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Quelques lumières sur la crise politique allemande

« Il vaut mieux ne pas gouverner que mal gouverner ». Par ces mots, Christian Lindner, le président du FDP, annonçait dans un communiqué de presse le 19 novembre dernier l'échec des pourparlers en vue de la mise en place d’une coalition gouvernementale, déclenchant ce qui s’annonce être une crise nationale majeure.

Comment en sommes-nous arrivés là ? 

Il faut remonter assez loin en arrière pour porter un jugement réel, loin des poncifs et slogans actuels dont le débat public est abreuvé.

 

Les premières « années Merkel »

Revenons tout d’abord sur les premières années de Mme Merkel comme chancelière. En 2005 le SPD 1)Parti Social Démocrate, voir note 4. de Gerhard Schröder perd les élections. Les réformes Hartz destinées à rendre le marché du travail et le système social allemands plus durables, ont fait chuter dans les sondages le gouvernement rouge-vert (socialistes et écologistes), sapant notamment la confiance de la base du SPD. En effet l'allocation de chômage a été fortement réduite ; les possibilités pour les entreprises de recourir à des contrats de travail à durée déterminée et à petite échelle ont été étendues ; l'âge de la retraite a été augmenté. Ainsi, malgré une campagne très engagée, menée par Mr Schröder, le SPD perd les élections. Le CDU 2)Union Chrétienne Démocrate, libéral-conservateur, voir note 4. de Mme Merkel, bien que vainqueur, perd aussi beaucoup de voix.  

Du fait de l’entrée en force au parlement du jeune parti « Die Linke » 3)« La Gauche » descendante du SED (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands), parti de gouvernement de l’ancienne RDA. sous la direction d’un ancien membre du SPD Oskar Lafontaine, il n’est plus possible de constituer une majorité gouvernementale avec les coalitions classiques Noir-Jaune 4)Les partis politiques en Allemagne sont associés à une couleur. Noir : CDU (Christlich Demokratische Union), démocrates-chrétiens. Jaune : FDP (Freien Demokratischen Partei)  aussi appelés les libéraux. Rouge : SPD (Sozialdemokratischen Partei Deutschlands), socio-démocrates. Vert : Die Grüne, écologistes. (conservatrice, alliance des démocrates-chrétiens et des libéraux) ou rouge-vert (progressiste, alliance des socialistes et des écologistes). C’est là que pour la première fois voit le jour le projet d’une grande coalition, formée par les deux poids-lourds du parlement allemand, CDU et SPD (un peu comme si nos LR et PS s’alliaient pour gouverner).

Le nouveau gouvernement dirigé par Mme Merkel doit prendre de nombreuses décisions importantes en un bref laps de temps, puisqu’en 2007 survient la crise financière. L'économie allemande résiste à cette dernière, grâce notamment aux réformes Hartz du gouvernement précédent. Suite aux élections de 2009, la grande coalition est remplacée par une coalition de la CDU-FDP. Le Parti libéral, pointu sur les sujets économiques et financiers et mené par Guido Westerwelle un homme talentueux, avait acquis une popularité durant cette période d'opposition qui lui permit d’obtenir 15% des suffrages.

Des évènements à ne pas oublier

C’est alors que surviennent trois événements d’une grande importance pour comprendre les discussions actuelles :

