Home > Musique, Danse > Chant grégorien : Ave Maria

Vidéo – Offertoire Ave Maria chanté le 4e dimanche de l'Avent.

Majestueuse Icône sonore, l’Ave Maria grégorien nous entraîne vers le mystère de l’Immaculée Conception.

 

Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum :
* Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui.
I) Quomodo in me fiet hoc, quae virum non cognosco ?
Spiritus Domini superveniet in te et virtus Altissimi obumbrabit tibi.
II) Ideoque, quod nascetur ex te Sanctum, vocabitur Filius Dei.
* Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui.

 

Salut Marie, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi :
Tu es bénie parmi toutes les femmes et le fruit de ton sein est béni.
I) Comment cela se fera-t-il en moi qui ne connais point d’homme ?
L’Esprit du Seigneur descendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre.
II) C'est pourquoi, celui qui naîtra de toi sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.

 

Tout commence par le mot de l'ange Gabriel : « Je te salue, Marie ». Au lieu que d'y trouver une expression assurée, – pensez : un ange est d'une nature bien supérieure à celle des hommes – le grégorien nous offre au contraire un Ave interminable, presque hésitant. Faut-il, comme Fabrice Hadjadj, voir dans cette guirlande mélodique le bégaiement d'un ange troublé ?

Il y aurait de quoi car cette annonce constitue en vérité un tremblement, non de terre, mais de l'Univers tout entier. A quel autre moment de l'histoire de toute la création un ange est-il venu annoncer que Dieu en Personne allait se faire homme ? Et cet événement sans précédent était suspendu à la réponse d'une jeune fille d'Israël ! Dieu même a eu besoin du oui de Marie pour s'incarner, nous montrant par là quelle merveilleuse et redoutable prérogative est la liberté…

Et si Marie avait refusé de prêter son sein virginal pour que le Fils de Dieu y prît chair, c'eût été comme si la création toute entière avait refusé d'accueillir son Dieu car, dans cette virginité de l'Immaculée, c'est toute créature qui est représentée. En Marie, c'est la capacité d'accueil elle-même qui trouve un visage. Dans le oui de Marie, tous les oui à Dieu de tous les temps trouvent leur justification et leur modèle. Ce oui de l'Immaculée a quelque chose d'éternel car il a une portée métaphysique.

Ainsi, telle une majestueuse icône sonore, l'Ave Maria grégorien nous entraîne vers le mystère de l'Immaculée Conception. La si surprenante hésitation de l'ange, qui résonne à travers les siècles, va finalement devenir la nôtre, face au mystère insondable. La question (Quomodo in me fiet hoc ? …) de Marie, ô combien touchante et délicate, est appelée à devenir elle aussi la question où chacun de nous se demande comment Dieu peut se faire si proche. Et le chant annonce ici que l'Esprit du Seigneur (Spiritus Domini), tel l'Esprit sur les eaux primordiales (Genèse I-2) viendra encore et encore donner forme divine à toute âme prête à le recevoir.

Je te salue, ô Marie, pleine de grâce !

 

 

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6 Commentaires

  1. P. Denis

    Le chant relève l'homme de son oubli, son visage soudain illuminé, retrouve le sens des choses : l'assentiment de tout l'être à Dieu. Merci. 
     

  2. Monique

    Merci pour cette belle video du THORONET eglise de Provence que je connais bien.
     
    En ce 8 décembre 2012 c'est une belle idée.
     
    MERCI