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Catherine de Hueck nous quittait il y a 30 ans

Il y a 30 ans, le 14 décembre 1985, la « Baronne » nous quittait. Encore aujourd'hui elle est un prophète et un maître pour nous.

Catherine de Hueck-Doherty, dite « la Baronne » ou « B », d’origine russe, est née le 15 août 1896, et morte au Canada, à Combermere, le 14 décembre 1985, laissant  une communauté, Madonna House, de nombreux écrits, et surtout un merveilleux témoignage de vie donnée au service de Dieu et du prochain. Sur sa tombe, on ne trouve qu’une croix en bois et une seule parole : « Elle aimait les pauvres ».

Sa personnalité si riche et originale ne peut être facilement définie. Elle se disait elle-même, « amoureuse de Dieu et donc des hommes ». Fol en Christ, femme forte au sens biblique, elle n’a cessé, sa vie durant, de déranger, par sa radicalité à vivre l’Evangile sans transiger, à suivre son appel, contre vents et marrées, à remuer les consciences des « bien-pensants » de l’époque. Constamment visitée par la Croix, les souffrances de toutes sortes l’ont accompagnée au quotidien : née dans une famille noble de la Russie tsariste, elle a du très jeune fuir la révolution bolchevique ; elle connaîtra ensuite la famine, le dur travail pour gagner sa vie, les humiliations des refugiés, les persécutions et les incompréhensions, mais à aucun moment ne doutera de sa mission et de l’amour de Dieu pour elle. Toutes ces contradictions et épreuves seront au contraire comme des tremplins pour avancer, et entraîner les autres à la suite du Christ.

Née orthodoxe, elle adhère en 1919 au catholicisme, et unira en sa personne les deux traditions, orientale et occidentale, faisant découvrir aux catholiques les icônes, les traditions spirituelles russes telles que les poustiniks (aller au désert dans le silence et la solitude pour y chercher Dieu), les strannicks (pèlerins), ou encore les staretzs (pères spirituels). Elle dira à la fin de sa vie : « peut-être le Seigneur a-t-il voulu que je sois un simple petit pont entre le rite latin et les rites orientaux. »

 

Retenons quelques aspects de sa vie qui, en elle-même, est pour nous une leçon :

– d’abord sa prise au sérieux de l’Evangile : « Lève-toi, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, prêche l’Evangile avec ta vie, sans transiger ». C’est ce qui la mènera à prendre position notamment dans la lutte raciale aux Etats unis, aux côtés des noirs et être l’objet de très fortes hostilités. Cela la poussera à toujours placer le Christ en premier et à Le voir en chacun, d’où l’importance pour elle de l’amitié et de l’écoute, mais uniquement à cause de sa profonde union à Dieu : « quel qu’en soit le prix, il nous faut prendre le chemin de la sainteté, c’est la seule chose qui compte. »

– son amour du sacerdoce, qui restera toujours intact malgré les souffrances subies de la part de certains prêtres, elle dira : « lorsqu’un prêtre entre dans cette maison, c’est le Christ qui entre », ou encore : « c’est le don de Dieu à l’homme et le don de l’homme à Dieu. »

– son amour inconditionnel du prochain et sa capacité à pardonner : « aime, aime, aime, sans jamais compter le prix, sois une lumière sur les pas de ton prochain ». Elle n’hésitait pas à appeler ses enfants spirituels « Mes bien-aimés » et à leur manifester toute sa tendresse.

– sa confiance absolue dans la Puissance de Dieu : «  je comprenais la puissance du seigneur car bien sûr je n’étais que néant. Mais il se servait de ce néant et le faisait fructifier comme Lui seul pouvait le faire. »

 

Laissons-la-nous accompagner sur ce chemin d’Avent qu’elle aimait particulièrement :

« L’Avent c’est la venue de l’Amour. Voyez-le arriver dans le sein d’une femme. C’est sur la paille d’une étable que vous percevrez d’abord l’Amour, dépouillé de lui-même, le Seigneur des armées se fait enfant par amour pour nous et nous, pauvres comme nous sommes, nous nous accrochons à nos haillons comme s’ils étaient des diamants….

Que Le Seigneur trouve chez vous un coin bien chaud pour y reposer la nuit de Noël. Il en reste si peu en ce monde.

Dieu s’est fait homme. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’est-ce que cela change dans ma vie  quotidienne ? Qu’est-ce que cela exige de moi ?

Que ce Noël nous débarrasse de tout ce qui n’est pas essentiel ; allons ensemble à la crèche de l’Enfant pour recevoir le cœur d’un enfant et le courage inouï de le vivre en adulte. »

 

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