Home > Politique > François Fillon est innocent

Maintenant que sa candidature est compromise par le scandale organisé, on peut enfin le dire ! Dans son article L'assasinat politique de François Fillon, Régis des Marais analyse les dérives de la presse.

Calomnie et lynchage 

Chose curieuse, l'article de Régis des Marais parait dans Médiapart, lequel se trouve dans le trio gagnant des journaux pour qui le scandale, la calomnie, le lynchage médiatique sont les clés du journalisme. Détruire quelqu’un est un jeu d’enfant pour le journaliste, un jeu d'enfant qui, pourtant, rapporte plus que d’informer objectivement. 

Régis des Marais se défend bien d’être un défenseur de Fillon mais il a l’honnêteté de dénoncer ces pratiques : « il est urgent pour tout citoyen de s'extirper des slogans et gros titres de la presse qui se succèdent pour s'interroger sur les vrais motifs de ce qui se passe ». De fait, les termes utilisés par la presse pour qualifier le travail de Madame Fillon ne laissent aucune place à la réflexion, c’est l’émotion générale et l’indignation que l’on cherche à provoquer. Les accusations sont émotionnelles, destructrices et immédiates, c’est l’épiderme qui est sollicité.

Une fois que le mal est fait, la défense demande beaucoup plus de temps. Elle demande du recul et une analyse objective. Elle est simple, mais elle implique une observation et une écoute patiente. L'auteur explique qu’il est parfaitement légal en France – et courant pour des politiciens – de faire travailler des proches. Il rappelle le cadre institutionnel de la rémunération des attachés parlementaires et prouve que Mme Fillon n’a touché en fait que des sommes raisonnables pour un travail auprès de son mari et de son successeur qu'il n'y a aucune raison objective de mettre en doute (lire le développement de son argumentaire L'assasinat politique de François Fillon). Bref, sans être un défenseur de Monsieur Fillon, Monsieur des Marais reconnaît qu’il s’agit d’une mise en scène et qu’il n’y aucune proportion entre le scandale et les faits réels. On aimerait qu’il soit entendu et que le journalisme se mette au service des lecteurs, plutôt que d'être l'instrument de manipulations aussi grossières. 

Quelle liberté pour la presse ?

Régis des Marais souligne en effet que le lynchage de Fillon manifeste l’absence grave de liberté des journalistes, obligés de servir ceux qui paient et ont le pouvoir : « La naïveté serait de croire que tout ce brouhaha médiatique a pour objet de défendre la morale, la droiture et la légalité ». Mais « la chronologie des évènements parle de façon assez claire : le 25 janvier 2017, le Canard enchaîné publie son article sur l’affaire « Pénélope Fillon », le 26 janvier 2017, le Parquet national financier ouvre une enquête judiciaire et le lendemain plusieurs témoins sont auditionnés… il faut vite virer Fillon. ».

Pour l’auteur, l’éviction de Fillon est programmée. Monsieur Fillon représenterait donc un danger pour le pouvoir économico-médiatique. Dés lors, les cause du lynchage doivent être cherchées dans le programme de l'homme politique et chez les candidats avantagés par l’affaire : 

  • Ce que représente François Fillon : « sa volonté de réforme, sa vision d’un monde multipolaire, son catholicisme affiché, sa volonté de renouer les liens avec Moscou et la Syrie, sortir le pays d’une situation d’endettement, l’idée de redonner à la France une place forte au sein de l’Union européenne. » Pour l’auteur, ce programme va à l’encontre des intérêts du monde financiers dont « le moteur est la consommation des masses sans cesse développée grâce à l’endettement. » 
  • Les candidats : monsieur Jupé était sans doute espéré à droite par le système. Après son éviction, la campagne visant à décrédibiliser Monsieur Fillon ouvre la voie à une autre candidat : Emmanuel Macron. Au delà du soupçon d'utilisation pour sa campagne de l’enveloppe budgétaire de représentation du ministère de l’économie, il explique que « M. Macron ne vient pas vraiment de nulle part mais de la banque Rothschild… eh oui M. Macron est un pur produit du système financier et du monde de l’argent. Regardons ses soutiens : Jacques Attali, Pierre Bergé ou le maire de Lyon qui récemment hurlait sa douleur existentielle en déclarant que vivre avec 4 000 euros par mois était insupportable… »

