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Élections européennes : Non à l’argent qui gouverne au lieu de servir

Cette phrase du pape François illustre bien le programme de l'UPR pour les prochaines élections européennes. M. Asselineau, tête de liste UPR à Paris n'entre pas dans les clivages politiques, mais invite à prendre une distance par rapport à la structure même de l'Union Européenne dans sa forme actuelle.

Les élections européennes approchent. Dans ma quête de consolations, j’ai ouvert La joie de l’Évangile (Exhortation apostolique du pape François, éditions Bayard, Fleurus-Mame et Cerf, 2013). Au passage, je me suis un peu reconnu dans ceux « qui semblent avoir un air de carême sans Pâques ». Et un peu plus loin, j’avoue avoir eu un gros choc en lisant notamment les passages suivants tirés des pages 62 à 69 : « Ce n’est pas la tâche du pape de présenter une analyse détaillée et complète de la réalité contemporaine, mais j’exhorte toutes les communautés à avoir  "l’attention constamment éveillée aux signes des temps". Il s’agit d’une responsabilité grave, puisque certaines réalités du temps présent, si elles ne trouvent pas de bonnes solutions, peuvent déclencher des processus de déshumanisation sur lesquels il est ensuite difficile de revenir…

De même que le commandement de "ne pas tuer" pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd’hui nous devons dire "non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale". Une telle économie tue… Aujourd’hui, tout entre dans le jeu de la compétitivité et de la loi du plus fort, où le puissant mange le plus faible… Toutes ces vies brisées par manque de possibilité nous semblent un simple spectacle qui ne nous trouble en aucune façon.

Une des causes de cette situation se trouve dans la relation que nous avons établie avec l’argent, puisque nous acceptons paisiblement sa prédominance sur nous et sur nos sociétés… Alors que les gains d’un petit nombre s’accroissent exponentiellement, ceux de la majorité se situent bien loin du bien-être de cette heureuse minorité. Ce déséquilibre procède d’idéologies qui défendent l’autonomie absolue des marchés et la spéculation financière. Par conséquent, ils nient le droit de contrôle des États chargés de veiller à la préservation du bien commun. Cela devient encore plus irritant si ceux qui sont exclus voient croître ce cancer social qui est la corruption profondément enracinée dans de nombreux pays – dans les gouvernements, dans l’entreprise et dans les institutions – quelle que soit l’idéologie politique des gouvernants. »

Si j’ai bien lu, les chrétiens de l’Union Européenne ont donc le devoir explicite de sortir de leur indifférence et de s’opposer vigoureusement :

– à la mainmise des marchés sur l’économie ;
– à l’érosion de la souveraineté des États, chargés de la défense du bien commun, au bénéfice d’organismes communautaires, qui ont de tout autres objectifs, clairement affichés au demeurant ;
– à la destruction des acquis sociaux, obstacles à la « flexibilité » et à la « compétitivité » imposées par les GOPE (grandes orientations de la politique économique) ;
– à la corruption : or pourquoi un très haut décideur, non élu et n’ayant de comptes à rendre à personne, résisterait-il aux arguments sonnants et trébuchants des lobbies ?

Les institutions européennes sont une nébuleuse que je n’ai pas la possibilité de décrire dans le cadre de cet article, je vais donc donner ici un exemple récent de leur fonctionnement : il faut juger l’arbre à ses fruits, en l’espèce les semences, base alimentaire de l’humanité. Elles sont désormais, sans consultation populaire bien sûr, « privatisées ». Toute semence doit être certifiée par une coûteuse inscription au Catalogue officiel pour faire l’objet d’une transaction quelconque, comme l’a confirmé le 12 juillet 2012 la cour de Justice de l’UE à propos de l’affaire Kokopelli.

