texte du message du Secrétaire général de l’ONU :
"La poursuite du bonheur est à la base des entreprises humaines. Tous les peuples du monde aspirent à mener des vies heureuses et épanouissantes, à l’abri de la peur et du besoin, et en harmonie avec la nature.
Pourtant, pour beaucoup trop de gens vivant dans la misère, un bien-être matériel élémentaire demeure hors de portée. Pour bien d’autres encore, les crises socio-économiques récurrentes, la violence et la criminalité, la dégradation de l’environnement et les menaces croissantes que font peser les changements climatiques constituent un danger permanent.
Lors de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable Rio +20 qui s’est tenue l’an dernier, les États Membres de l’ONU sont convenus qu’il fallait envisager le développement durable de manière équilibrée, en prenant en compte ses trois principales composantes, à savoir la croissance économique, le développement social et la protection de l’environnement. Ils ont constaté que pour prendre des décisions de politique générale qui reposent sur des informations plus complètes, ils devraient adopter des mesures plus larges du progrès, en complément du produit intérieur brut.
Je juge encourageants les efforts entrepris par certains gouvernements pour concevoir des politiques fondées sur des indicateurs complets du bien-être et j’encourage les autres à suivre leur exemple.
Cette première Journée internationale du bonheur nous offre l’occasion de renforcer notre détermination à promouvoir un développement humain durable et sans exclusive et à renouveler notre promesse d’aider les autres. Lorsque nous contribuons au bien commun, nous nous enrichissons nous-mêmes. La compassion apporte le bonheur, et elle nous aidera à façonner l’avenir que nous voulons."

 

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