Home > Eglise > « El santo cura Brochero », le premier saint argentin

« El santo cura Brochero », le premier saint argentin

Le 16 octobre dernier le premier pape argentin, a eu la joie de canoniser le premier saint argentin, un simple prêtre connu sous le nom de « Cura Brochero ».

José Gabriel del Rosario Brochero est né dans l’intérieur du pays, à Santa Rosa, le 16 mars 1840. Il entre à 16 ans au séminaire de Cordoba et sera ordonné prêtre le 4 novembre 1866.  Après un temps comme responsable des études du séminaire il se distingue surtout pour son soin des malades lors de l’épidémie de choléra à Cordoba en 1867. En 1869 il est nommé vicaire au sein d’un immense territoire de la sierra a de Cordoba connu sous le nom de Valle de Traslasierra. Il s’installe dans la petite ville de Villa del Transito (aujourd’hui « Villa cura Brochero »).  C’est le début d’un intense apostolat auprès des personnes vivants dans des endroits très difficilement accessible.

Avec sa mule « Malacara » (« visage moche ») il arpente les villages, visite une à une les maisons, se préoccupe des besoins spirituels comme matériels, construisant chapelles et écoles. On le voit amener ses paroissiens à Cordoba pour leur faire assister aux exercices spirituels de Saint Ignace. Puis c’est chez lui, à Villa del Transito, qu’il fait construire le nécessaire pour accueillir un nombre croissant de retraitants. Il meurt en 1914 de la lèpre, sourd et muet dans son village. Déclaré vénérable par Jean Paul II en 2004 il avait été béatifié en 2013 déjà sous le pontificat du pape François.

Voici le témoignage de la cérémonie de canonisation de Jorge Raspanti, ex volontaire Points cœur en Equateur, qui a tenu à faire le voyage de Cordoba jusque Rome pour assister à la cérémonie de dimanche dernier sur la place Saint-Pierre :

102 années après que la cura Brochero eut vécu sa Pâques, le pape François le déclare saint à Rome. Pour moi c’est un rêve devenu réalité. Je ne puis m’empêcher de penser à la prière que m’avait enseigné mes maitres d’école, prière qui demandait au Seigneur d’élever ce petit prêtre à l’honneur des autels. Me revient aussi en mémoire le moment où il y a 10 ans, avec mon père, j’ai traversé les grandes « sierras » à cheval durant 5 jours, suivant ainsi les traces de ce nouveau saint. Je sais très bien que Brochero n’aurait jamais imaginé un seul instant voir sa mule « malacara » un jour sur la façade de la basilique Saint Pierre ! Mais ce qu’il savait par contre très bien c’est que son amour pour les habitants de ce pays allait un jour donner un fruit qui irait bien au-delà de sa propre vie. Et c’est ainsi. Maintenant il intercède pour nous depuis le Ciel. 

A l’aube de ce dimanche nous avons commencé à sentir notre cœur battre plus fort devant ce qui apparaissait comme une grande fête pour tous. En arrivant sur la place nous avons commencé par écouter les nombreux chants et repérer les drapeaux des argentins, des mexicains, des espagnols y des français qui ont peu à peu envahi la place St Pierre. Le maté (boisson traditionnelle très prisée par les argentins, ndr) nous a accompagné durant toute la matiné. On le détectait en voyant se former de petits cercles de pèlerins et de fidèles.

La place Saint-Pierre était dans l’expectative de cette célébration depuis quelques jours et nous attendions tous de voir apparaitre les portraits des 7 nouveaux saints. En quelques minutes les pèlerins arrivèrent et tout l'espace fut remplit de fidèles de toutes les parties du monde. 

Le pape François nous a surtout parlé de l’œuvre de Dieu dans ces 7 nouveaux saints. Il nous a montré comment ils ont réussi à persévérer dans la foi grâce à leur ancrage dans la prière fidèle et confiante. Une prière qui est reconnaissance que nous sommes incapables d’une telle persévérance sans l’aide de la grâce de Dieu. Nous aussi nous sommes appelés à demeurer dans la prière et à demander l’aide de Dieu et de nos frères pour arriver à ce bel objectif qu’est « la construction de la paix » nous a dit notre pape.

J’espérais ce moment depuis 20 ans et tout est allé très vite. J’ai reçu nombres de messages de Cordoba et j’ai pu prendre conscience avec émotion de l’immense privilège que je vivais. La solennité de cette célébration comme sa simplicité, m’invitent une fois encore à la recherche de la sainteté dans les petites choses de la vie .  

     

Vous aimerez aussi
Un pauvre crie, le Seigneur l’entend
Urbanisation et idéologie
Prix de la nation argentine pour un scientifique… et sa famille
Le père Marie-Eugène et la compassion pour les âmes

2 Commentaires

  1. Maria Silvina Pavon

    Merci de votre article.

    Je voudrais dire quelque chose, Saint José Gabriel del Rosario Brochero, n'est pas le premier saint, mais le deuxième. Le premier est saint Hector Valdivielso Saez, canonisé par Saint Jean Paul 2, à l'anné 1999. Saint José est mort en Argentine, mais Saint Hector est devenu religieux de La Salle et il est mort comme martyr pendant la guerre civile espagnole, en Espagne. Voilà la différence.

    Il y a pas mal d'argentins qui ne connaissent pas Saint Hector, mort à 24 ans.

  2. Arnaud de Malartic

    Chère Maria Silvina. 

    Merci beaucoup pour cette précision. L'Argentine peut  donc être fière d'avoir deux saints sur les autels. Et c'est avec joie que nous constatons que d'autres sont sur les rangs…