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de Hervé de Penfentenyo        31 décembre 2011
Fazenda do Natal (Brésil), décembre 2001

Il fait nuit déjà depuis longtemps ; la cloche de l'église sonne ; nous nous retrouvons tous au portillon de la Fazenda, là-bas, au bout de ce chemin pierreux…

Dans un silence empreint de curiosité, d'étonnement, puis d'émerveillement, tandis que le portail s'ouvre, passe au milieu de nous un homme frayant le passage à un âne portant une femme joliment voilée, courbée et apparemment souffrante…

Deux mille ans nous séparent d'un certain événement. Mais ce soir-là, c'était à la Fazenda comme une certaine nuit aux portes de Bethléem.

De loin, afin de préserver l'intimité et le recueillement de Joseph et Marie, nous accompagnons la petite lanterne qui, lentement, avance.

À l'une de nos maisons, l'homme demande l'hospitalité. On assiste à la mise en scène du premier accueil fait à Joseph. Plus loin, il va frapper à une autre porte. L'échange avec l'aubergiste est à nouveau pénible à entendre ; nous avons trop d'intimité maintenant avec ces personnes, pour ne pas faire un peu nôtre l'inquiétude de Joseph pour sa femme et la fatigue de Marie que l'on voit de plus en plus courbée sur l'âne. Les prières et nos chants semblent alors se faire plus intenses et plus forts. À une troisième et dernière maison, Joseph demande un logis. L'accueil est rustre, mais l'homme a le mérite de désigner un lieu pauvre mais libre : le porche de notre église !

Là, Marie couche l'enfant tout juste né, Joseph est à ses côtés et l'âne un peu plus loin, mais présent à ce qui se passe. […]


Fazenda 2010 © Luc Lunel

C'est peut-être parce que ce petit village mène une vie simple et banale que l'extraordinaire se rend finalement plus sensible, la grâce plus palpable, le miracle pauvre mais presque de chaque instant. 

 

 

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1 Commentaire

  1. gabrielle bonansea

    Beaucoup d'émotions en lisant ces lignes et en voyant la photo. Ce qui s'en dégage  est intense et je ne peux l'exprimer. 4 ans sont passés et c'est "hier". !!