Home > Société > L’homosexualité en vérité

L'homosexualité en vérité, c’est le titre du dernier livre de Philippe Arino[1]. A l’heure où la question du « mariage pour tous » interroge le sens social de l’homosexualité, l’auteur, homo et catho, aborde sans tabou le thème de l’homosexualité. Son ouvrage se veut un vrai « guide pratique » à l’usage des personnes homosexuelles, mais aussi de toute personne en quête de repères et d’un langage de vérité sur la question du l’homosexualité : « L’homosexualité concerne tout le monde car elle n’est que la partie émergée de l’iceberg de la sexualité universelle. Elle nous plonge au cœur des problèmes sociaux. »[2]. Il y traite, de manière très abordable, par le biais de questions/réponses, du désir homosexuel, du « comment vivre avec », et de la voie proposée par l’Eglise. Un livre basé sur l’expérience, qui ose regarder le désir homosexuel et libère par sa vérité. Nous vous en proposons ici quelques extraits.

 

De quoi parle-t-on quand on dit « homosexualité » ?

« La seule chose qui existe dans l’homosexualité, c’est le désir homosexuel. Il est une donnée physiologique indéniable, qui s’impose à l’individu qui la ressent sans qu’il l’ait a priori choisie. Après, est-ce que ce désir est passager ou durable ? On ne sait pas trop. Chez certains sujets homos, il a l’air d’être là depuis longtemps, et il ne partira pas comme ça ; chez la majorité d’entre eux, il se manifeste tardivement, semble être une mode passagère ou un concours de circonstances. Est-il inné ou acquis ? On ne sait pas non plus. On n’a pas trouvé (et heureusement !) de gêne gay ou lesbien ; et réduire l’homosexualité à une question d’éducation ou d’influence sociale est souvent bien caricatural. Quand on parle d’homosexualité, en réalité, on ne traite que du désir homosexuel. Quant à « l’identité homo fondamentale » ou “l’espèce homosexuelle”, elles, elles n’existent pas. […] On n’est jamais pleinement homosexuel. On ne se réduit pas à son orientation sexuelle du moment, même durable : la sexualité est un chemin évolutif et complexe, un mystère qui nous échappe […]

C’est un désir qui n’est pas banal et qui dit un inachèvement. […]  Je trouve que le mot qui lui convient le mieux, c’est celui de blessure. Beaucoup de personnes homosexuelles, dans leurs discours et leurs œuvres artistiques la décrivent d’ailleurs explicitement comme une cicatrice, une fêlure. Une blessure, ça ne définit pas une personne dans son entier. Ça n’inculpe personne. Ça colle à la peau, certes, et parfois de manière durable, mais on ne sait pas qui l’a faite, ni d’où elle vient, ni quelles en sont les causes. On ne peut que la reconnaître comme « existante », constater qu’elle a différents degrés de profondeur (donc qu’elle engendre différents types d’homosexualité), sans pour autant assurer qu’elle aura des conséquences à vie ni qu’elle disparaîtra complètement. »

 

En quoi vous pencher sur la culture homosexuelle vous aide-t-il à mieux comprendre le désir homosexuel ?

« Dans mon cas, le rapprochement des personnes homosexuelles et des œuvres qu’elles créent me rend de plus en plus libre. Vraiment. La culture homosexuelle existe, non pas en tant qu’identité anthropologique, ou « ensemble de vérités sur les homos », mais simplement en tant que désir non fondamental. Et le désir homosexuel, lui, est réel, s’étudie, laisse, par sa faiblesse, passer la lumière de Dieu. […] La culture homosexuelle, à partir du moment où elle n’est pas instrumentalisée pour justifier d’une mythique identité homosexuelle éternelle ou l’amour homosexuel, est une vraie mine d’or. Elle est l’expression d’un désir homosexuel à analyser, à reconnaître comme particulier mais à ne pas essentialiser sous forme d’espèce, un désir qui est porteur de sens pour élever notre société. »

 

Comment être heureux en étant homo ?

« Je n’ai pas de chemin tout tracé à vous proposer. Juste une direction à laquelle je crois. Ça oui ! Et cette direction unique pourrait se décliner en quatre pistes de bonheur possibles :