  • Le 11 mars 2011, suite à la catastrophe du réacteur de Fukushima, le gouvernement noir-jaune change complètement de direction. Alors que le projet d’abandon du nucléaire porté par la coalition rouge-verte avait été ajourné, il devient d’un coup une priorité et sa mise en place dans les plus brefs délais met le pays devant un problème énergétique majeur. Les énergies renouvelables (outre-rhin, surtout solaire, biomasse et éolien) n’étant pas en mesure de couvrir les besoins de son industrie, l’Allemagne se voit contrainte d’acheter de l’électricité en France et en République tchèque.
  • Le 27 septembre 2012 est créé le mécanisme européen de stabilité, plus connu sous le nom d’opération de « sauvetage de l’Euro ». Par là est créé un organe dans la zone euro afin de fournir des prêts et des garanties aux États lourdement endettés. Un passif de dette commune est ainsi institutionnalisé, ce qui remet totalement en cause les règles du droit, établissant une situation de fait contraire même aux principes régissants l’Euro. Nous connaissons les conséquences sociales dramatiques de cela, notamment en Grèce, simplement pour satisfaire aux critères de stabilité. Pendant ce temps, aucune opposition n’élève la voix au parlement, les partis « de gauche » étant trop préoccupés de professer leur credo pro-intégration européenne.
  • Dès le début du soi-disant « printemps arabe », alors que la division des gouvernements européens sur l’attitude à adopter est manifeste, Guido Westerwelle, ministre allemand des Affaires étrangères, s’oppose à l’engagement de l’Allemagne dans la résolution de l'ONU pour une intervention en Libye en mars 2017. La suite montre combien les positions autour de cette question, tant au niveau européen que national, continuent de diverger. 

La nouvelle donne de 2013 

Décrédibilisé par ces années de gouvernement et des scandales, le FDP perd aux élections suivantes, en 2013, sa place au parlement. C’est au cours de ces mêmes élections qu’un nouveau parti entre pour la première fois dans le débat public, modifiant considérablement la teneur des discussions : il s’agit de l’« Alternative pour l’Allemagne » (AFD). Sous la direction de Bernd Lücke, ce parti plutôt intellectuel a pour ambition de changer les perceptions notamment en affichant sa volonté d’un retrait de l’Euro. Comme le FDP, ils échouent cependant à atteindre les 5%. Ce qui conduit à la mise en place d’une nouvelle grande coalition et à la disparition une fois encore d’un réel contre-poids politique au parlement, garant du bon fonctionnement des institutions. Cette absence fut particulièrement manifeste au début de la crise des réfugiés. Quatre ans après l’éclatement de la guerre civile en Syrie, le gouvernement semblait presque surpris devant l’immense vague de réfugiés venus en Europe avec pour objectif l’Allemagne. C’est alors que, le 4 septembre 2015, Angela Merkel décide de l’ouverture de la frontière allemande, ne s’étant concertée au préalable qu’avec l’Autriche et la Hongrie. Elle appelle alors les citoyens à faire preuve de générosité dans leur accueil, affirmant que l’Allemagne est un état fort, capable d’assimiler une telle vague.

Au sein du Parlement, aucune opposition ! L'idéalisme des Verts et de la gauche exclut toute contestation sur une question pourtant inédite et largement incontrôlée. Le FDP n’étant plus au parlement et ne s’étant pas encore relevé de son échec, le « non » à l’accueil de millions de réfugiés devint alors le nouveau credo de base de l'AfD. Un changement dans l’équilibre des forces se produit alors incidemment au sein du parti : l'aile conservatrice nationale de Frauke Petry supplante l'aile eurosceptique dirigée par Bernd Lücke à la tête du parti. C’est à partir de ce moment que l’AfD est stigmatisé comme parti « populiste de droite » avec un penchant pour le national-socialisme. Toute critique à la politique sur les réfugiés semble alors interdite par les médias au risque de tomber sous le coup de cette stigmatisation. Horst Seehofer, leader politique CSU (le parti allié à la CDU en Bavière), s’y essaie, puis retombe dans un mutisme qui semble dicté par la solidarité partisane. Puis c’est au tour de Christian Lindner, étoile montante du FDP, d’en faire un sujet phare et ainsi de revenir sur le devant de la scène avec une approche moins caricaturale que l’AfD. 

