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Rencontre avec Marc Gosselin : un art de vivre nouveau dans l’entreprise

de Diane de La Bastille       16 avril 2012
 

Comment être "un" ? Comment être le même en famille, entre amis et au travail ? Cette question a toujours taraudé Marc Gosselin, aujourd’hui chez Danone. Elle s’est donc imposée comme un fil rouge tout au long de sa carrière, réalisant que si grimper dans la hiérarchie est une responsabilité supplémentaire, cela offre surtout une fantastique opportunité de changer « le système ».


©Marc Gosselin

Marc Gosselin rejoint le groupe Danone en 1987. En 2000, il devient Directeur Général de Danone UK ; en 2006, Directeur Général Produits Laitiers Frais de la zone Afrique – Moyen-Orient et en 2009, s’ajoute à cette fonction la direction Générale BOP & Social Business [1]. Depuis décembre 2010, Marc Gosselin est Vice Président Dairy Transformation et BOP & Social Business.

Tout au long de ce parcours, jamais il ne perd de vue la recherche d’unité et de vérité, autrement dit la quête de sens qui l’anime. Prenant au sérieux son besoin de relations de confiance, il profite de son tout récent statut de DG à Londres pour mettre en place un nouveau processus de recrutement. Il propose désormais à ceux qu’il embauche une visite de l’usine de fabrication et des rayons des grandes surfaces. Il offre aussi à chacun en entretien de deux heures, au cours duquel il prend l’initiative de « se mettre à nu » (selon ses propres termes) et de livrer un mode d’emploi (de lui-même !), élaboré à partir d’un sérieux travail personnel. C’est le fameux « Meet Marc and share your story with him » [2], qui révèle une volonté de bien se connaître pour travailler ensemble en totale confiance et la conviction que « tout se joue dans la première rencontre ! ». En effet, tous ses collaborateurs continueront à évoquer cet entretien et à y faire référence, même après bien des années.

Appuyé par son directeur de Ressources Humaines, il instaure un art de vivre au sein de son entreprise grâce à de multiples initiatives. Nous ne citerons que la mise en place du « merci ». Quand, par exemple, un salarié attend un camion de yaourts retardé par un problème technique ou prend sur lui de résoudre tel ou tel imprévu, le département des Ressources Humaines dépose le lendemain sur son bureau un mot de remerciement personnalisé ainsi qu’un petit cadeau matérialisant une gratitude personnalisée.

Toutes ces nouveautés sont somme toute assez banales au sens où elles relèvent du B-A BA de la vie en société, pourtant bien souvent absent du monde de l’entreprise. Si elles ne suscitent pas toujours un enthousiasme unanime au sein du comité de direction, elles transforment peu à peu l’attitude de chacun au travail, et permettent finalement l’ « extra inch », c’est-à-dire le « petit plus » que seul un engagement libre et enthousiaste permet de donner.


[1] Le BOP (Bottom Of the Pyramid) correspond d’abord à une catégorie de gens ayant moins de 2 dollars par jour pour vivre, mais par extension il désigne aussi l’ensemble des stratégies mises en place par les multinationales pour cette cible.

Le social business est, lui, défini strictement par son inventeur Muhammad Yunus : il s’agit d’une entreprise dont la finalité est la résolution d’un problème social, ce qui implique que tous les bénéfices soient réinvestis dans la structure pour, au final, baisser le coût pour les consommateurs.

[2] « Rencontrez Marc et partagez votre histoire avec lui »

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