Home > Sport > Les Jeux Olympiques vus par Alexandre Schmemann

Les Jeux Olympiques vus par Alexandre Schmemann

Le père Alexandre Schmemann (1921-1983), théologien orthodoxe vivant aux USA, était un homme passionné non seulement par la vie de son Eglise mais aussi par l’ensemble de la réalité. Il raconte dans son Journal ses impressions sur les Jeux Olympiques d’hiver de 1976.


CC BY-SA David W. Carmichael

Quatre grands points peuvent être tirés de ses réflexions :

1. Le père Schmemann se laisse fasciner par la beauté, il y est attentif, il sait aussi la remarquer dans le sport :
« Tous ces derniers jours, on montre à la télévision les Jeux olympiques d’hiver à Innsbruck. Je ne peux pas m’arracher. Beauté étonnante du corps humain métamorphosé en effort, en mouvement : il devient, sous nos yeux aérien, "un esprit incarné", il se déleste de sa propre pesanteur, de l’empirisme et de l’utilitarisme ("les organes"). Non il n’est pas la "prison de l’âme", mais sa vie, son élan, sa liberté et sa beauté. »

2. Dans un second temps il sait aussi remettre le corps à sa place, il ne s’agit pas de céder à une exaltation irréaliste :
« Naturellement cette victoire dans le sport est symbolique au sens le plus profond du terme. Ces corps vont vieillir, s’alourdir. Ce n’est qu’une percée, et donc un symbole. Mais l’essence du symbole est d’être à la fois signe et ce vers quoi il nous appelle… »

3. Ce qui est signalé par un corps métamorphosé par la compétition sportive c’est donc le Christ, fin ultime de l’homme :
« Le Christ a marché sur les eaux non pas par ce qu’il était incorporel, mais parce que son corps était intégralement Lui, Sa liberté, Sa vie. Tout dans le sport, l’ascèse, sa visée, la chasteté qui lui est inhérente, la beauté organique, non artificielle qu’il révèle – tout cela prouve et manifeste que la transfiguration est possible. »

4. Le sport comme source de joie :   
« Il n’est pas question, bien sûr, que tout le monde doive s’adonner au sport. Pourtant, c’est le corps lui-même qui nous indique comment nous devons le traiter. La limite du sport n’est pas le plaisir, mais la joie, et c’est ce qui fait toute la différence. »

Bons Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi !

Source : Alexandre Schmemann, journal (1973-1983), édition des Syrtes, 2009.

 

 

 

Vous aimerez aussi
Schmemann : les maladies spirituelles fondamentales
Schmemann : La prière de Carême de Saint Ephrem le Syrien
Carême : La Radieuse Tristesse, du père Alexandre Schmemann
Schmemann : « il n’y a pas de Carême sans jeûne »

2 Commentaires

  1. L'Emblave

    Belles leçons de maîtrise du corps, aboutissant à une étonnante beauté et harmonie des fprmes, bien loin de l’hystérie nationaliste du comptage des médailles.