Frauke Petry, autrefois membre de l’AfD
 

Il faudrait encore ajouter un mot-clef caractéristique de cette période, celui de « démobilisation asymétrique ». Il décrit la stratégie de la CDU de Mme Merkel en vue des élections. Celle-ci consiste à approcher son programme des positions socio-démocrates pour gagner les électeurs rouges (SPD), misant sur le fait que les déçus d’une telle stratégie n’iront pas voter. Ce qui dans le système proportionnel allemand doit au final la conduire à gagner des sièges au Bundestag. Un bon exemple de cette stratégie est le passage en force du « mariage pour tous » au parlement, contre lequel elle s’était pourtant fermement prononcée au début de la législature.

Etat des lieux des partis à l’approche des élections 

Au début de cette année, le SPD reçoit un nouveau chef en la personne de Martin Schulz, ancien président du parlement européen. Plutôt méconnu des allemands, il se présente comme le représentant des petites gens et européiste convaincu. Cette apparition est accompagnée d’un grand battage médiatique : tous les journaux louent le possible futur chancelier, affirmant que les valeurs social-démocrates sont plus que jamais plébiscitées, ce qui devrait être confirmé par de nombreuses nouvelles adhésions. Cependant au cours des mois suivants, le SPD perd plusieurs élections locales (Sarre, Schleswig-Holstein, Westphalie du nord) et la « vague Schultz » reflue. Les élections locales, indicateurs souvent valides des tendances nationales, ont démontré ces dernières années que les coalitions gouvernementales peuvent se former sur des motifs inédits et bien plus variés qu’auparavant, notamment la coalition dite « jamaïque » (noir-jaune-vert, les couleurs du drapeau jamaïcain, désignant donc l’alliage improbable des libéraux, chrétien-démocrates et écologistes). 

A l’approche des élections, les lignes bougent aussi du côté de l’AfD. On observe des tensions au sein du parti, entre d’un côté Frauke Petry qui défend sa « realpolitik » et d’un autre Alexander Gauland, farouche tenant d’une « opposition fondamentale ». Est notable d’autre part l’effort conjoint de tous les acteurs publics, médias, partis, mais aussi représentants ecclésiaux, pour tendre autour de l’AfD notre fameux « cordon sanitaire ». Ce climat contribue sans doute à faire gagner l’option « opposition fondamentale » au sein du parti. De plus en plus, on passe à la provocation continuelle contre l’establishment et le « politiquement correct », au détriment de critiques constructives.

En parallèle, les autres partis mettent en place leurs thèmes et leurs figures. Au FDP, Christian Lindner, jeune, présentant bien, orateur talentueux, veut marquer des points en rejetant le brutal revirement énergétique, proposant une loi sur l'immigration et l'arrêt de l'afflux de réfugiés, intensifiant la numérisation et militant pour l'abolition de la contribution de solidarité (un impôt exceptionnel à la source d’environ 10 milliards d’euros par an justifié par le poids de la réunification, puis jamais remis en question). Chez les Verts, Cem Özdemir et Katrin Göring-Eckardt se présentent ensemble, avec un programme à bien des égards contraire au FDP (notamment sur la politique énergétique et le regroupement familial des migrants). A noter leur forte opposition aux moteurs diesel suite aux scandales récents qui ont frappé l’industrie automobile. 

Christian Lindner, FDP.
 

Les programmes des SPD et CDU demanderaient un examen plus approfondi. Le slogan du SPD, « Le temps est venu de plus de justice», n’est pas précisément limpide. Selon les sondages d’ailleurs, seule une minorité d’allemands se sent injustement traitée. On en reste sinon aux thèmes habituels, abaissement de l'âge de la retraite, taux d'imposition supérieur, ou encore abolition des caisses privées d'assurance maladie. Au CDU, la devise officieuse est  « Continuons », l’officielle : « Pour une Allemagne dans laquelle nous vivons bien et volontiers ». C’est essentiellement Angela Merkel qui est mise en avant. Les deux partis se présentent comme fermement européens, on remarque d’ailleurs à l’occasion des débats que peu de choses les opposent.

