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Processions brésiliennes : « Nous marchons parce que nous avons de l’Espérance ».

Cynthia Miranda, volontaire argentine en mission au Point-Cœur du Brésil depuis 9 mois, partage dans cet extrait de sa Lettre aux parrains, son expérience de pèlerinage intérieur à travers les processions et l’amitié avec le peuple brésilien qui lui est confié.

 

 

J’ai déjà perdu le compte du nombre de processions auxquelles nous participons. Pour les grandes fêtes, on loue un camion sonorisé (généralement celui qui porte l’inscription « Fogo ardente » ), on organise la communauté paroissiale et … en marche ! En voici quelques-unes, parce qu’il y en a beaucoup d’autres. Lors du dernier pèlerinage, nous avions jusqu’à 5 camions sonorisés ! Lorsque nous avons participé à la procession pour les fêtes patronales de Saint-Michel, j’étais là, priant, chantant et dansant. Puis je me suis demandée… Pourquoi marchons-nous ? Et la réponse n’a pas été longue : parce que nous avons de l’espérance. Celui qui n’attend pas, ne se met pas en mouvement. Il ne bouge pas, il ne marche pas. D’un autre côté, ceux qui ont de l’espoir se lèvent et marchent. Mais pas sans but. Notre but : l’éternité. Tout comme le peuple d’Israël … nous sommes une Église qui marche dans l’espérance d’une promesse. Et c’est un chemin de difficultés, de tristesse, de fatigue … Mais Jésus marche au milieu du peuple. Encourageant, donnant de la force, guérissant les malades, multipliant les nourritures pour que tous soient satisfaits. Certains croient que l’Evangile est une histoire d’événements passés mais non : c’est notre propre vie ! C’est la vie de Notre Église. C’est notre espérance, que Jésus marche au milieu de nous. C’est pourquoi nous chantons et dansons. C’est notre joie : Jésus est présent, avec nous, nous accompagnant dans le pèlerinage vers la vie éternelle. Et lorsqu’il y aura des moments sur la route où nous devrons marcher un peu en arrière, nous marcherons ensemble, car autant de grains de blé font partie du même pain, autant de graines de raisin font partie du même vin, autant il est vrai que chacun de nous fait partie du même Corps. C’est ainsi que nous sommes Eglise. Nous n’avons pas seulement Jésus. Nous sommes là l’un pour l’autre. Quelle bénédiction ! Parce que nous sommes tous distraits, nous sommes tous inconstants dans notre espérance, nous en avons tous assez de marcher … mais nous aurons toujours un frère qui nous offre sa main pour nous lever et pour nous faire avancer, qui nous offre un sourire ou marche simplement avec nous, en silence, mais à côté de nous. C’est pourquoi Jésus insiste tant sur l’importance de la communauté « aimez-vous les uns les autres … ». « Personne n’a plus d’amour que celui qui donne sa vie … » Alors on marche parce qu’on aime : avec Jésus et nos frères, animés par le Saint-Esprit, vers les bras éternellement ouverts du Père.

 

 

Etre une présence qui parle d’une autre présence

Cela va faire 9 mois que je suis en mission, et parfois j’ai la nostalgie de certaines choses : par exemple, j’ai toujours aimé les shows de musique live. Un jour, je suis allée me reposer à la Fazenda, partageant du temps avec Flavia. Elle y vit avec quatre de ses enfants : Eliseo, Isaqueo, Melissa et Maria Eduarda (Dudâ). Ils vivent dans la Fazenda à cause de la violence domestique. On regardait un film, on mangeait du pururú. J’avais Dudâ dans les bras, qui s’était endormie. À un moment donné, j’ai regardé Dudâ, j’ai vu les trois petites têtes d’Eliseo, Isaqueo et de Melissa, penchées vers l’arrière des chaises. Flavia était calme, elle mangeait du pururú… Je ne sais pas comment l’expliquer avec des mots, mes amis…. Mais j’ai ressenti une joie si profonde, si douce. A ce moment-là, j’ai su que j’étais là où Dieu me voulait, faisant Sa Volonté. C’était la quiétude de savoir que j’étais au bon endroit au bon moment. Puis, la nostalgie de la musique forte s’est éteinte par la douce mélodie, le doux murmure du souffle de Dudâ sur mes genoux. Etre une présence qui parle d’une autre présence. Ce n’est pas tellement de faire de grandes choses, mais d’être tout simplement. De se tenir à côté. Cela, aux yeux du monde, passe inaperçu… mais c’est finalement ce qui nous sauve.

 

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