En revanche, nul ne peut s’opposer (pas même un État) aux transactions portant sur des semences inscrites. Prenons le cas d’un OGM, le maïs TC-1507 de la société américaine Pioneer. Cette société a sollicité auprès de la Commission européenne l’autorisation de commercialisation. La Commission a consulté le Conseil européen, qui a refusé l’autorisation par 19 voix contre 5, mais cette majorité écrasante était insuffisante. La Commission a consulté le Parlement européen, qui a refusé l’autorisation par 385 voix contre 201, mais son vote n’a qu’une valeur consultative. Et le président de la Commission européenne, José Manuel Baroso, a donné l’autorisation de commercialiser à Pioneer, qui l’a remercié.

Et tout cela est parfaitement légal au regard des traités européens donc nul ne peut reprocher quoi que ce soit à M. Baroso, non élu, car celui-ci n’a de comptes à rendre à personne.

Alors que faire ?

Depuis 35 ans, tous les partis politiques basent leurs campagnes sur des promesses « d’une autre Europe ». Je prends la responsabilité de cette médisance, mais ils mentent. Tous (sauf un). Car pour changer le moindre alinéa du moindre traité européen, il faut l’unanimité des 28 états membres. C’est statistiquement impossible car il faudrait que les 28 se mettent d’accord sur l’Europe qu’ils veulent. Il faudrait qu’au même moment, de Nicosie à Dublin et de Tallinn à Lisbonne surgissent soudain 28 petits Hollande ! Perspective effrayante pour certains, mais qui n’a aucune chance de se produire. Tous nos politiques savent pertinemment que jamais ils ne pourront tenir des promesses de campagne subordonnées à une « autre Europe ». Certains partis, comme Debout la République et le Front National, critiquent avec virulence l’UE, mais ils se gardent bien d’en demander la sortie pure et simple : il suffit de lire les professions de foi de leurs candidats.

Donc tant que la France fera partie de l’UE,  les directives européennes continueront, telles des engins de travaux publics, à déferler sur le réseau innombrable de murs et de digues patiemment édifiés par des siècles de démocratie pour assurer le bien commun et préserver les plus faibles. Elles ouvriront en revanche des boulevards aux multinationales.

La seule issue est de quitter l’UE. Cela n’a rien de fasciste, d’extrémiste ni d’apocalyptique, c’est prévu par l’article 50 du traité de l’UE. Et c’est ce que préconise François Asselineau, président-fondateur de l’Union Populaire Républicaine (www.upr.fr) et tête de liste UPR pour l’Île-de-France.

La Manif pour Tous, par exemple, se trompe de combat : elle épluche les professions de foi pour dénicher le candidat le plus favorable à la famille. Mais tant que la France restera dans l’UE, elle restera soumise à Bruxelles où règnent les lobbies, dont le très redoutable et très argenté lobby LGBT (lesbiennes gays bi et trans). Si LMPT veut vraiment sauver la famille, elle doit appeler à voter UPR.

L’UPR, qui a levé plus de 340 000 euros en quelques semaines pour financer sa campagne, présente des listes dans toutes les circonscriptions. Avec souvent des têtes de liste éminentes :

– par exemple pour la région Centre M. Vincent Brousseau, qui a été 15 ans l’un des principaux économistes de la Banque Centrale Européenne ; il connaît à fond la question de l’euro et la façon d’en sortir sans dommage. Il a courageusement démissionné de ce poste en or pour rejoindre l’UPR : il pense ainsi être plus utile à la France, et plus cohérent avec ce que lui dicte sa conscience ;

– par exemple encore, pour la région Sud-Ouest, le colonel en retraite Régis Chamagne, à qui j’ai emprunté le cas du maïs OGM, et tant d’autres…

Je voudrais avant de conclure répondre à une objection simple : si le parlement européen n’a qu’une voix consultative, à quoi bon y envoyer un candidat UPR plutôt que celui d’un autre parti ? La réponse est double : d’une part parce que c’est la seule façon de progresser vers la sortie de l’UE, et d’autre part à cause de la censure. Les grands médias appartiennent au grand capital, ils sont les porte-parole de l’européisme. Les prétendus débats publics sur l’Europe opposent des gens qui sont pour l’Europe à des contradicteurs qui sont « très » pour l’Europe. L’idée même d’y inviter l’UPR est totalement anathème. Tous les partis ont accès aux médias, à condition qu’ils soient européistes.