Il n'y a pas grand chose à dire sur « die Linke ». Plus d'argent pour les pauvres, moins pour les riches. Plus d'égalité dans tous les domaines. Le programme n'a pas tellement évolué. La question majeure de ce parti est la succession d’Oskar Lafontaine. 

Résultat des élections de septembre dernier

Le résultat des élections constitue une déroute tant pour le CDU (32,9%) que pour le SPD (20,5%), leur score le plus bas depuis les premières élections ayant suivi la guerre, en 1949. Suivent l’AfD (12,6%), le FDP (10,7%), Die Linke (9,2%) et Die Grüne (8,9%). Le SPD annonce immédiatement son passage dans l’opposition, attribuant sa défaite au trop long temps de collaboration avec le CDU. Des négociations en vue d’une coalition « Jamaïque » sont donc nécessaires, mettant à une même table CDU, FDP et verts. Malgré tous les efforts en vue de constituer une majorité capable de gouverner, de fortes divergences demeurent, les « 3 E » : Immigration (Einwanderung), transition énergétique (Energiewende) et Europe.  

Le dimanche 19 novembre peu avant minuit, Christian Lindner tire le signal d’arrêt d’urgence : « Il vaut mieux ne pas gouverner que mal (falsch) gouverner ». Il démontre ainsi sa conviction que de participer à un gouvernement sans pouvoir en aucune façon y faire entrer ses propres vues ne sert à rien ni à personne. Le CSU et les Verts ripostent en prétendant qu’il existait déjà un accord, que Lindner briserait ainsi.

Une semaine durant les journaux bruissent de titres alarmistes, crise d’état, instabilité du pays, décrédibilisation des institutions, le tout rapporté aux temps de sinistre mémoire de la République de Weimar. La stabilité de la politique intérieure et extérieure de l'Allemagne semble être en jeu. Les médias attribuent aux libéraux la responsabilité de la crise. La question surgit, angoissante pour beaucoup du fait de l’histoire : comment l'Allemagne sera-t-elle gouvernée ? Y aura-t-il de nouvelles élections ?

Demeurent à l’heure actuelle beaucoup d’incertitudes. Les sociaux-démocrates soufflent le chaud et le froid, parfois à nouveau prêts à une grande coalition (mais à la condition que celle-ci soit plus rouge que noire, alors même que le SPD est le plus petit parti), parfois catégoriquement opposés à celle-ci. Il est de toutes façons peu probable que la nouvelle coalition gouvernementale se soit constituée d'ici janvier prochain. Et puis on attend toujours la consultation de la base du SPD, qui pourrait aller contre la direction actuelle du parti.

Mais alors qu'apportent ces élections, si tout reste comme avant ? 

Certes, une coalition avec une majorité beaucoup plus mince au parlement ne gouverne pas de la même façon. On peut ainsi espérer qu’une culture du débat au parlement et dans la population s'instaure à nouveau. Avec la montée en puissance du FDP et de l’AfD, qui viennent combler un réel manque dans l’opposition, l’éventuelle grande coalition peut s’attendre à pas mal de vent debout. L’absence totale d’alternative qui a régné ces dernières années, minant la culture politique, devrait donc enfin cesser (Cette absence de consensus est beaucoup plus dramatique pour les allemands que pour nous français, tant nos amis d’outre-Rhin croient fermement en la perfection politique incarnée par la démocratie parlementaire. Leur foi en la raison, garante de la culture du consensus, est le pilier de l’« État de droit », nous oserions dire quasiment divinisé dans l’inconscient collectif allemand. D’où la panique provoquée par l’échec des négociations, ndt).