Régis des Marais ne cache pas son encrage à gauche, il a pourtant l’audace de dénoncer la police de la pensée qui oriente les médias et les sondages. Son article sort au moment où Le Monde lance son application policière de dénonciation des journaux qui ne « pensent pas juste ». Cette dérive journalistique est grave pour la démocratie comme le conclut notre auteur :  « Les millions d’électeurs qui se sont prononcés lors de la primaire sont donc désavoués et rappelés à l’ordre : vous deviez désigner celui qui était le favori des sondages ! Pour la première fois, jamais le simulacre de la démocratie ne se sera dévoilé avec autant de pertinence aux citoyens qui acceptent d’ouvrir les yeux et de raisonner en dehors de tout mouvement d’humeur. »

Lire l'article : L'assasinat politique de François Fillon. 

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17 Commentaires

  1. Denis Cardinaux
    Denis Cardinaux

    Maintenant que la conférence de François Fillon est passée, nous pouvons compléter notre jugement en écoutant ses propos. Il est toujours mieux de se référer aux sources plutôt que de suivre les commentaires de la presse : 

     

  2. Bruno ANEL
    Bruno ANEL

    François Fillon a declaré aux Français regretter ses "erreurs". Tant que la justice n'a pas dit le contraire , il n'a rien fait d'illégal. On peut cependant rappeler que le Président Raymond Poincaré (1913-1920) mettait un point d'honneur à payer le billet de train de son épouse quand il se déplaçait en voyage officiel. On pourrait souhaiter que tout homme ou femme politique s'inspire de cet exemple dans la gestion des deniers publics.

  3. Gerhard Gösser

     

    Poincaré est un exemple pour la jeunesse car il a payé son ticket de bus à 14 centimes à son épouse,… qu'importe s'il est un des artisans d'une guerre qui a coûté 10 millions de morts et ruiné l'Europe pour plusieurs générations, qu'importe s'il a laissé un pays ruiné, décimé et préparé la future guerre mondiale par le traité de Versailles.

    A l'inverse mais dans la même logique, le débat politique tourne aujourd'hui en boucle autour de la moralité de rémunérer sa propre famille, alors que la France a 2000 milliards de dettes causées par les promesses irréalistes des politiciens. Les sommes touchées par Pénélope Fillon n'ont aucune incidence sur la vie des français. La dette par contre a une incidence sur la vie des français et surtout de leurs enfants. Les générations à venir seront privées de nombreuses opportunités dans le social, les infrasctures, la recherche … par l'irresponsabilité de politicens, donc aucun candidat ne se soucie le moins du monde de cette question… à part Fillon.

    Le moralisme est l'art de chercher la paille dans l'oeil du voisin, pour éviter les véritables enjeux et questions. Un art visiblement consommé immodéremment ! 

    1. Bruno ANEL
      Bruno ANEL

      Gerhard, vous êtes hors sujet en évoquant la politique de Poincaré. Ridiculiser mon argument est fort peu convaincant, les lecteurs l'auront compris.

  4. simone

    Alors là Gérhard vous vous surpassez ! Merci de remettre les pendules à l'heure par l'histoire, le bons sens, la vérité des faits.

    1. Bruno ANEL
      Bruno ANEL

      Simone, nous parlons de la probité des hommes politiques dans la gestion des deniers publics qui leurs sont attribués au titre de leur fonction . L'allusion de Gerhard au militarisme supposé de Poincaré est injuste : la plus grande partie de l'Europe était militariste , y compris dans nos familles de l'époque .