  • La première, c’est la voie du désert : un temps de pause, de sevrage, de “non-flirt” qu’on s’impose librement, pour se retrouver soi, réfléchir à ses désirs intérieurs et faire le tri  […]
  • Ma deuxième proposition, c’est celle de la réflexion sur son désir homosexuel et de l’accueil de la culture homosexuelle. Pour être vraiment libre par rapport à son désir homosexuel, je conseille en effet de ne pas le nier, lui et son fonctionnement […] mais de partir à la recherche du sens profond de l’homosexualité. Car c’est ainsi qu’on arrive à ne pas diaboliser ni idéaliser son désir homosexuel. C’est ainsi qu’on l’assume pleinement.
  • En troisième lieu, je propose de développer l’amitié : celle qui permettrait de réaliser que la communauté homosexuelle aurait tout son sens si et seulement si les personnes homosexuelles se laissaient la chance de ne pas sortir entre elles. Car effectivement, l’homosexualité pratiquée montre combien les amitiés vraies sont empêchées dans notre monde ultra-érotisé, qui voit du génital partout. […] C’est pourquoi je crois que l’amitié est le seul rempart contre l’homophobie, le moyen le plus efficace pour que le désir homosexuel soit vraiment accepté socialement, et bien vécu par les personnes homosexuelles, le seul trésor pour justifier l’existence et la défense d’une communauté spécifiquement homosexuelle.
  • Le quatrième et le dernier chemin de bonheur que j’indiquerais aux personnes homosexuelles – celui qui a ma préférence, je ne vous le cache pas, non seulement parce que je le vis concrètement mais aussi parce que l’Eglise catholique à laquelle j’appartiens le désigne comme la « voie royale » pour toute personne homosexuelle – c’est celui de la continence, c’est-à-dire du renoncement à la génitalité et à la sentimentalité homosexuelles, tout cela pour les donner totalement à Jésus. »

 

Vous avez fait le choix de la continence, comment ce choix vous aide-t-il  à vivre avec votre désir homosexuel ?

« Au départ, ça ne change rien. On se demande même ce qui nous a pris de gâcher ainsi nos plus belles années… Et puis le bonheur vient en marchant, en découvrant peu à peu les paysages inconnus, en expérimentant la force de la cohérence entre nos mots et nos actes. […] Et sur la durée, la continence change tout ! Elle apporte l’unité entière de toute notre personne. Elle donne la joie profonde du cœur, la transparence, l’humour, la sortie de la honte, la visibilité homosexuelle autrement plus positive qu’une "visibilité de Gay Pride", la capacité d’assumer pleinement son désir homosexuel et de le rendre universel et aimant tout en s’engageant pleinement dans l’Eglise. Elle offre la vraie liberté ! »

 

Comment qualifieriez-vous un « accueil vrai » des personnes ayant un désir homosexuel ?

« Ce que je reprocherais à l’ensemble des groupements chrétiens, c’est d’assurer en apparence le principal (l’accueil des personnes homosexuelles) mais au fond, de ne pas aller jusqu’au bout de leur démarche. Car le vrai accueil, me semble-t-il, passe aussi par la reconnaissance du Réel (la condamnation des actes homosexuels, la réflexion sur la nature du désir homosexuel) et par la demande d’exigence (l’amour vrai condamne l’acte, relève la personne… puis envoie en mission !). C’est cette troisième étape, qui, pour l’instant, fait défaut. »

 


[1] Cf l’article précédent : « Philippe, homo et catho, mais libre »
[2] in « l’homosexualité en vérité », Frédéric Aimard éditeur.

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1 Commentaire

  1. Yannick

    pourquoi maintenant nous faire la promotion de son livre et  nous le  vanté comme un guide pratique à l'usage des HOMOSEXUELLES et des personnes qui…
    Notre role enfin,  pour ce qui me concerne en tant que parent  éducateur et d'apporté a mes enfants le modele de la Sainte Famille et oui et rien que cela demande beaucoup de travail par ce que je, tu, il et je je precise OU elle,  nous, vous: sommes tous différent et que la Sainte Famille  est un Phare dans un monde qui va peut-etre trop vite pour moi et je prie la Sainte Famille que ce modele ne change pas  et qu'il reste pour nous une garantie d'équilibre entre un HOMME et une FEMME.
    Et pourquoi vouloir intellectualisé une pratique sexuelle? ce choix étant fait ils et elles reste des hommes et femmes pourquoi faire d'une pratique sexuelle un étandard  un mouvement une cause et un courant intellectuelle.
    Ce qui ce passe dans leur intimitées n'a pas a faire l'objet d'un quelconque speudo guide pratique.
    Je supose qu'ici personne n'etale sa vie et ses pratques sexuelle, pour une raison ou une autre, cela reste de l'ordre du privé.
    A moins que cela ne fasse l'objet d'une souffrance ou d'une contrainte par personne interposé rien ne justifie tout ce tapage médiatique et si leur Homosexuallité je veux dire LEURS PRATIQUES SEXUELLES leur cause une gene dans la societé et bien qu'il la taisent ou la changent  mais de grace épargnons nous ce genre de débat sur ce qui reste une pratique  et que la personne qui le vie et bien assume pleinement ces actes.
    Bien à vous et en UDP Yannick