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Végan : l’alimentation en question

Entre les préoccupations grandissantes quant au contenu de notre assiette, les risques pour l’environnement et les scandales sur les conditions de traitement des animaux, beaucoup se posent la question de moraliser leurs habitudes alimentaire. De nombreuses personnes deviennent végan, mais cela implique une philosophie, une manière de voir le monde. Être végan provoque. Qu’est-ce que cela veut dire ? 

Une question éthique 

C'est dans les années 1940 que l'anglais Donald Watson crée le mot "vegan" en utilisant les premières et dernières lettres de "vegetarian". Il fonde ainsi la Vegan Society dont le mot d'ordre est le suivant : « Le véganisme est la doctrine selon laquelle les humains doivent vivre sans exploiter les animaux ». 

A la fin des années 1970, Donald Watson va plus loin en déclarant que les animaux ne doivent être utilisés ni pour la nourriture, que ce soit la viande, le lait ou encore le miel, ni pour l'habillement, et qu'ils ne doivent en aucun cas être exploités et traités avec cruauté, par exemple pour des recherches médicales ou la fabrication de cosmétiques. On peut alors parler de végétalisme intégral. Il s’agit d’une posture vis à vis de la dignité du règne animal considérée comme un absolu.  

Sur ce point, les dérives idéologiques ne manquent pas, comme le démontre l'engouement pour le livre d'Aymeric Caron, L'antispéciste (2016), dans lequel il défend l’attribution ûde droits fondamentaux aux animaux et l’établissement d’une « biodémocratie », base d'une nouvelle « République du vivant ». 

Si de telles postures paraissent excessives, elles invitent tout du moins à repenser notre rapport à la nature dans un contexte hyperindustrialisé. En ce sens, le véganisme peut être perçu comme une réaction à un rapport blessé à la création.

Vidéo : Complément d'information sur la production industrielle des produits animaux. 

Une question de santé

Au-delà des aspects éthiques et environnementaux, beaucoup de personnes deviennent végan pour des questions de santé. 

Certains acquis sont par là remis en question. Le lait de vache est-il vraiment bon pour notre organisme ? Les protéines nécessaires sont-elles toutes de natures animales ? A-t-on vraiment besoin d’autant de protéines animales pour vivre ? Le véganisme dénonce les excès d’une alimentation dite normale : nos besoins en protéines ne dépassent pas 10 % de notre consommation quotidienne. 

De fait, l'absence de viande prônée par le régime végétalien entraine une diminution de l'absorption des acides gras saturés et du cholestérol. Par ailleurs, les végans mangent plus de fruits et de légumes, ils consomment donc plus de fibres, de vitamines et d'antioxydants, qui participent à maintenir un corps en bonne santé. Enfin, l’expérience semble montrer que ce régime permet de réguler le fonctionnement de notre corps sur un certain nombre de points sans avoir besoin de recourir aux médicaments (surpoids, acné, ostéoporose…). 

Il est par ailleurs possible de manger des produits d'origine animale de manière saine et respectueuse de l’environnement, mais dans notre contexte, cela implique aussi un changement des habitudes de consommation (valorisation de l’agriculture biologique et des circuits courts pour manger moins, mais mieux…).

L’ombre des carences

Les objections des diététiciens concernant le régime végan sont nombreuses et concernent en premier lieu le risque de carences en protéines et le trop plein de sucres. Ainsi, les enfants à qui les parents imposent un régime végan incomplet peuvent en souffrir gravement. 

Par ailleurs, pour retrouver une bonne santé, le régime végan n'est pas suffisant. Il n’implique pas seulement un changement des habitudes alimentaires mais également une adaptation globale de l’hygiène de vie : qualité du sommeil, bonne condition physique pour la régulation du système lymphatique et bonne hydratation. Il font donc compenser les carences liées à ce régime, ce qui engendre un certain nombre de difficultés.

Quoi qu'il en soit, le véganisme n’est pas une solution magique. Il ne peut garantir à lui seul une bonne santé, ou la solution des problèmes environnementaux. Mais la présence sans cesse grandissante de personnes adoptant ce régime nous invite à mettre de la raison dans la satisfaction de nos appétits en posant des questions importantes concernant les excès de nos habitudes alimentaires.

Article écrit en collaboration avec Klaudia Bartocha

 

 

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