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Ce que j’ai appris en visitant une ferme amish

de Marian West   27 juin 2013
Temps de lecture 2 mn

Les Amish sont des gens simples. Discrets, habillés en noir et en couleurs « arc-en-ciel » audacieuses, sans boutons, fermetures éclairs ou boutons pressions. Pas d’électricité. Pas de voitures. Ils vivent de la terre. Ils font eux-mêmes leurs meubles, confitures, pains, fromages, vêtements, maisons… tout ; encore maintenant, ils sont complètement dépendants du Créateur.


CC BY ilamont.com
 

Leur langage est simple, leurs vies sont ordonnées et leurs sourires sont larges. Leur vie quotidienne est une vie de dur labeur, de temps partagé ensemble, et de prière incessante. Ayant grandi dans le comté de Lancaster, j’ai toujours vu les Amish, mais seulement de loin. Je les vois dans leurs buggies tirés par des chevaux et au marché central où ils apportent leurs produits à vendre. Maintenant, travaillant comme massothérapeute dans une clinique de sages-femmes, j’approche leur monde d’un peu plus près et j'apprends de leur façon d'être.

La semaine dernière, j’ai visité une ferme amish à Drumore, en Pennsylvanie, pour faire un massage à une femme ayant accouché 2 semaines auparavant. Aaron est son 11ème enfant. Je suis entrée et ai doucement annoncé ma présence. Pas de sonnette. La fille aînée portait le bébé pendant que tous les autres enfants, vêtus de tabliers, les pieds nus et sales, étaient assis dans le salon en écossant des pois, récoltés le jour même en quantité abondante.

Je suis allée dans la chambre de Sylvia pour une heure de massage thérapeutique. Ses muscles étaient forts. C'est une femme travailleuse, mère, maîtresse de maison, jardinière, dévouée à l'éducation de ses enfants. Entrer dans son monde, c’est être en contact avec l'essentiel. Pas de musique spa pour accompagner le massage. Pas de fontaine artificielle. Pas de relaxation simulée. Après avoir travaillé dans des centres de fitness et de bien-être, j’ai accueilli avec joie cette bouffée d’air frais de la campagne et ce retour à un environnement naturel. La vraie paix. Le silence. Un calme qui fait place à la sérénade de la nature : le bruissement des feuilles du sycomore agité par la brise sous la fenêtre de Sylvia et les doux rires des enfants qui travaillent ensemble dans la pièce principale. Sylvia m'a dit que les filles préparaient le repas. Après le massage je suis allée dans la cuisine pour les observer.

Une des plus filles les plus âgées faisait cuire la viande et bouillir les pommes de terre. Une autre mettait la table. Chacun connaissait sa tâche et le repas était prêt à midi. La sérénité d'un travail bien fait s’est répandu dans la maison. La présence du Christ, invité invisible et chef de famille, était tangible. Charité, bonté, simples sourires échangés. La voix du plus jeune fils se fit entendre, pour demander à sa mère, en allemand, le tabouret de la cuisine. Elle a répondu patiemment et avec amour, sans énervement.

Le bruit de la cocotte sur le feu m’a tout de suite transportée dans la cuisine du Point-Cœur de Brooklyn, où j’ai passé 14 mois de mission. Dans cette ferme amish, l'accent mis sur l’être au cœur de l'activité, sur le silence et la présence, l’amitié et le travail, est en phase avec la vie dans un Point-Cœur. Les Amish attachent une grande valeur à chaque moment. Quand ils lavent le sol, ils lavent le sol. Ils ne se dépêchent pas pour en finir et faire une activité plus désirable. Il y a une valeur attribuée à chaque tâche, comme dans une communauté Points-Cœur. Chaque jour, quand nous étions trois à faire la vaisselle, nous faisions simplement la vaisselle et nous partagions du temps ensemble. Quel moment privilégié pour revenir à l’essentiel : l’amitié… la rencontre et l’échange avec celui qui est le plus proche.

Une vie quotidienne simple ordonnée par un travail acharné, par le temps passé ensemble et par la prière. Tout est prière : chaque moment avec et pour l’autre. Je suis reconnaissante pour cette invitation à entrer dans un surprenant Point-Cœur : une ferme amish ! Puisse ma maison lui ressembler.

 

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1 Commentaire

  1. Bruno ANEL
    Bruno ANEL

    Chère Marian, j'ai eu le plaisir de séjourner chez vos parents à Lancaster avec mon fils Paul, du Point-Coeur de Brooklyn. Nous nous sommes rendus en pays amish. Je connaissais cette communauté par le film Witness, de Peter Weir, tourné localement.Je pense qu'il est utile de préciser que les Amishs ne sont nullement une secte: ils sont les descendants de réformés alsaciens accueillis au XVIIème siècle par le quaker William Penn. Ils vivent dans une certaine symbiose avec le monde moderne: on repère des maisons avec une antenne TV à proximité des leurs, on les voit sur le marché de Lancaster qui vendent leurs produits. La visite m'a laissé admiratif: ces gens vivent l'évangile, et il y a une grande douceur dans leur comportement. Faut-il pour autant appliquer le Nouveau Testament à la lettre (les femmes ont une coiffe parce que St Paul leur demande d'être couvertes) ? Faut-il refuser la modernité pour en éviter les tentations ?