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Massacre de Charleston : l’extraordinaire témoignage d’une mère

Le massacre qui s'est tenu mercredi soir dans une église de Charleston, en Caroline du Nord, a frappé l'Amérique au cœur. Au terme d'une heure de partage biblique, Dylann Roof, 21 ans, s'est levé, et après une diatribe violente contre les noirs, a ouvert le feu. Neuf victimes ont été tuées par balle, six femmes et trois hommes, tous africain-américains, dont le charismatique Révérend Clementa C. Pinckney, pasteur de cette communauté et sénateur de l'état de Caroline du Nord.

Source de la vidéo, page d'accueil du NYTimes: http://www.nytimes.com/

Le meurtrier a été capturé jeudi matin par la police, à quelques 300 kilomètres à l'ouest de Charleston. Il aurait avoué à un officier avoir agi dans l'intention de déclencher une guerre des races. Dans le contexte des violentes tensions raciales qui secouent les Etats-Unis depuis deux ans, on imagine sans peine que le procés de Dylan Roof, qui s'est ouvert dès vendredi après-midi à Charleston, est à même de faire monter la tension d'un cran, voire de faire basculer les zones urbaines les plus sensibles dans une guerre civile de fait.

Si l'on pouvait s'attendre, de la communauté noire et en particulier des témoins du massacre, à de légitimes expressions de colère et de haine, c'est au contraire dans une bouleversante atmosphère de douleur et de miséricorde que s'est ouvert le procès.

Felicia Sanders, qui a perdu son fils dans le massacre, s'avance la première. "Mercredi soir, nous t'avons accueilli à bras ouvert dans notre groupe, et comme nous te l'avons dit, nous étions heureux de ta présence… Tu as tué quelques-unes des plus belles personnes que je connaissais. Toutes les fibres de mon corps souffrent. Je ne serai plus jamais la même. Que Dieu ait pitié de ton âme."

Ethel Lance, mère elle aussi de l'une des victimes, s'adresse à l'accusé d'une voix entrecoupée de sanglots. "Jamais plus je ne lui parlerai. Jamais plus je ne la tiendrai dans mes bras… Mais que Dieu ait miséricorde. Tu m'as fait beaucoup de mal. Tu as fait du mal à beaucoup de gens, mais Dieu te pardonne, et je te pardonne moi aussi."

Espérons que ces témoignages de douleur et de miséricorde enrayent la spirale de la violence et qu'ils inspirent et encouragent les Etats-Unis sur la voie d'une véritable réconciliation.

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