Il ne se trouve pour le moment au parlement européen qu’un député favorable au démantèlement de l’UE : le Britannique Nigel Farage, et nul ne peut plus empêcher sa voix d’être entendue. Son parti, UKIP, est donné en tête des prochaines élections en Grande-Bretagne. Par conséquent, la seule façon de donner la parole à l’UPR dans les grands médias français, c’est d’envoyer ses députés au parlement européen dimanche.

Je constate en me relisant que je ne laisse guère de place à la contradiction, ce qui a peut-être heurté des sensibilités. Je le regrette si c’est le cas, mais je suis prêt au dialogue. J’attends vos "J’aime" s’il s’en présente, mais aussi tous vos commentaires quels qu’ils soient : je m’attacherai à vous répondre avec respect et ouverture d’esprit.

A dimanche devant les urnes des élections européennes !

P.S. : si vous avez en main La joie de l’Évangile, ne vous contentez pas de lire les pages 62 à 69 ! Le reste aussi est très bien… Toujours côté lecture, si vous avez 6 minutes, vous pouvez en plus lire mon précédent article pour Terre de Compassion, il y a un an : http://terredecompassion.com/2013/03/19/lupr-une-encourageante-anomalie-politique/

Alain Bories est délégué de l’UPR pour l’Inde

"Non à l'argent qui gouverne au lieu de servir" est le titre intercalaire p. 67 de La joie de l’Évangile, pape François, éditions Bayard, Fleurus-Mame et Cerf, 2013

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2 Commentaires

  1. Elie

    Quelques rectifications:
    « si le parlement européen n’a qu’une voix consultative »: c’est faux puisque dans la très grande majorité des cas(l’autorisation des semences faisant partie des exceptions, et une exception aberrante j’en conviens) le Parlement co-décide avec le Conseil, il a donc un rôle important puisqu’un texte législatif proposé par la commission qui serait refusé par le Parlement européen est alors abandonné! Mais c’est une raison de plus de bien choisir nos représentants!

    C’est aussi faux de dire que la seule solution est de sortir de l’UE puisqu’il suffirait que les Etats membres se mettent d’accord sur un nouveau traité comme ils l’ont fait de nombreuses fois (traités de Rome, Maastricht, Nice, Amsterdam, Lisbonne…), pour établir un nouveau mode d’organisation et une nouvelle répartition des compétences (c’est ce que propose Debout la République par exemple), il faudrait seulement pour ça qu’il y est une volonté politique des dirigeants soutenue par une majorité des peuples européens.

  2. Alain Bories

    Merci, Elie, d’avoir laissé un commentaire ; vous avez réagi très promptement mais une lecture attentive et surtout de patientes vérifications vous permettraient d’y voir plus clair.
    Je reconnais que le terme de parlement est une mystification car, dans une constitution démocratique, le parlement possède le pouvoir législatif, éventuellement partagé avec une chambre haute. Mais le Parlement européen, comme vous le soulignez avec raison, co-décide avec le Conseil européen, chacun des deux étant enchaîné par des règles de majorité léonines. Et surtout, le Parlement européen n’a pas l’initiative des lois : il ne statue que sur ce que la Commission lui « soumet », terme paradoxal quand on parle de la toute puissante Commission européenne.
    Quand à votre deuxième correction, vous citez comme une victoire du peuple le traité de Lisbonne, alors que celui-ci est le déni de démocratie par excellence : les Français s’étaient massivement prononcés par référendum contre la constitution européenne et, moins de deux ans plus tard, le président Sarkozy faisait ratifier par son docile parlement le traité de Lisbonne, copie presque exacte de la constitution.
    Enfin, vous terminez sur une sorte de rêve : l’unanimité des 28 pour voter une autre Europe. Je n’ai rien à ajouter sur ce mythe.
    Mon meilleur souvenir à Nicolas Dupont-Aignan : cela fait des années que François Asselineau l’invite en vain à un débat public, la porte est grande ouverte.