  5. Marie MCD

    Le monde politique est impitoyable , s'il ne s'agit pas d'un  "complot"  avouons tout de même que "cette affaire" tombe à point pour démolir le candidat et surtout pour déstabiliser son électorat, dont je fais partie."On" était bien au courant de son talon d'Achille , tout comme "on" connaissait la vulnérabilité perverse de DSK lui aussi présidentiable à l'époque.M Fillon a dû susciter rancœur et jalousie avec son succés aux primaires.Mais voilà, je trouve que sa riposte a été maladroite , dès le départ il s'est mal défendu en invoquant la misogynie etc….j'aurais tellement aimé entendre M Fillon "confesser" que malgré sa légalité cette pratique de distribution d'enveloppe peut semer le doute mériterait plus de clarté et surtout une législation bien plus stricte pour le élus comme c'est  d'ailleurs le cas dans d'autres pays d'Europe.Peu importe que Mme Fillon ait été une femme de l'ombre ou pas .C'est clair qu'en dévoilant que le candidat favori a profité de ce système malsain mais hélas légal, "on" a défiguré l'homme intègre qui s' était présenté devant les Français.J'ai écouté "les regrets" du candidat, j'admets qu'il s'agit d'un lynchage mais je suis dépitée, malgré tout, je voterai pour lui, car je me reconnais dans son programme.MCD;

     

  6. Snoopy

    Le fameux Point Carré…j'ai toujours cru que c'était une légende. Petite précision historique : en 1910, le prix du billet de métro était de 15 centimes en 2nde classe et 20 centimes en 1ere. Enfin je dis ça…S'il prenait le bus…

    1. Bruno ANEL
      Bruno ANEL

      Snoopy, arretons ces bêtises : Poincaré payait tous les déplacements de sa femme quand il était en voyage officiel en France et à l'étranger. Charles de Gaulle payait de sa poche toutes ses dépenses personnelles , et il refusa même sa retraite de président. Je trouve indigne de ridiculiser ces exemples de probité pour disculper certains politiciens prompts à vivre aux frais du contribuable. Ce n'est sûrement pas la bonne méthode pour aider François Fillon.

  7. Antoine Rigalleau

    J'ai cherché de la nuance et je n'en ai pas trouvé… Dommage,

    Ne pouvait-on pas alerter sur les dessous de l'affaire Fillon sans pour autant le déclarer "innocent" dès le titre ?

    Si la nuance consiste à énoncer des poncifs de la droite bourgeoise catholique en citant un journal de gauche, c'est raté puisque en l'occurence pour l'article cité, il s'agit d'un billet de blog qui n'engage en aucun cas la rédaction du journal.

    Pour le fond, ne peut-on pas apprécier certains éléments du projet politique de FFillon (lutte contre la dette, non-alignement béat sur les états-unis) sans pour autant être scandalisé par l'indécence des revenus concernés et le manque de réalisme de ce candidat (c'est quand même ironique pour un gaulliste de ne pas voir que cela choque profondément les français)? Est-ce que les 4 millions d'électeurs de la primaire n'ont pas le droit d'être critiques et de changer d'avis à la vue de ces nouveaux éléments ?

    Alors oui ne soyons pas naïfs, la vie politique française (au niveau national en tous cas) est un marigot. Jouyet ? sarkozistes ? macronistes ? Qui a lancé la boule puante ? Qu'importe.

    Mais qu'on ne me vienne pas me servir la soupe du chevalier blanc ! Franois Fillon a été estampillé "catho" par Sens commun et force est de constater que les derniers à le défendre sont certains catholiques aveugles. Quand je joue à Sauve-Mouton avec mon fils (jeu coopératif pour les plus de 5 ans), quand le loup se déguise en mouton, j'appelle le berger. Mais là c'est un loup déguisé qui s'en appelle du Bon berger ! Comment ne pas être exgeant avec quelqu'un qui se déclare chrétien, tout en disant qu'il n'a rien fait contre les lois sur l'avortement, a une vision économique ultralibérale, et est en contradiction profonde avec toutes les propositions de la dernière encyclique du pape ?

    Un bon homme politique doit avoir le sens de l'histoire, doit pouvoir lire les "signes des temps". 107 ans de mandats cumulés pour s'enfermer dans un tel déni de la réaité, ça en dit long sur la professionnalisation de nos politiques.

    700 000 euros. C'est ce que va gagner la moitié d'une génération en une vie de travail : http://www.slate.fr/story/136709/700-000-euros-gagner-vie.

    Cher Gerhard, je ne sais pas s'il vous est arrivé de gagner un smic après un mois passé à l'usine, ou dans un petit boulot précaire, mais pour tous ceux qui ont vécu ou vivent cela (et je m'y inclus avec les deux pieds), ce qu'a gagné Mme Fillon n'est pas une paille et ne m'est pas indifférent. Combien de millions de français pauvres et travailleurs précaires se sentent insultés par le mépris d'une oligarchie ? Combien continuent à voter, à se battre pour une vie meilleure, à espérer pour leurs enfants ? Combien se sont découragés, ont sombré dans des travers ?

