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Dominika nous partage sa passion pour la photographie et la façon dont l’expérience Points-Cœur a aiguisé son regard. 

 

Photo : © Dominika Pruszczyńska

 

La première fois que j’ai consciemment pris un appareil photo en main, c’était à l’âge de 12 ans. Quand j’étais enfant, je venais régulièrement au centre culturel Gryfowski, où je passais des heures à la bibliothèque. Pendant les pauses, je jetais un œil dans la salle où quelques personnes travaillaient à notre journal local. C’est là que j’ai rencontré un homme, qui avait toute une gamme d’appareils différents sur son bureau. Je m’approchais souvent de ce bureau pour voir tous ces objectifs et autres équipements photographiques. Le propriétaire de l’appareil photo remarqua ma fascination et jour après jour me montra leur fonctionnement. Rapidement je me mis moi-même à prendre des photos avec un appareil emprunté. Je me souviens que j’apprenais alors à développer les photos dans une chambre noire, à les faire sécher et, grâce à diverses substances, à obtenir lentement une photo sur du papier humide. Un vrai miracle !

Près de 17 ans après ces événements, je suis partie en mission. Dieu m’a d’abord envoyée en Inde, où les couleurs et la lumière sont plus intenses que dans d’autres parties du monde. Au cours de la mission, j’ai appris à voir non seulement ce qui est coloré et attrayant, mais j’ai également eu l’occasion d’apprendre à voir la beauté d’un homme qui souffre ou se réjouit, à ses yeux, à la façon dont il sourit ou pleure. Il m’a été donné de tomber amoureuse de ma propre vie ainsi que de la vie d’autres personnes.

Puis Dieu m’a envoyée en Uruguay, où il était très important de faire attention au « ici et maintenant ». Chaque jour avec la communauté, nous essayons de voir les « instants décisifs » qui surviennent parfois lors de rencontres avec nos amis  ou avec des étrangers dans la rue.

Le retour de mission fut difficile. Il me fallait accepter la réalité et revenir. Cela fait deux ans que je suis revenue. Le charisme de compassion et de consolation qui m’a fasciné au début de mon voyage avec Points-Cœur s’est « installé » dans mon cœur pour de bon. Et la présence de ce charisme m’encourage à prendre soin de mon regard, pour pouvoir apercevoir ces grands miracles qui nous entourent tout au long de chaque journée. Avec un peu de « jalousie », j’ai regardé mon amie Sabina, qui à l’autre bout du monde parvient à capter le regard d’une autre personne et le présenter dans ses photos. Et ce sont ses « récits » photographiques qui m’ont convaincue d’acheter un appareil photo.

Après quelques semaines, j’ai réussi à me trouver un appareil photo reflex. Et puis ma fascination pour la photographie s’est ravivée encore une fois. Très vite, j’ai appris les règles d’or de la photographie, les possibilités de mon matériel et de tous les objectifs que j’ai. Je photographie tous les jours. Je suis heureuse de chaque opportunité pour saisir un instant dans une photographie. Mes principaux protagonistes sur les photos sont les membres du Points-Coeur de Varsovie et  les participants de l’I-School. Depuis lors, j’ai toujours eu un appareil photo avec moi.

Je ne suis pas très douée pour la photographie, je ne sais pas grand chose sur le cadrage ou la sélection du voile approprié. Parfois, je suis très surprise de ce que je vois dans mes photos : des visages souriants, des émotions, des couleurs, de la lumière. Quelqu’un m’a dit que mes photos montrent ce qui est mon plus grand amour et mon plus grand désir. Au début, j’avais peur de trop me dévoiler. Mais après un moment, j’ai souri et admis que c’était exactement ce que je voulais. D’autant plus que je ne suis pas douée pour parler de mes désirs et sentiments. Et j’ai réalisé qu’il était inutile de le cacher puisque mon plus grand amour, c’est cet autre qui est un cadeau, c’est cet « instant décisif » où la lumière est si belle et intense qu’elle me rappelle cette présence mystérieuse, parfois difficile à percevoir. C’est toute ma joie de sortir dans la rue avec mon appareil photo et de chercher pendant des heures des miracles pour les capturer à jamais.

Le monde connaît de nombreux maîtres en photographie : Vivian Maier, Henri Cartier-Bresson ou Fan Ho. Je peux passer des heures à regarder leurs photos et admirer les visages des gens, pour m’émerveiller des miracles qu’ils ont réussi à capturer. J’ai une fascination pour la photographie de rue, la photographie de théâtre, la photographie abstraite. Je rêve d’avoir un jour la capacité de transmettre ce que je ressens au contact de ceux que je rencontre et de tous ces dons, qui sont autant de beaux signes de cette singulière présence.

Pour ce temps de la Passion, je vous invite à regarder une courte galerie de mes photos sur le chemin du rosaire à Częstochowa.

Voir ici la Galerie photos
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