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Rien de particulier ne se présentait au matin du 13 mai 1917 pour les trois petits cousins.  Lucie, François et Jacinthe, nés en 1907, 1908 et 1910, étaient bergers. Ils emmenaient les moutons des deux familles auxquelles ils appartenaient pour passer la journée dans les montagnes. Le ciel était ensoleillé et le programme était simple : trouver un lieu où les moutons pouvaient paître, manger ensemble le déjeuner frugal préparé par leurs mères, et, après le chapelet qu’ils priaient chaque jour, jouer et passer le temps jusqu’au retour à la maison. Nien qu’un un ange leur était apparu entre les mois d’avril et octobre 1916, se présentant trois fois comme « l’Ange de la Paix », rien ne pouvait les préparer à ce qui allait se passer.

La première apparition

C’était un dimanche. Après la sainte Messe dans la paroisse de Fatima, ils décident d’aller jusqu’à la « Cova da Iria », le climat printanier le permettant et les moutons pouvant paître tranquillement dans cet espace de doux pâturages, en forme de théâtre romain.

Mais, avant d’arriver à la hauteur qui domine la “Cova”, une lumière les aveugle pendant quelques secondes. A quelques pas, sur un chêne, ils aperçoivent soudain une Dame, vêtue d’un blanc lumineux. « N’ayez pas peur, je ne vous ferai aucun mal ». Dans ses mains, en position de prière, à la hauteur de la poitrine, un chapelet. A ses pieds, deux roses et un voile doré la recouvrait depuis la tête jusqu’aux pieds. C’étaient ses premières paroles.

C’est Lucie (cousine des deux autres bergers) qui osera les premiers mots : « D’où vient-elle? ». « Du ciel » sera la réponse. Lucie demande alors : « Pourquoi êtes-vous venue jusqu’ici? ». La Dame répondra : « Pour vous demander de venir ici durant les prochains six mois, le 13 de chaque mois, à cette heure-ci. Après, je vous dirai qui je suis y ce que je désire, puis, je reviendrai une septième fois. ».

Les trois bergers vivent cette apparition de manière différente : Lucie voit la Dame, l’entend et lui parle, Jacinthe la voit et l’entend, François peut seulement la voir, et ne pourra discerner ses paroles qu’à travers ce que lui raconteront ses cousines.

Lucie demande à la Dame s’ils iront au ciel; la réponse est claire. Les bergères iront immédiatement. François « devra dire son chapelet ».

La Dame demande alors aux bergers : « Voulez-vous offrir à Dieu toutes les souffrances qu’il désire vous envoyer en réparation des péchés dont Il est offensé et pour demander la conversion des pécheurs? » La réponse de Lucie est claire et rapide : « Oui, nous le voulons ». Ils écoutent alors la Vierge dire : « Vous devrez donc beaucoup souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre consolation ».

Après avoir demandé aux trois bergers de réciter le chapelet tous les jours pour obtenir la paix et la fin de la guerre, la Dame commença à s’élever et disparut dans le ciel[1].

Le 13 octobre 1917

Depuis des mois, l’apparition de « Nossa Senhora de Fatima » continue. Des personnes de tous les coins du Portugal et de toute classe sociale se retrouvent à la « Cova de Iria » pour participer à cette dernière apparition aux trois bergers. Après des mois et des mois de persécutions politiques et policières, de difficultés avec le monde ecclésial de la région et les multitudes de pèlerins qui s’attroupent autour d’eux pour les voir et les toucher, ils arrivent jusqu’au chêne pour voir la Dame. Ils sont presque 70.000 personnes sous une pluie constante.

La Dame apparaît à midi et Lucie demande : « Madame, qui êtes-vous et que désirez-vous ? » ; elle répond : « Je suis la Dame du Rosaire ; je voudrais une chapelle construite ici en mon honneur ; que vous continuiez à prier le Rosaire tous les jours. La guerre prendra fin et les soldats rentreront chez eux ; les hommes ne doivent plus offenser le Seigneur, qui est déjà si offensé ».

Pendant que les bergers voient la Vierge dans le ciel, en compagnie de la Sainte Famille (Jésus et Joseph), les autres pèlerins qui sont présents, se rendent compte avec stupeur que le soleil commence à tourner de manière incontrôlée et s’approche de la terre. Beaucoup crient : « Miracle », d’autres s’agenouillent et confessent leurs péchés publiquement, d’autres prient en silence. Finalement, le soleil recule et revient à son lieu habituel. A ce moment, toutes les personnes présentes se rendent compte que leurs vêtements et le sol, jusqu’alors trempés, sont secs. Ce dit « miracle du soleil » n’aura pas seulement été aperçu par les personnes présentes à la « Cova da Iria ». A plus de vingt et cinquante kilomètres, d’autres témoins se manifestent.

Message

Les trois bergers ont raconté avec beaucoup de simplicité ce que la Vierge leur a transmis. Ce qui, premièrement, attire l’attention, c’est Sa sollicitude pour le futur de l’humanité, menacée par différents fléaux. Ceux-ci peuvent être évités par la prière du Rosaire, la pénitence et deux actes qu’Elle demandera plusieurs fois : la consécration à son « Cœur Immaculé » et la construction d’une chapelle en son honneur, où viendront en pèlerinage les plus pauvres, ceux qui souffrent et les pénitents.

A cause de la guerre et de la pauvreté du lieu, il faudra attendre 1919 pour que les demandes de la Vierge commencent à être exaucées par la construction de la chapelle. Mais François et Jacinthe meurent très vite, atteints de la grippe espagnole (1919 et 1920). Il faudr attendre encore pour que le pelerinage et l'appartion soient reconnus et que l'humanité soient consacrées au "Coeur immaculé de Marie". Et bien plus longtemps encore pour qu’un Pape, très dévot de la Vierge, parle ouvertement et décide de publier les secrets que la Vierge avait révélés aux bergers et que Lucie avait conservé, jusqu’à ce que le moment opportun soit signalé[2].

(A suivre…)

 


[1] Mémoires de Sœur Lucie, édité par p. Luigi Kondor SVD, Secretariado dos Pastorinhos.

[2] Le Message de Fatima, Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Librairie Editrice Vaticane -Cité du Vatican 2000, p. 2.

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