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Luiz Gonzaga, le roi du Baião

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Luiz Gonzaga est venu au monde il y a cent ans, partagé entre la bêche et l’accordéon, dans une petite ville du Pernambuco (Etat du nord-est du Brésil). C’est en observant son père animer des bals et réparer des accordéons qu’il se passionne pour la musique et la « sanfona » (accordéon). Il grandit en aidant son père aux champs et sa mère aux marchés, jouant de l’accordéon et rendant de petits services à droite et à gauche.


Retirantes nordestinos Aecio

Luiz Gonzaga devient célèbre et le genre musical du Baião vient au jour : il utilise des cellules rythmiques issues du crépitement du feu et les mélodies du chant ludique et religieux de sa terre, le Sertão Nordestino. Il incorpore aussi le talent poétique de quelques artistes émigrés du Nordeste comme lui.

Il montre l’épopée des « retirantes » (habitants du Sertão devant fuir la sécheresse et la famine), la vie du vacher, des « repentistas » (troubadours actuels du Nordeste, improvisateurs), la richesse des marchés, la beauté des plages, les oiseaux, la végétation…

Il compose Vira e Mexe (1941) pour son premier contrat avec la Radio National à Rio. Depuis, le Roi du Baião n’a eu de cesse de parcourir les villes du Brésil, vêtu des vêtements typiques du vacher du Sertão, avec son accordéon blanc en bandoulière.

Vira e Mexe (1941)

Sa vie durant, Luiz Gonzaga va à la rencontre des retirantes venus chercher une vie meilleure au Sud : « Ces gens sont plein d’espérance, c’est pour cela qu’ils vont chercher une vie meilleure dans le Sud » confie Luiz Gonzaga. « C’est pour cela que je viens chanter pour eux : c’est l’unique joie et espérance de ce peuple exilé ».

Les grands chanteurs actuels comme Caetano Veloso affirment l’influence incontestée de ce maître dans leur vie artistique. A l’approche des fêtes de la Saint Jean, les radios diffusent à nouveau les forrós (autre genre musical) et le baião de Luiz Gonzaga, annonçant ainsi les danses typiques du mois de juin.

Engabelando

« …Cette joie qui m’habite est la même que celle d’antan. On n’abandonne pas ce qui est bon ! On ne l’abandonne pas. Qui donc ne se mélange pas les doigts sur les touches d’un accordéon ? C’est pour cela que je l’aime cet accordéon qui m’accompagne où que j’aille… On ne s’abandonne jamais… »

Interviewé quelques mois avant sa mort, le roi du Baião est amené à parler de ses 50 ans de carrière : « Je crois que j’ai couru, couru, couru et ai fini en m’arrêtant à la maison ». Comme si, sa mission accomplie, il pouvait retourner à la maison. Et cet amour pour sa terre, il l’a toujours manifesté en demandant à chaque personne rencontrée : « Você é de onde ? » (littéralement « tu es d’où ? »)

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