Terminons par un mot sur la presse. Le mot « presse du mensonge » était cette année sur toutes les lèvres. Aussi bien les grands quotidiens que la télévision d'État subventionnée étaient devenus les porte-parole de la politique du gouvernement, dictant ce qu’il était permis de penser. Il sera intéressant d’observer le traitement réservé par ces grands médias au FDP, désormais grand parti d’opposition. Dans la même période cependant, de nouveaux organes de presse d’une toute autre tendance politique ont pu émerger, ce qui atteste d’un certain renouveau de la presse. Les points de vue Cicero (Cicéron) et de Tichy sont à ce titre particulièrement remarquables. 

Pour conclure, l’Allemagne se trouve au seuil dune période importante, remuante. On ne peut qu’espérer un mouvement venu du « pays réel », sous forme par exemple d’organisations civiques, capable de prendre les devants afin de refaçonner la politique du pays.

References   [ + ]

1. Parti Social Démocrate, voir note 4.
2. Union Chrétienne Démocrate, libéral-conservateur, voir note 4.
3. « La Gauche » descendante du SED (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands), parti de gouvernement de l’ancienne RDA.
4. Les partis politiques en Allemagne sont associés à une couleur. Noir : CDU (Christlich Demokratische Union), démocrates-chrétiens. Jaune : FDP (Freien Demokratischen Partei)  aussi appelés les libéraux. Rouge : SPD (Sozialdemokratischen Partei Deutschlands), socio-démocrates. Vert : Die Grüne, écologistes.
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2 Commentaires

  1. Bruno ANEL

    "Il vaut mieux ne pas gouverner que mal gouverner " . J'ai trouvé cette déclaration de Christian Lindner assez irresponsable : quand on obtient 12% des voix, il est évident qu'on a pas de mandat des electeurs pour appliquer l'intégralité de son programme. Le président fédéral Franz Walter Steinmaier a eu raison de rappeler les partis à l'ordre: quand on se présente aux suffrage universel, c'est pour gouverner. Le comportement des sociaux-démocrates est beaucoup plus responsable. Aprés une lourde défaite, ils souhaitaient entrer dans l'opposition. Sur la demande du président, ils ont accepté de négocier une nouvelle coalition avec les chrétiens-démocrates. Il faut d'ailleurs se demander s'il s'agit encore d'une "grande" coalition : CDU-CSU et SPD n'ont obtenu, à eux deux, que 52% des voix.

  2. PB

    Je suis desolé que je n'ai pas la capacité de répondre en français, donc je vais le faire en anglais.

    I cannot agree to this critique whose central argument is that a party has a responsiblity to be part of a goverment. Because it follows a twisted view on what responsibility is. 

    Responsibilty for a politician means that the first goal should be that the country should steer as far as it is possible into the right direction. Thus there is a way to be responsable participating in the goverment and on the other hand being part ot the opposition. 

    This is the reason, why it is not responsable to build a goverment which goes in central points against the own convictions. Of course it is necessary to weigh, if with own participation in the goverment or without the country would drift in a better direction.

    And in my opinion the leaders of the party did this. They weighed the consequences and had to recognize, that there were more possibilities to form the country according to their thougts in the opposition.
    This wouldn't be responsable if Germany would fall in a political desaster. Buf if the two possibilities were Jamaica-koalition or grand coalition, which have to 90% the same programme. It is actually possible to form the country making strong opposition.  And as I mentioned in the article, in the last four years there was a lack of opposition.

    Now one could say that it is not sure that a grand coalition will be possible. And therefore the liberal party destroyed the only possible way of a goverment only with the wish to be closer to there convictions. Then the reply would be that there is a possibility of a minority-goverment that would need to search for a majority for every law. Would then the country be not stable anymore? I don't think so. It would than only not be possible, that some ministers would decide important laws almost by their own knowing that all members of the coalition will normally obey. 

    And in the German public discussion there is actually this displacing, that it is done to speak about responsibiliy without the wish to look at the topics. And good examples for this are the questions asked to Lindner in the German television after he rejected to build a goverment. It can be seen here.