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Quelques heures avant le débat télévisé qui opposera les candidats de la primaire à droite, voici quelques réflexions sur le discours de François Fillon prononcé mardi dernier, durant le meeting d’entre deux tours à Lyon. 

 

La surprise du premier tour passée, quelques questions se posent. Est-il une spécificité réelle du candidat François Fillon ou s'agit-t-il une fois de plus d'une question rhétorique, l'unique et même credo LR étant professé, dans son cas, posément, d'un ton de voix rassurant, ses fameux sourcils épais, devenus sujet de conversation de la presse (et pas seulement People !), apportant une dernière touche de sérieux et d’authenticité ?

Au-delà des apparences et des techniques de communication, un thème central autour duquel s'articule tous les autres se dégage : celui de la liberté.

Devant quatre mille personnes, le candidat a rappelé qu'une liberté authentique était toujours précédée en amont par la vérité et qu’en aval en découlait la créativité, la capacité d'entreprendre. La liberté ainsi remise à l'honneur, avant tout conçue comme une capacité d'agir et pas seulement de penser, est selon lui un levier. La liberté de la personne est la première source de renouveau d'une société : « Il existe en chaque être humain une singularité qui ne demande qu’à briller ». 

Mettant en pratique son « devoir de vérité », François Fillon propose son diagnostic, certes sévère, mais qui présente le mérite d'être traité sans tabou. Nous sommes en crise, économique certes, l'Etat au bord de la faillite, mais aussi identitaire et sociale, et surtout en « crise du sens », comme il aime à le répéter. « Le peuple français mérite qu'on lui dise la vérité », « c’est un peuple à qui on ne peut pas mentir », soulignant au passage les ressources insoupçonnées de la nature humaine, à commencer par son « flair de la vérité », son bon sens : «  C'est bien notre destin qui se joue : entre déclin ou sursaut, il n'y a pas d'échappatoire ».

Libérer la liberté 

« J’assume la première valeur de notre devise républicaine: la liberté ». Cette ambition, caricaturée par le monde politico-médiatique, est dépeinte sous les traits d’un libéralisme brutal et thatchérien. En réalité, François Fillon s'en tient surtout à rappeler l'évidence : ce n'est pas l'égalité qui est le moteur de l'action de la personne. « Les pays qui ont échoué ont préféré l’uniformité à la liberté ». Maniée comme elle l'est parfois chez certains socialistes, « stupidement opposée à la liberté », l'égalité devient le niveleur par le bas, empêche de « sortir du brouillard », condamnant la collectivité à une médiocrité convenue.

Sans analyser dans le détail les positions éthiques parfois discutables du candidat à la primaire, ni sa vision des relations internationales, ni sa conception de l'Europe parfois sans relief, constatons que certaines de ses affirmations ont le mérite du bon sens fédérateur.

Face à « l’égalitarisme mou », il propose un choc de simplification juridique et bureaucratique, autant de réformes que d'autres pays européens ont déjà mis en place depuis longtemps et dont les effets se font déjà ressentir. Un choc de confiance au service de la liberté. La justice, quant à elle, en découle comme une conséquence, avec les ajustements nécessaires dont l'Etat reste le garant.

Les charges violentes de Juppé et des futurs opposants de gauche ciblent le tandem recomposé : « Sarkozy-Fillon ou Fillon-Sarkozy, c'est du pareil au même ! ».

Ringard, antimoderniste, traditionaliste, et combien d'autres raccourcis de langage commodes à souhait sont utilisés par certains courtisans de la nébuleuse politico-médiatique… Quel contraste avec cet effort louable de rigueur intellectuelle, et pas seulement technocratique, auquel s'essaie François Fillon.

Qui sait si la virulence des attaques ne trouve-t-elle pas, peut-être inconsciemment, sa source dans le tandem VÉRITÉ- LIBERTÉ devenu insupportable aux lieutenants du relativisme, du vivre ensemble, de l'identité heureuse qui ne sont que les conséquences ultimes des dérives individualistes du XX siècle.

Représenter dignement et intelligemment la famille politique de la droite, ce n'est pas du luxe par les temps qui courent…

Extraits du meeting de Lyon

« Sans compromis, j'ai fais de la vérité l'axe de notre sursaut collectif. Et cette vérité la voici : l'état d'urgence est partout. Il est contre le totalitarisme islamique qui nous a déclaré la guerre et contre lequel il n'y a pas d'autre choix que l'inflexibilité (…). L'état d'urgence est chez nous économique, social et sécuritaire, existentiel aussi, parce que c'est bien notre destin qui se joue : entre déclin ou sursaut, il n'y a pas d'échappatoire ». 

« J’assume la première valeur de notre devise républicaine : la liberté ».

