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Veilleurs debout : « Plutôt mourir debout que de vivre à genoux » (Camus)

Nous avons observé et interviewé plusieurs « veilleurs debout » sur la place Vendôme et reçu la confirmation qu’il ne s’agissait plus d’une résistance politique à une loi sur le mariage gay mais de quelque chose de beaucoup plus gratuit qui jaillit de la conscience humaine empreint de force, de profondeur, de ténacité, d’humour et surtout de liberté.


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Juin 2013. Place Vendôme, Paris. Un jeune français, JB, pour manifester son désaccord à l’emprisonnement de Nicolas Bernard-Buss, se poste devant le Ministère de la justice et reste debout plusieurs heures. Rapidement, d’autres le rejoignent. Les réseaux sociaux font leur travail et depuis lors, de jour et de nuit, qu’il pleuve ou que le soleil brille de tous ses feux, ils sont plusieurs dizaines à se relayer dans la France entière, devant des lieux de justice ou de pouvoir.

Il ne s’agit plus seulement d’exprimer leur désaccord avec l’emprisonnement de Nicolas B.-B. (qui a été libéré en appel) mais de montrer leur opposition et leur désaccord avec la politique actuelle et la ligne prise par le gouvernement.

Un seul regard suffit à comprendre qu’il est bien difficile de les réduire à une catégorie. Jeunes ou moins jeunes, hommes, femmes, de looks très divers, on ne peut les accuser d’être de connivence ni d’avoir prémédité quoi que ce soit.

Ce qui les unit est bien plus grand qu’une complicité. Tous, ils sortent de l’anonymat en posant un geste qui pourrait paraître anodin et inutile mais est en réalité un acte de liberté qui les révèle au monde et à eux-mêmes. En témoignent leurs propres paroles : « C’est une démarche personnelle. C’est mon choix, je viens de mon plein gré ». « C’est un engagement plus personnel que les veilleurs assis. Je suis seul, il n’y a pas d’animation, pas de veillée. Je suis libre. Chacun vient et part quand il veut. », nous confient deux d’entre eux. Jusqu’à la bouleversante figure de ce vieil homme qui, pour se présenter, sort de sa pochette une impressionnante barrette de décorations militaires. « J’ai fait partie du FFI puis du 2ème bataillon de choc qui a été créé au lycée Janson de Sailly, le bataillon de de Lattre. J’ai fait la guerre, je me suis battu contre la barbarie nazie. Aujourd’hui c’est contre une autre forme de barbarie que je me lève ».
 


 

Ce geste, ils choisissent qu’il soit celui d’être debout. « Etre debout montre une fierté, je ne suis pas accablée, je ne suis pas vaincue. Je reste debout. Je regarde en face de moi, je suis face au Ministère de la justice. Je n’ai pas peur. Je ne suis pas vaincue. »

Etre debout c’est affirmer une espérance, c’est ne pas se rendre, ne pas démissionner de sa responsabilité, ne pas plier devant la violence, quelle que soit sa forme. « Ce n’est pas dans les jambes que ça se passe – pour durer – c’est dans la tête. » « Ce n’est pas dans la désespérance qu’est le salut. La vérité a besoin d’être annoncée, d’être veillée. Nous sommes des veilleurs malgré la nuit. Il faut continuer, quel que puisse être le poids de désespérance. Ne pas y céder. » « Je garde toujours espoir ».

Le gouvernement lui-même semble être perdu et dépassé. La répression policière disproportionnée, violente, illégale et brutale de personnes totalement pacifiques, silencieuses et immobiles rappelle les pires totalitarismes. Les policiers ont l’ordre d’intimider, de bousculer, de frapper, de les regrouper par la force pour les accuser de rassemblement illicite, d’arrêter… Comment expliquer que le silence des veilleurs, leur attitude empreinte d’intériorité, leur regard chargé d’une conscience libre, leur présence « qui fait réfléchir » provoque une telle agressivité ?

La liberté de ces personnes qui sont là « pour rien » est le pire ennemi de l’idéologie et du système. L’idéologie du genre envahit la pensée, la politique, l’éducation, la société, tout jusqu’au vocabulaire qu’il faut « déformer » pour être « gender-compatible » et « gayfriendly ».

Les veilleurs nous donnent une leçon et un exemple de résistance pacifique au système étouffant et destructeur de l’idéologie. Ils sont aussi un signe d’espérance par leur geste désintéressé qui témoigne de leur amour pour l’homme et pour la France : « Pour moi, être veilleur c’est tout d’abord un engagement pacifique mais fort pour montrer mon désaccord contre la politique actuelle et les tendances du gouvernement à vouloir légiférer pour la théorie du genre, etc. Le gouvernement nous ignore et croit nous faire taire par la répression. Ce type d’action silencieuse est bon et fort, nous devons continuer pour pouvoir au fur et à mesure vaincre, ou en tout cas semer. »

 

Réseaux sociaux :
Facebook : Les veilleurs debout – Officiel
Twitter : @veilleur_debout

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