    Sur cette affaire peut-être plus que sur d'autres, il s'agit sans doute plus de contempler et de voir que de réfléchir (comme le disait Carrel au début du Sens religieux de Guisani). Mais là nous ne voyons pas la même chose. J'attendais de la part de Terre de compassion un peu plus de finesse et moins de parti pris. Est-ce que l'on pourrait ensemble démeler compassion et naiveté, miséricorde et devoir de dire la vérité ?

     

    1. Denis Cardinaux
      Denis Cardinaux

      Bien cher Antoine, défendre une personne accusée à tord (quelles que soient ses limites ou son orientation politique) est pour moi un devoir. S'il est encore quelques "bourgeois catholiques de droite" (comme tu les appelles) pour le faire, c'est tout à leur honneur. Et je sais que les "cathos de gauche" (comme ces polarités me fatiguent !) sont également capables d'honneur.  

      Car à moins que la justice mette en lumière des éléments qu'on ignore, Monsieur Fillon, est innocent de ce dont on l'accuse : détournement d'argent publique et emplois fictifs. Le titre n'est donc pas hors de propos (il a eu en outre le mérite de provoquer cette discussion et de me permettre de te saluer).

      Par ailleurs, dans le traitement de cette affaire, mettre sur le même plan la hauteur du montant de la rémunération légale d'un attaché parlementaire, c'est à dire, un aspect structurel de l'organisation de la démocratie française, et la moralité personnelle d'un candidat relève ou d'une erreur d'appréciation, ou d'une légèreté, ou d’une malhonnêteté intellectuelle, ou d'un calcul politique cynique, au choix. Les solutions à donner à cette question structurelle dépendent du débat démocratique et de la responsabilité des hommes politiques (et des médias). On peut espérer que ces solutions soient ordonnées à une justice authentique et non à un égalitarisme vengeur qui n'est pas plus chrétien qu'un libéralisme effréné, ou que la violence inouïe avec laquelle sont traités aujourd'hui les hommes politiques (bien au delà de la critique nécessaire et de la satire légitime).

      Merci d'avoir précisé que l'article provenait d'un blog et n'engageait pas la rédaction de Mediapart. J'aurai aimé le contraire. Qu'ils soient de gauche ou de droite importe peu. Comme la majorité des autres journaux sont dans la même logique de lynchage je me suis étonné que quelqu'un puisse encore être un peu clairvoyant et… libre. Je rappelle que le propos de mon article concerne en dernière instance les dérives de la presse et la mission des journalistes.

      Enfin, si un candidat opposant avait eu l'honnêteté de dénoncer le procédé, cela aurait sans doute changé le visage de cette campagne. J'aurai eu pour lui la plus grande estime. Et je dis cela – cela te surprendra – indépendamment de mes intentions de vote que je n'ai pas dévoilées ici. 

      1. Gilles Renous

        Bonjour Monsieur Denis Cardinaux,

        Je ne suis pas certain que votre défense de Monsieur Fillon soit judicieuse sur le site terredecompassion.com

        Je souhaiterais savoir si vous vous exprimez uniquement à titre personnel, ou bien si vous avez préalablement

        consulté les autres rédacteurs de ce blog et obtenu leur accord pour publier votre point de vue sur l'affaire Fillon.

        bien cordialement

        Gilles Renous

         

        1. Denis Cardinaux
          Denis Cardinaux

          Bonjour, toute prise de position signée par un nom d’auteur engage la responsabilité de celui qui l’écrit. D’autre part, je vous prie de considérer que je ne tiens pas particulièrement à défendre monsieur F. Fillon, mais que l’articel réagit fortement à l’organisation du scandale dans la presse, et qu’il est en substance – merci de le relire – un questionnement sur le fonctionnement des médias. L’article a été écris et publié avant la défense déplorable dont F. Fillon a fait preuve par la suite. Il ne s’agit ni d’une canonisation ni d’une prise de position politique, bien que le titre soit un peu provocateur. Bien cordialement. 

