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« On a vu France-Suisse au Stade Fonte Nova ! »

Hier au stade de Salvador (Brésil), 18 personnes de Points-Cœur ou amis de Points-Cœur Brésil ont pu assister au match France-Suisse de la Coupe du Monde de Football. Petit récit d’une belle journée de ciel bleu.  

L’histoire commence comme souvent à Points-Cœur : une amitié. Lors de mes missions sur São Paulo auprès de la communauté française je rencontre en 2012 un dirigeant de Nike. Nous nous voyons de temps à autre et au moment de l’approche de la coupe du monde je lui pose la question de la possibilité d’obtenir des places pour le match France-Suisse à Salvador le 20 juin. Quelques jours avant le coup d’envoi la réponse tombe : « 16 places gratuites sont à votre disposition à l’hôtel des bleus à Salvador, à retirer la veille du match ». S’ajoutent deux places achetées par anticipation, nous serons donc 18.    

Une fois la liste des heureux élus élaborée nous partons vers le stade : il y a parmi nous des enfants de la Fazenda (Marcos, Rafaela, Gabriel), des adolescents ou adultes passés par la Fazenda (Mateus et Diego, Edinaldo), les volontaires du Point-Cœur de la Coroa (Hortense, Mariana, Florian), les volontaires en mission à la Fazenda (Arek, Thomas, Luc et Stéphanie), des amis fidèles de Points-Cœur (Juarez, Père Angelo) et les deux "padres" de la Fazenda (père Christian et moi-même). Un groupe franco-brésiliano-argentino-polonais, tous derrière les bleus pour ce match de qualification. Pour tous ce fut comme un « baptême du feu », une première fois dans un stade de foot, une première fois pour un match de coupe du monde.


©  Luc Lunel

Plein la vue

Ce qui impressionne au début c’est d’abord l’immense complexe que représente un stade, non seulement l‘infrastructure mais aussi toute la technologie : les lumières, les écrans, les caméras (dont certaines se déplacent sur des fils au dessus du terrain), les 53 000 places dont 51 000 seront occupées au plus fort du match. Les yeux sont donc servis par cet immense travail de l’homme au service de la vue. Lors du match un grand avantage d’être sur place est d’obtenir une liberté du regard que la télévision ne peut donner. Personne ne nous force à revoir une action ou à aller voir telle image. Les yeux sont libres d’aller où ils veulent, d’observer plus un joueur ou un coin du stade, ou le grand écran qui retransmet des ralentis.

Malgré l’immensité du stade l’impression que nous avons est d’une grande proximité avec le terrain et les joueurs. C’est sans doute pour cela que beaucoup aiment regarder un match avec leurs propres yeux plutôt que ceux de la TV : pour la proximité. Comme nous étions près du poteau de corner droit nous avons pu notamment bien observer les trois premiers buts français ainsi que la commémoration des bleus à quelques mètres de nous. Une joie communicative.

Plein les oreilles

Ensuite il y aussi l’ouïe qui est sollicitée. Comme il y avait de nombreux supporters français nous avons pu écouter et, pour les Français, chanter une Marseillaise dont l’addition des voix produisit un son puissant semblant rentrer jusqu’au plus profond de la personne. De même pour les actions importantes, dont les buts (5 pour la France). C’est tellement fort que l’on n’entend pour ainsi dire plus rien. Pour notre groupe ce fut donc une joie immense de pouvoir assister non seulement à la victoire de notre équipe mais aussi à un beau jeu collectif où celui qui peut potentiellement marquer laisse la place à celui qui est mieux placé pour le faire (cas du second but français). Pour nos enfants le temps est passé décidément trop vite.

Toujours des surprises

Jouer contre la Suisse n’est jamais facile : c’est une équipe solide en défense, avec de grande qualités collectives et tactiques, capable de surprendre. La grande joie pour tout le stade ici c’est le nombre de buts : 7 ! C’est toujours énorme pour un match. Il y a donc eu de la joie côté français pour 5 buts comme côté suisse même si pour nos voisins helvètes ce match a été une lourde défaite. Les deux buts suisses, de toute beauté,  sont arrivés trop tard mais sont suffisamment riches d’enseignement : rien n’est jamais gagné et en 5 minutes (83ème et 87ème minutes) n’importe quelle équipe peut prendre deux buts si elle se déconcentre comme la France en fin de match.


© Points-Cœur

Fraternité

Un match de coupe de monde c’est aussi un match au milieu du monde. A ma droite il y avait un Brésilien de São Paulo, à ma gauche notre ami père Angelo, brésilien lui aussi, en face de moi un Allemand et un Vénézuélien, derrière moi un Suisse, puis un Anglais et deux Nord-Américains, bref c’est tout un échantillon de la planète qui est représentée, un peu comme lors des JMJ à Rio. Ce qui explique aussi que les sifflets ont aussi bien pu aller à la France comme à la Suisse lorsque les deux équipes prenaient trop leur temps pour jouer.

Lors des intervalles, les Brésiliens (la majorité dans le stade) aimaient montrer que la voix la plus puissante restait la leur : « Eu sou brasileiro, com muito orgulho, com muito amor » (« Je suis brésilien, avec beaucoup de fierté, avec beaucoup d’amour »).    

La spécificité des matchs de coupe du monde est que les supporters peuvent être mélangés sans que cela soit source de violence. Dans la très grosse majorité des cas les différentes équipes fraternisent. C’est ce que nous essayons de montrer à nos enfants : « respect pour l’adversaire ». Pour ma part, à côté de Suisses lors de l’attente avant de rentrer dans le stade, ceux-ci me disent en anglais : « Good luck, good luck for you and… no goals ». Pas de chance pour notre ami, la France a effectué une des plus grosses « goleada » de son histoire en compétition internationale.

Tout le monde est ressorti dans la bonne humeur et nous sommes revenus chez nous émerveillés par toutes ces émotions. Dans le bus tout le monde nous disait : « merci, merci », pour ce bon moment vécu ensemble. Notre gratitude va à la Divine Providence qui nous a permise de vivre ce moment ensemble car se sont ces moments de gratuité et de joie qui soudent et construisent une famille spirituelle.


© Points-Cœur

Photo couverture © Points-Cœur

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