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de Guillaume Trillard   11 septembre 2013
Temps de lecture 3 mn

Au cours de la rencontre annuelle avec ses anciens élèves théologiens qui a eu lieu le 1er septembre, le pape émérite Benoît XVI a livré tout le fruit de son expérience de l’exercice du pouvoir. Il conviendrait peut-être mieux de parler d’autorité, mais au-delà des termes, quelques clés y sont livrées qui s’appliquent si bien à notre propre expérience. Il me tenait à cœur de mettre à l’honneur ces perles de sagesse et de foi pour que chaque membre et ami de Points-Cœur y ait accès.


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C'est en commentant l'évangile "qui s'élève sera abaissé, qui s'abaisse sera élevé" que Benoît XVI a prononcé ces paroles : « Dans l’histoire, tous cherchent la bonne place : sur la scène de la vie, chacun veut trouver sa place. Mais la question est : quelle place est la bonne et laquelle est juste ? La première place peut rapidement devenir une très mauvaise place et cela, non seulement lors du jugement dernier, mais déjà sur cette terre.
L’échelle qui établit ce qui est une bonne ou une mauvaise place, c’est Jésus. Celui qui sera poussé devant, donc à la première place, doit être conscient du danger. Il doit d’autant plus avoir le regard fixé sur Dieu, se mesurer à lui, à la responsabilité qu’il a des autres ; il doit devenir celui qui sert, celui qui sait en vérité se mettre aux pieds des autres, et ainsi être celui qui bénit et devient béni. Je pense que tout cela doit passer par le cœur, lorsque nous regardons Celui qui est le premier être de la Création et celui né dans une étable et mort sur une croix. Les bonnes places sont auprès de Lui et selon sa mesure, malgré les places vers lesquelles la vie nous mène.
Cruciale est la responsabilité devant Lui et la responsabilité de l’amour, de la justice et de la vérité. Selon l’Evangile, la dernière place de Jésus, la croix, est la vraie élévation. Comprendre et accepter ce mystère de l’élévation et de l’abnégation fut la prière de Jésus. Finalement, l’esprit chrétien de la gratuité est nécessaire à l’humanité. Les plus grandes choses de la vie – l’amour, l’amitié, les biens, le pardon – nous ne pouvons pas les acheter, elles sont gratuites, tout comme Dieu nous comble gratuitement. Au nom de la justice dans le monde, nous ne pouvons jamais oublier le don gratuit de Dieu, ce perpétuel donner et recevoir. Humble et infiniment grande est aussi la liturgie de l’Eglise : elle signifie que nous nous approchons de la multitude des anges et des saints, dans un rassemblement festif, dans la joie festive de Dieu. Oui, là où est célébrée la liturgie, là est Sion, la montagne de Dieu, que l’humanité recherche indéfiniment, et qui nous permet d’entrer dans la Lumière et auprès de Dieu ».

 

Pour les germanophones, voici le lien sur lequel vous pourrez écouter Benoît XVI : www.kathtube.com/player.php?id=32662

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2 Commentaires

  1. Aude
    Aude

    Quelles belles paroles de Benoît XVI sur la gratuité qui font écho aux paroles de la divine Liturgie de St Jean Chrysostome (les paroles dites par le prêtre au moment de l'hymne des Chérubins) : " En vérité, c'est Toi qui offres et qui est offert, qui reçois et qui est distribué, ô Christ notre Dieu."

  2. Bruno ANEL
    Bruno ANEL

    "L’échelle qui établit ce qui est une bonne ou une mauvaise place, c’est Jésus." Jésus n'a revendiqué qu'un seul titre: celui de serviteur. Il doit en être de même pour tous ceux qui exercent une responsabilité dans l'Eglise. Les mots "pouvoir", "gouvernement" sont à utiliser avec une extrême prudence. Une conception déviante de l'Eglise l'a fait percevoir comme une société parfaite avec sa hiérarchie. Aujourd'hui, les pasteurs sont plus en situation d'écoute, d'attention aux signes des temps , de conseil et de service vis à vis du peuple qui leur est confié.Il me semble que c'est heureux. "Au dessus du pape, il y a  la conscience", disait le théologien Ratzinger.