  8. Antoine Rigalleau

    Je reviens donc au thème de la "vraie liberté de la presse", un peu égaré par les précédents commentaires. (Même si j'aurais bien aimé aussi approfondir le volet politique).

    Désolé si le terme de "bourgeois catholiques de droite" t'a paru trop fort. Le terme était là pour caractériser des poncifs et donc, par nature, empruntant des stéréotypes tout à fait réducteurs.

    Pour autant, aspirer à une presse plus constructive, plus respectueuse des personnes, respectueuse de la présomption d'innocence, respectueuse des procédures juridiques (en ce sens la fuite de documents sur l'affaire Fillon dans le Monde est encore une fois dégueulasse), n'implique pars forcément de tomber dans le press bashing.

    Oui on peut espérer des hommes et des femmes qui se lèvent pour réaffirmer la présomption d'innocence (le coeur de ton article, si j'ai bien compris). On peut espérer cette liberté. Mais je ne crois pas qu'elle puisse venir de journaux en tant que tels, tellement ils sont liés aux pouvoirs financiers ou politiques. Il n'y a qu'a simplement regarder la "deuxième" affaire Fillon avec la Revue des Deux-Mondes… où là aussi le copinage, l'esprit de salon parisien paraissent être coutumiers.

    Comme disait un copain "Lire Minute en essayant d'y trouver du raisonnement, c'est comme lire Playboy en espérant y trouver un appel à la pureté".;-) On a donc, je pense, comme pour les politiques, la presse que l'on mérite.

    Pour cette campagne particulière et pour le reste aussi, j'ai choisi d'écouter principalement France Culture, et de temps en temps toutes les radios généralistes pour avoir différents sons de cloches (Europe 1, France Inter, RTL et les grandes gueules de RMC). Et puis je reste le plus possible sur de la presse indépendante (Revue Limite, site web Reporterre, blog de Patrice de Plunkett) et enfin des vidéos youtube que des proches peuvent me recommander (ma principale tâche étant quand même la vie de ma petite famille, je conviens que cela pourrait être plus exaustif).

    Ce midi j'ai entendu Emmanuel Todd qu'il trouvait que les programmes politiques de cette campagne étaient vraiment creux et qu'il trouvait que "les journalistes (C dans l'air, plateaux de BFMTV) essayaient de rappeler les experts et les politiques à la raison". Il "ne voulait pas participer à la curée anti-journalistique, sauf pour le journal Le Monde" (et son système de classement d'un autre âge). Il décrivait un moment "vide" de l'histoire, une incapacité à préparer l'avenir et organiser le présent.

    Je me réjouis quand à moi de voir certainement une fin de la bipolarisation de la vie politique française, une fin du professionnalisme politique, moins de cloisonnement, etc.

    Enfin je ne connaissais pas, ou avait oublié ce petit côté provoc, cher Denis, qui t'a fait titré ainsi ton article 😉 Mais effectivement, force est de constater qu'il a provoqué un peu de débat et pas mal de réflexion. Merci pour cela.

    1. Denis Cardinaux
      Denis Cardinaux

      Cher Antoine, je te remercie pour ton intervention. Merci aussi de livrer la manière avec laquelle tu appréhendes l’actualité. C’est précieux. La prise de conscience de la situation des médias nous pousse en effet à développer des vertus de jugement et de discernement. C’est le pendant de ce « vide de l’histoire », de cette « incapacité à préparer l’avenir et organiser le présent » que tu évoques. Un beau défi. 

      Cette prise de conscience existe parce que nous avons un accés facilité à d’autres voix. Et cela nous rappelle que nous avons un jugement et que nous pouvons l’exercer. La fin des réalités que tu cites est contemporaine de cette révolution internet qui commence à peine à dévoiler ses enjeux (au delà de la peur légitime du « big borther » et des manipulations de masse comme on l’a vu dans certains pays). 