« Tous les pays qui ont utilisé le levier de la liberté ont relancé leur économie et réduit le chômage. Ceux qui ont échoué ont préféré l’uniformité ».

« La liberté qu’on oppose stupidement à l’égalité (…). Il existe en chaque être humain une singularité qui ne demande qu’à briller ».

« Justice doit être rendue à ceux qui veulent agir, et non pas être pilotés comme des robots ». 

« C’est la liberté qui est le meilleur carburant des sociétés vivantes. C’est la liberté qui créera des initiatives et des emplois. C’est la liberté qui relancera l’ascenseur social, cet ascenseur social qui aujourd’hui est bloqué dans le sous sol de ce système qui nous bloque depuis trop longtemps : il vaut mieux l’ombre pour tout le monde que la lumière pour ceux qui veulent s’en sortir ».

« Corporatistes de tout bord (…), ces gens là craignent la liberté car ils ne la contrôlent pas ».

 

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7 Commentaires

  1. Florence F.

    François Fillon s'est opposé à l'embargo imposé par l'Europe à Moscou après l'annexion de la Crimée. Qu'en est-il de la liberté des Ukrainiens ?

     

    1. Bruno ANEL
      Bruno ANEL

      Contrairement a ce qui est couramment affirmé, l''annexion de la Crimée par la Russie ne remet nullement en cause la carte de l'Europe fixée en 1945. A cette époque, la Crimée est russe depuis le XVIIIe siècle. C'est Nikita Krouchtchev qui a décidé de la rattacher administrativement à l'Ukraine voisine en 1954 parce que ca n'avait aucune importance dans une URSS trés centralisée et  que Krouchtchev etait…ukrainien.

  2. Bruno ANEL
    Bruno ANEL

    Je pense que la personnalité de François Fillon a fait autant que son programme pour assurer son succés. Une partie  de la droite semble lasse des leaders qu'elle s'est donnés depuis 40 ans. Jacques Chirac et  Nicolas Sarkozy "tiennent" le parti gaulliste depuis 1976, mis à part de brefs intermèdes. Personnages vibrionnants, charismatiques et aux convictions fluctuantes, ils se sont avérés en définitive peu efficaces. La personnalité de François Fillon évoque plutôt celle de Georges Pompidou , président de 1969 à 1974, image rassurante d'une France provinciale, tranquille et prospère. 

  3. bekeongle

    A Florence, je voudrais dire une vérité que le mainstream a soigneusement occulté : le drame ukrainien est le fruit de la folie américano-européiste et non d'une action qqcque de Poutine. Seuls ceux qui s'abreuvent à la source polluée des merdias dominants peuvent poser une question comme celle-là et il suffirait de demander aux habitants de Crimée ce qu'il préfère ….Comme le rappelle Bruno, la Crimée est russe depuis si longtemps que l'Otan n'a rien pu faire contre cette "annexion"(pour les merdias) qui n'était qu'un rattachement logique au regard de l'histoire.

    Question à 1 euro : quel est le pays qui vient de voter une interdiction de critiquer l'habillage politico-merdiatique d'un massacre commmis pas loin de chez nous ???? Florence a-t-elle lu qqchose là-dessus ? Pourtant, le mainstream doit dire la vérité, non ? En ont-ils parlé ? Je ne peux répondre car je ne reçois aucun merdia ….

  4. bekeongle

    Bon ! Je garde mon euro, Florence ….

    C'est tout simplement la Serbie et la massacre de Srebenicza que l'on a imputé aux vilains Serbes contre les gentils muslims alors que c'est l'exact contraire qui s'est produit ! Et voilà encore une victoire à bon compte des salopards qui va être gogolisé (çà veut dire "avaler tout rond par les gogos qui vont prendre çà pour vérité historique puisque 'vu à la télé' )

    Tu est Serbe, tu dis que tu ne crois pas à ce mensonge et Hop ! Prison !

    Au fait, on en est où pour le génocide des Arméniens par ces excellents Turcs ??? et celui des Vendéens il y a 2 siècles ??? Tiens, donc ! On n'en parle pas ? Comme c'est bizarre !!

  5. Bruno ANEL
    Bruno ANEL

    Aprés le licenciement de Nicolas Sarkozy et le forfait de François Hollande, François Fillon est prévenu : s'il est élu président, qu'il sache que le quinquennat est un CDD a priori non renouvelable. Il aura 3 ans, 4 au maximum pour obtenir des résultats tangibles, notamment en matière d'emploi. Passé ce délai, ses "amis", les sondeurs, les médias et les électeurs le pousseront vers la sortie. Qu'il profite bien de la faveur dont il jouit actuellement: elle sera de courte durée.