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Quelle réponse à la violence des attentats ?

Après la visite de Benoît XVI ressourçante et encourageante pour le peuple libanais, l'attentat contre le chef de la Sécurité Intérieure, Wissam Al Hassan, le 19 octobre dernier dans le quartier chrétien d'Achrafieh à Beyrouth a jeté de nouveau le trouble dans le pays. Les rues de la capitale devinrent, les jours suivants, le théâtre de manifestations violentes, signe de la peur et du mécontentement de beaucoup.


© Paul Walter

Dans son article « Tombeau pour un martyr » publié dans le quotidien L'Orient, le Jour du 22 octobre, Fady Noun part de deux témoignages étonnants et bouleversants.
Le premier est celui d'une femme hospitalisée qui déclare à la LBC qui l'interroge qu'au moment où a eu lieu l'attentat où elle fut blessée, elle était en train de prier pour le peuple syrien en pensant : « Quelle faute a commise ce peuple pour vivre une si totale dévastation ? »
Le second est celui d'un ouvrier syrien affirmant : « Laissez, nous payons aujourd’hui le prix de toute la violence faite au Liban ».

Des paroles qui sont comme des fenêtre ouvertes sur la profondeur et la beauté du cœur humain « où se trouve la clé de la paix au Liban et pourquoi pas en Syrie », poursuit l'auteur. En réponse à ceux qui crient leur soif de vengeance dans la rue et dans les divers interviews diffusées à la télévision, Noun reprend l'exemple d'hommes qui ont su tirer la leçon de l'histoire encore proche, comme Ghassan Tuéni, journaliste libanais. Lors des funérailles de son propre fils Gebran assassiné en 2005, il a déclaré : « Éteignons la vengeance. Rachetons la violence reçue en apprenant à souhaiter qu’elle soit la dernière. En apprenant à ne pas nous venger ; en apprenant que la violence engendre la violence et que, dans ce cercle vicieux mimétique, nous nous constituons prisonniers de la violence, nous la perpétuons et nous finissons par ressembler à notre adversaire ; plus rien ne nous distingue de notre ennemi ».

Le « rachat » de la violence commence par la conscience accrue de la violence qui nous habite et par le désir de donner une autre réponse : « une réponse de civilisation ». « Oui, l’assassin est en nous et le voyage au bout de la violence est un voyage au bout de soi-même. Comme cette blessée de l’Hôtel-Dieu dont le cœur a pris le dessus sur l’idéologie, comme Ghassan Tuéni, comme le recommandent quelques sages qui nous restent, rachetons ce coup violent qui nous est porté par une conduite de civilisation ».

Les propos de l'auteur veulent être bien plus qu'une simple analyse de l'actualité toujours alarmante, ou qu'une simple prise de position, en comprenant les parties qui s'affrontent. Il indique, pour celui qui veut l'entendre, une voie véritablement révolutionnaire : « Conquérons notre propre violence pour conquérir ensuite notre ennemi ; montrons au monde, pacifiquement, comme nous l’avons déjà fait à maintes reprises, que le Liban existe vraiment ». Loin d'éluder le drame du meurtre et de la guerre si omniprésents dans la vie du peuple libanais, le journaliste se fait l'écho des paroles de Benoît XVI en septembre dernier et invite les libanais à redécouvrir, dans la trame des événements d'aujourd'hui, leur mission et vocation en ce monde. Bien plus, il invite chacun à retrouver le chemin de sa véritable dignité, celle d'enfants aimés de Dieu et créés à son image.


© Paul Walter

Pour lire l'article
http://m.lorientlejour.com/category/Liban/article/783946/_Tombeau_pour_un_martyr….html

Du même auteur
http://ucipliban.org/arabic/index.php?option=com_content&task=view&id=25923&Itemid=252

http://www.terrasanta.net/tsx/articolo.jsp?wi_number=4174&wi_codseq=%20%20%20%20%20%20&language=fr
 

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