      Du côté des hommes politiques, quelques uns comme Asselineau ou Mélanchon l’ont perçu et se lancent dans un travail de fond. Une pédagogie directe beaucoup plus intéressante que tout ce que nous avons pu voir jusqu’alors (en bref : séduction, programmes à la louche, gargarisions de circonstances, rhétorique sophistique et promesses sans consistance auxquelles les soumettent la logique médiatique). Certains autres tentent d’occuper la place, mais ils sombrent vite dans l’écueil du marketing de campagne (internet à sa morale, on ne pardonnera pas à un politicien de se comporter comme un youtubeur de divertissement). Bon an mal an, ces deux là s’efforcent d’informer sur leurs intentions, d’expliquer leurs positions avec courage et de décrypter les enjeux que M. Tout-le-monde ne peut pas toujours avoir en tête.

      En cela, des possibilités se font jour qui compenseraient avantageusement la situation. Les médias n’ont pas de mémoire, mais ils commandent le présent. Or internet est redoutable : en 2 clics, on ouvre les placards, on corrobore (avec aussi les risques que cela représente : simplifications et manipulations). Pour peu qu’ils aient assez de fond, si un ou deux autres candidats avaient la possibilité de se lancer dans ce genre d’exercice, cela les obligeraient à être plus conséquent et les aideraient sans doute à se libérer de la dictature de l’émotion. Ils seraient passablement plus libres des logiques de partis et pourraient ainsi mieux projeter l’avenir (je rêve que Fillon le fasse, car les médias ne sont pas son fort, comme le soulignait avec justesse Marie MCD ci-dessus). Cela aiderait aussi les français à prendre au sérieux l’engagement de ces hommes. Quant aux médias, ils seraient obligés de se reprendre pour ne pas disparaître et ont pourrait espérer qu’ils recommencent à assumer leur mission de service de la vie politique et de la vérité. 

      Au plaisir de te relire ! 

  9. paulo

    Merci pour cet article et ces débats qui nous concernent: François Fillon étant l'un des derniers catholiques assumés actuels.

    Personnellement, je trouve aussi que sa gestion personnelle n'est pas l'enjeu, mais bien plus ce que l'on attend du prochain candidat dans un tournant où il sera de plus en plus compliqué de choisir entre diverses formes de libéralisme, qui paraissent être la clé de l'emploi, et le développement durable dont le besoin se fait de plus en plus sentir.

    Malheureusement, la discrébilisation organisée des candidats compétents risque de laisser libre court aux plus extrémistes dont les dérives pouraient anéantir des décénies de construction européenne et sociale.

  10. Chemakh Ahmed

    Bonjour.Je ne suis pas Catholique,ni affilié à un parti politique,mais l'arrogante caste mediatique,les "juges" de la caste mediatique,beneficiant de 30% de reduction d'impots supplementaires,ne sont plus crus,sauf par une infime partie de la  population.Cette arrogante caste mediatique,parisienne,monstrueuse de calomnies,bouffie Champagne et autres poisons,que je ne citerais pas,n'a pas encore compris,que la population ne veut plus des BHV et compagnie(pas de haine),qui ont detruit la Lybie du President Khadafi,qui nous protegait des  endoctrinés de la pseudo guerre sainte,des faux refugiés,venus en masse,par bateaux entiers,d'Afrique,avec leurs conflits inter-ethniques,et leur excès,ont echoué,à detruire la Syrie,du President  El Assad,qui nous protegeait,lui aussi,de ces fous de Dieu.Ca sent la fin de dictature,pour cette caste mediatico-mondaine,et ces quelques  faiseurs de guerres,qui s'engraissent,en utilisant des voyous,pour tout detruire.J'ai pour souvenir,la phrase de cet azrrogant ministre,non elu,se feliciatant,que les decapiteurs drogués aux anphetamines,d'Al Qaeda,"font du bon boulot".Peu m'importe,les represailles judicaires,menaces,et autres sanctions finacières.Cette arrogante caste mediatico-mondaine,arrive à sa fin,avec une population,en colère,d'avoir eté sous une dictature de la pensée.J'espère voir,un jour le detestable BHV,devant un Tribunal internatioanl,pour crimes de guerre,terrorisme,mais comme pour l'autre ministre,sans honte,responsable de la vente de sang contaminé,jugé "responsable mais non coupable",peut-on jamais esperer.Je ne fais pas de politique,mais je prefère voir Fillon,plutot qu'un "micron" politicien de seconde zone,diriger une puissance mondiale.J'irais voter contre cette arrogante caste mediatique.Bien que faisant pas de politique.