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Un siècle pas à pas vers la lumière : mémoires du général Coche

Un grand témoignage sur notre siècle à travers cette autobiographie (rédigée à 90 et 91 ans avec Martine COPPIER) d’un homme d’exception aux multiples dimensions. On le trouve tour à tour ou en même temps soldat, montagnard (avec Frison Roche, il réussit plusieurs premières dans le Hoggar), sportif (participe aux jeux olympiques), explorateur, frère des Touaregs.

Cet homme de foi, d’entraide et de culture est dans la lignée de son arrière-grand-père, l’écrivain Alpinus (poète, grand montagnard et chasseur, maire de Voiron…). Au Sahara, il devient ami de Conrad Kilian, célèbre géologue grenoblois, grand explorateur du Hoggar qui a découvert du pétrole dès 1922.
Pendant son voyage de noces, il réalise la première traversée en voiture du Chott el-Jérid, entre l’Algérie et la Tunisie (alors qu’il n’a pas l’autorisation de quitter l’Algérie !)…
Après l’Algérie, il retrouve les montagnes. « En devenant un vrai montagnard, je me rends compte qu’ici on réalise sur le plan vertical de l’altitude ce qu’on réalisait là-bas sur le plan horizontal de l’étendue. »
Du 6e BCA de Grenoble où il commande une section d’Eclaireurs Skieurs, il est appelé dès la mobilisation aux côtés du général Béthouart, lors de la campagne de Norvège. Le 11 juillet 1938, il fait monter 160 Eclaireurs Skieurs au Mont-Blanc.  
De l’Armistice à la fin de la guerre, il se passionne au sein de postes d’encadrement de jeunes, puis on le retrouve auprès du chef de la résistance landaise de Gabarret, et combattant pour la libération de la Drôme à l’Alsace. Raymond Coche exercera ensuite d’importantes fonctions : entre autres, créateur de la formation prémilitaire, inspecteur du Train en Algérie, directeur de cabinet d’Edmond Michelet, puis conseiller en aménagement du territoire de 63 à 78. A la fin de sa vie, il continue de se battre pour les minorités, le monde rural, et participe à de nombreux débats et conférences.
« Au soir de ma vie, je fais le constat que chaque être humain est comme un grain de sable, éphémère dans sa vie terrestre. Mais il a un destin et en cela il est irremplaçable… Je livre au lecteur ma vie de soldat, au sens de centurion, et ma vie de citoyen de la France et du monde… Il est aujourd’hui grand temps de comprendre qu’aucune harmonie, qu’aucunes survies mêmes n’auront lieu sans accord entre l’homme, la nature, et son prochain ».

Bruno Blaise

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