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Monseigneur Camisasca : le feu de la prophétie

Vendredi 07 décembre, monseigneur Massimo Camisasca, a été ordonné nouvel évêque de Reggio Emilia, un des plus grands diocèses d’Italie.

Prêtre, professeur de philosophie puis de théologie à l’Institut Jean-Paul II, fils spirituel de don Giussani – le fondateur du mouvement Communion et Libération –, monseigneur Camisaca est également fondateur de la Fraternité Sacerdotale Missionnaire Saint-Charles-Borromée qui a offert à l'Eglise un évêque (Monseigneur Pezzi, archevêque de Moscou) et plus de cent prêtres exerçant leur ministère dans vingt pays dispersés sur quatre continents. Formateur, pédagogue, Monseigneur Camisasca est aussi historien et écrivain. Il a su trouver le temps de publier de nombreux ouvrages traduits dans divers langues. Il y aborde de façon récurrente la question de la formation sacerdotale, mais aussi d'autres thèmes. Persuadé qu’on ne devient pas prêtre pour soi-même mais en vue de la consécration baptismale des fidèles, il traite aussi de nombreux sujets de la vie laïque. L’expérience de la communauté et de l’appartenance, celle de la famille, celle de l’autorité, celle de la prière et de l’éducation à la Liturgie sont tour à tour approfondies. Le thème plus original de la « maison », ce lieu où se vérifie et se joue l’essentiel de l’expérience humaine et chrétienne, est l’objet d’une attention toute particulière de sa part.

Avec trois volontaires de Points-Cœur – Hugues de Cacqueray, Mauricio Mugno et Albéric de Saint Pol –, nous avons pu nous rendre à Rome pour rendre tangibles les liens très étroits qui nous unissent depuis des années à la Fraternité Sacerdotale Saint-Charles-Borromée. Une vieille amitié unit en effet don Massimo Camisasca au père Thierry de Roucy et à plusieurs d’entre nous.

Vingt-cinq évêques et quatre cardinaux étaient présents, ainsi qu’une assemblée très variée dans une Basilique comble. La Liturgie extrêmement soignée, la foi et l’attention des participants ont permis à chacun de s’approprier ce geste d’offrande de soi posé par don Massimo et toute sa Fraternité Sacerdotale qui élira bientôt un nouveau supérieur.

Le cardinal Caffara, archevêque de Bologne, a présidé la Liturgie avec un engagement saisissant et une prière intense. Dans son homélie, commentant les textes de l’Immaculée Conception, il a su transmettre sa propre expérience épiscopale : « La liberté de l’homme, c’est le risque de Dieu. La désobéissance et l’incrédulité ou l’obéissance de la foi, les deux sont inscrites dans la possibilité humaine de choisir (…). La liberté de l’homme, comme éblouie par ses potentialités, décide de se poser en instance ultime face à la vérité et au bien, et, ce faisant, sort de la bénédiction de Dieu, perdant de ce fait la clef pour déchiffrer l’énigme de l’histoire” ». « C’est dans ce contexte, frère bien-aimé, que tu es placé, pour toujours. Tu es introduit dans ce contraste entre l’incrédulité et la foi (…), entre la désobéissance d’Eve et l’obéissance de Marie. Tu es placé dans cette lutte comme témoin du projet du Père, comme témoin du Christ qui l’actualise, comme témoin de la vérité de l’homme”.  

Avec force, il insista sur la dimension prophétique du ministère épiscopal : « Ta prédication est à proprement parler une véritable prophétie sans laquelle la vie des personnes conduirait tôt ou tard à être réduite à un vagabondage privé de sens. C’est pour cela, comme l’écrit Saint Thomas, que “la prophétie est nécessaire au gouvernement du peuple” (2, 2, q 172, a.1, ad 4um) ».

Monseigneur Camisasca, visiblement ému, a pris une seule fois la parole pour dire, avec l’intensité et la conscience qui le caractérisent, quelques mots à l’assemblée : « Je tiens à évoquer le souvenir de mes parents à qui je dois la vie, la transmission de la foi et la joie de vivre (…) ». « Ainsi s’ouvre donc aujourd’hui un nouveau chapitre intense, profond et jamais achevé de ma rencontre avec don Luigi Giussani et de ma filiation à son égard (…) ». « Merci au Saint Père Benoît XVI qui a voulu m’agréger au Collège des successeurs des apôtres et qui m’a donné tant de signes de sa prédilection ». « Se conclut ainsi une belle journée qui ouvre une nouvelle phase de ma vie. Rien n’est annulé de ce qui précède ; tout est conservé pour l’éternité ».

S’adressant enfin à son nouveau diocèse, il conclut par ces paroles limpides : « Je n’ai qu’un seul désir : entrer dans la volonté de Dieu, dans son action de Père Créateur et Sauveur. Une seule attente : connaître et faire connaître le Fils. Une seule soif : goûter à la joie de l’Esprit. Aidez-moi à vivre pour cela et seulement pour cela ».

 

A lire, le dernier livre de Monseigneur Camisasca

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