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Pour nous aider à vivre la fête de l'Annonciation, quelques vers du grand poète Rainer Maria Rilke.


© Natalka Satsyk

Elle ne s'est pas effrayée de ce qu'un ange
soit entré (disons-le). Pas plus que d'autres
ne sursautent quand un rayon de soleil ou,
la nuit, un éclat de lune s'insinue dans leur chambre–,
ne s'est pas d'avantage indignée
de la façon dont l'ange se déplaçait ;
Elle n'imaginait guère à quel point c'est difficile
pour un ange, une affaire pareille. (Oh, si on avait su
comme Elle était pure. Il n'y avait pas la biche
qui un jour, couchée dans la forêt, l'a regardée
et par son regard sur elle, et d'elle sur Elle,
de façon sans pareille a engendré la Licorne,
animal de lumière, animal de pureté–.)
Ce n'est pas qu'il soit entré, mais que lui,
l'ange, ait penché tout près d'Elle son visage
d'adolescent ; que son regard à lui et celui
avec lequel Elle le regarda s'entrechoquèrent
comme si soudain le vide s'était fait alentour,
et que, ce que des millions d'êtres ont regardé,
entrepris, porté, s'était incarné en Elle : rien qu'Elle et lui ;
regardant et regardé, vision et ravissement,
nulle part ailleurs que là –: hein ! c'est affolant.
Et affolés, ils le furent tous deux.

Et puis l'ange entonna son cantique.

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