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Le salut dans l’organisation et l’égoïsme d’Etat

de Jean L.   21 septembre 2013
Temps de lecture 2 mn

Comme chaque année, le cardinal Carlo Caffarra a célébré la messe à Bologne devant les militaires des gardes des finances. Si l’archevêque a auparavant plusieurs fois pris position contre l’évasion fiscale, cette fois-ci, il rappelle aussi le rôle de l’Etat et sa propension à rompre le « pacte social » qui est à la base du système fiscal. Ce qu’il dit de l’Italie s’applique si bien à la France.

SERVICES ET INÉGALITÉS
"Le système fiscal – a dit le cardinal Caffarra dans son homélie – est une partie très importante du pacte social, en vertu duquel le citoyen a le droit d'accéder aux services publics, pour lesquels il paie les impôts." Et si le citoyen, quand il est malhonnête, "a affaire à la juridiction pénale", alors l'Etat ne doit lui non plus jamais oublier ses "graves devoirs" dans ses rapports aux citoyens. "L'Etat viole le pacte social et devient injuste s'il n'assure pas les services publics ; ou si ces services sont de très mauvaise qualité ; ou si les plus pauvres n'y ont pas le même accès que les autres", a admonesté le cardinal.

L'ÉGALITÉ INÉGALE
L'archevêque de Bologne a parlé d'"une sorte d'égoïsme public", qui "est une maladie terrible". L'égoïsme public, selon Caffarra, c'est par exemple l'attitude de l'Italie quand elle se confronte aux parents qui inscrivent leurs enfants dans les écoles privées : "L'Etat viole le pacte social et devient injuste – a dit le cardinal – si les citoyens sont contraints, en décidant d'exercer un droit fondamental, de payer deux fois le même service. Comme c'est le cas de celui qui exerce le droit à la liberté d'éducation de ses enfants."

DÉPENSES EXORBITANTES ET BUROCRATIE
Le gaspillage de l'argent des citoyens est aussi un symptôme de la même "maladie", selon le cardinal : "L'Etat viole le pacte social et devient injuste si la dépense publique, c'est-à-dire l'usage de ce que les citoyens ont versé au fisc, est exorbitante." Le cardinal n'a pas manqué de souligner la prolifération de la bureaucratie, laquelle, "même si elle est nécessaire", "tend toujours à générer de la bureaucratie supplémentaire". Comme le disait Pier Paolo Pasolini, a rappelé le cardinal : "tu as cherché la salut dans l'organisation, qui ne peut rien faire d'autre que produire davantage d'organisation".

IMPÔTS TROP ÉLEVÉS
L'Etat est éminemment injuste, a observé enfin le cardinal, quand, spécialement en période de crise économique comme maintenant, il impose aux citoyens des "impôts si élevés qu'il rendent impossibles la protection et la promotion de bien humains fondamentaux, dont le travail. Pensez, par exemple, aux difficultés dans lesquelles se retrouvent les petites et moyennes entreprises". Tourné vers les militaires présents à la Messe, Caffarra a dit en conclusion : "Je vois parmi vous beaucoup de serviteurs de l'Etat, c'est-à-dire du bien commun. Je connais les difficultés d'un tel service. Gardez intègre la rectitude de votre conscience : c'est la richesse la plus grande que nous possédons, une richesse que nul ne peut nous ravir".

 

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