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Deux nouveaux saints : l’humilité et le courage

Dimanche dernier, le pape François a canonisé Jean XXIII et Jean-Paul II en présence de Benoît XVI. Cet événement sans précédent a rassemblé presque un million de pèlerins sur la place Saint-Pierre en action de grâce pour ces deux papes exceptionnels donnés à l’Eglise et au monde.


© Points-Cœur

Michel, un pèlerin rencontré dès le samedi après-midi sur la place Saint-Pierre disait en regardant le portrait de Jean-Paul II déjà exposé sur la façade de la basilique : « C’est incroyable, cet homme, chacun d’entre nous a une histoire avec lui » et d’évoquer qu’il avait 17 ans, quand le 16 octobre 1978, Jean-Paul II fut élu pape. C’est un des aînés de la génération Jean-Paul II qui a aujourd’hui entre 30 et 50 ans. Comme pour confirmer ses dires, les visages des pèlerins présents témoignaient de « cette histoire personnelle avec Jean-Paul II » : de nombreux jeunes prêtres et religieuses, des familles venues au complet avec leurs enfants, des communautés nouvelles et des mouvements tels que le Chemin Néocatéchuménal, le Verbe Incarné, Communion et Libération, Points-Cœur, etc. Enfin, de nombreux drapeaux de la Pologne bien sûr, mais aussi d’autres pays de l’ancienne Union Soviétique : l’Ukraine et la Slovaquie étaient au premier rang ! Que de fruits produit une vie donnée au monde, la vie d’un saint !

Le samedi, la place Saint-Pierre résonnait déjà de chants et de danses : les scouts français répondaient aux scouts polonais, les sœurs du Verbe Incarné se retrouvaient dans de grandes embrassades, arrivant de leurs divers pays de mission, de jeunes espagnols chantaient « De la Plaza San Pedro no nos botarán » (de la place Saint Pierre, on ne nous délogera pas !) sachant que les carabinieri étaient priés de vider la place de ses pèlerins avant 17h… Les chants se sont poursuivis tout au long de la nuit sur la Via Della Conciliazione où plusieurs centaines de milliers de pèlerins ont « dormi ».

Le dimanche fut plutôt marqué par le recueillement et une profonde ferveur. Si des pèlerins ont essayé de scander le nom de « Benedetto », de « Giovanni Paolo » ou même de « Francesco », la foule n’a pas suivi, et le pape François lui-même ne l’a pas encouragé, préférant vivre cet événement dans une plus grande intériorité. A la joie et l’action de grâce succédaient la prière et le silence. Les jeunes des JMJ de Rome (1984), Buenos Aires (1987) ou Toronto (2002), encouragés par leur Pape, ont depuis engagé leur vie à la suite du Christ « sans peur » des choix exigeants ou à contre-courant. Les pèlerins de dimanche semblaient présenter leurs vies, leurs vocations, leurs familles, leurs missions comme une offrande et une action de grâce pour ce Pape sans lequel ils ne seraient pas aujourd’hui ce qu’ils sont devenus. En quittant la place, à la fin de la célébration, chacun faisait mémoire de « sa » rencontre avec Jean-Paul II lors d’une audience, aux JMJ ou au cours de telle visite apostolique…

Le Pape François a appelé dans son homélie Jean-Paul II « le pape de la famille » et nombreuses d’entre elles étaient là pour en témoigner. Il a ensuite appelé Jean XXIII « le pape de la docilité à l’Esprit ». Son pontificat, relativement court, semble montrer qu’il a été choisi pour une mission bien particulière : faire entrer l’Eglise dans le Concile Vatican II. Il mourra en effet juste quelques mois après son ouverture…

Une exposition au Vatican résume en un mot leurs pontificats respectifs : « Jean XXIII et Jean-Paul II, l’humilité et le courage qui ont changé le cours de l’histoire. » L’humilité de Jean XXIII en a fait le docile instrument du Saint-Esprit, le courage de Jean-Paul II l’a fait parcourir le monde à la rencontre des peuples et en particulier des jeunes, défendre la famille, la vie, la liberté contre toutes sortes d’idéologies… L’un comme l’autre ont changé le cours de l’histoire de l’Eglise, le cours de l’histoire du monde, le cours de notre histoire personnelle.

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1 Commentaire

  1. Bruno Anel
    Bruno Anel

    Je suis heureux que le pape Francois ait decide de canoniser Jean XXIII en meme temps que Jean-Paul II. Sans le pape Roncalli, il n’y aurait pas eu de pape Wojtyla. Il etait legitime de rendre d’abord hommage a celui qui a initie le renouveau de l’Eglise sous la motion de l’Esprit-Saint.