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de Laurence Aubrun         20 août 2011

Vive les vacances ! Du latin, vacare : « être vide » ! Enfin du temps pour rien… Farniente, dans un hamac sous un pin des Landes ou sous les cocotiers, loin de nous les horloges, les dossiers, le stress et les responsabilités. Déconnexion totale. Sans planning, sans souci, sans impératif, le temps s’arrête. Le jour s’écoule « gratuitement », au gré des saveurs fruitées et colorées de l’été, au son des oiseaux chanteurs. La dolce vita !

Mais le latin propose aussi « être disponible », « se consacrer à… » « s’occuper de… » (que l’on retrouve dans l’expression « vaquer à ses occupations »). Les vacances, c’est aussi le temps libre dont on peut disposer pour faire, enfin, tout ce qu’on n’a cessé de reporter toute l’année : laver la voiture, revoir ce bon vieux film qu’on nous a prêté il y a six mois, dévorer quelques romans ou en écrire un, faire les albums photos, reprendre le footing, vider le grenier et retapisser le salon… Au risque de se retrouver plus éreinté qu’avant !

©E.Petre_Vacances_Frat'Max2011

Si dans un premier temps il est nécessaire de « faire le vide » et de désintoxiquer le quotidien de tout ce qui atrophie nos vies surmenées, les vacances permettent aussi de « faire le plein », de recharger ses batteries pour mieux repartir ensuite dans nos missions et nos métiers.

Sans doute parce qu’elles nous introduisent dans une autre temporalité, les vacances sont le temps privilégié pour renouer les fils parfois distendus de notre histoire. Retour aux sources, et regard vers l’avenir.

Le retour aux sources, pour beaucoup, c’est l’incontournable temps de la famille : rendez-vous dans la maison de campagne de bonne-maman, et plongée dans les souvenirs d’enfance. Souvenez-vous quand nous étions petits, les grandes vacances duraient l’éternité. Entre cabanes et sorties plages (ou chasse aux marmottes, selon le lieu), barbecues et cueillette au verger, c’était le temps d’apprendre à connaître l’histoire de ses aïeux, le terroir d’où l’on est issu, la meilleure façon d’allumer un feu. Journées interminables de soleil ou de pluie, soirées à rallonge autour de parties de cartes, nuit illuminées de concerts et de feux d’artifices… Il faut ces temps longs pour nouer les liens les plus solides avec les grands-parents, les oncles et tantes, les beaux-frères ou belles-sœurs, les neveux et cousins qu’il est parfois difficile de rencontrer dans l’année.

En revenant à l’essentiel, en renouant avec ses racines, en cherchant à transmettre aux plus jeunes ce que l’on a de plus précieux, on prend aussi le recul nécessaire pour aller de l’avant. Les rencontres estivales permettent de croiser d’autres regards, qui éclairent d’une lumière nouvelle notre réalité : « Il a bien grandi ton fiston, as-tu pensé à lui proposer un séjour à l’étranger, pourquoi pas un chantier de jeunesse ? » « Alors ton nouveau boulot, ça donne quoi ? Et ce déménagement, c’est pour quand ? Es-tu sûr de ton choix ? » Occasion de partage en profondeur avec les amis et la famille, l’été se  prête aux bilans et aux projets, dans un climat de confiance et de bienveillance. Ce que je fais est-il source de joie, pour moi, pour mon entourage ? Ai-je trouvé un équilibre entre ma vie professionnelle, ma famille, mes amitiés ? Quelles ont été mes nourritures humaines et spirituelles, mes soutiens pendant l’année ?  Mes « tout-proches » ont-ils des attentes, des regrets, des besoins particuliers ?… Puisse ce temps béni, que la majorité de nos contemporains considèrent à juste titre comme « sacré », permettre à chacun de discerner ce qui sera pour lui et les siens source d’équilibre, de don et de joie, au jour le jour.

©E.Petre_Vacances_Frat'Max2011

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