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Pape François : la gratuité transforme le désert de ce monde en forêt

Le 24 avril dernier, le Mouvement des Focolari organisait une manifestation pour la Journée de la Terre dans le parc de la Villa Borghèse à Rome. Les participants ont eu l’agréable surprise d’être visités par le Saint Père dont le discours a rappelé quelques uns des enjeux développés dans l’encyclique Laudato si’. Voici quelques extraits de l’intervention spontanée du Souverain Pontife.


Le Pape François à la Mariapolis de la Villa Borghèse, le 24 avril dernier.

En vous entendant parler, deux images me sont venues à l’esprit : le désert et la forêt. J’ai pensé : ces gens-là, vous tous, prennent le désert pour le transformer en forêt. Ils vont là où il y a le désert, là où il n’y a pas d’espérance, et ils font en sorte que ce désert se transforme en forêt. […]

Tant de déserts dans les villes, tant de déserts dans la vie des personnes qui n’ont pas de futur. Et toutes ces personnes doivent vivre et mourir dans le désert, en ville. Par votre travail vous faites le miracle de transformer le désert en forêts. […]

Nous, chrétiens, connaissons bien ce qu’a fait le Lévite, ce qu’a fait le prêtre, avec le pauvre homme tombé sur la route. Ils ont pris un chemin pour ne pas voir, pour ne pas s’approcher (cf. Lc 10, 30-37). Qui ne risque pas ne peut jamais s’approcher de la réalité : pour connaître la réalité, mais aussi pour la connaître avec le cœur, il est nécessaire de s’approcher. S’approcher est un risque, mais aussi une opportunité : pour moi et pour la personne dont je m’approche. Pour moi et pour la communauté à laquelle je m’approche. […]

Le désert est hideux : tout autant celui qui est dans notre cœurs à tous que celui qui est dans les villes, dans les périphéries. C’est une chose affreuse. Tout comme le désert qui se trouve dans nos quartiers protégés… Là aussi, nous trouvons le désert. Mais, nous ne devons pas avoir peur d’aller dans le désert pour le transformer en forêt. La vie déborde, et il est toujours possible d’aller pour essuyer toutes ces larmes afin que tous puissent sourire.

Cela me fait penser à ce psaume du peuple d’Israël, lorsqu’il était prisonnier à Babylone : « Nous ne pouvons pas chanter nos chants, parce que nous sommes en terre étrangère ». Ils avaient les instruments avec eux, mais ils n’avaient pas la joie, car ils étaient prisonniers dans une terre étrangère. Mais lorsqu’ils ont été libérés, dit le psaume, « nous ne pouvions y croire, notre bouche était pleine de rires » (cf. Ps 137). Il en est de même du passage du désert à la forêt et à la vie.

Et voici autre chose : la gratuité. L’amitié se vit dans la gratuité et cette sagesse de la gratuité s’apprend : avec l’art, par la joie d’être ensemble, par le fait de s’approcher… La gratuité est une parole à ne pas oublier en ce monde, où il semble que si tu ne paies pas tu ne peux pas vivre. L’homme et la femme que Dieu a créés justement au centre du monde, pour être aussi au centre de l’économie, en ont été chassés et à la place se trouve un nouveau dieu, le dieu « argent ». […]

La gratuité : c’est la parole clé. La gratuité fait en sorte que je donne ma vie comme elle est, pour aller avec les autres et transformer ce désert en forêt. La gratuité est une chose magnifique !

 

Source :http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/events/event.dir.html/content/vaticanevents/fr/2016/4/24/villaggioterra.html

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