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La musique, partenaire idéal de l’idée de l’Europe unie

"La musique comme langage commun, le partenaire idéal de l'idée de l'Europe unie." C’est par ces paroles que le président du philarmonique de Vienne a introduit le concert exceptionnel exécuté le 28 juin dernier dans la magnifique Bibliothèque nationale de Sarajevo, près du lieu même où furent assassinés il y a 100 ans l’archiduc François-Ferdinand et sa femme. Les musiciens de l’Orchestre Philarmonique de Vienne ont en effet souhaité participer activement aux commémorations de la 1ère guerre mondiale.

Le répertoire avait été méticuleusement choisi pour raconter des pages de notre histoire commune, de la fin du XVIIIe siècle aux premières années du XXe siècle : le quatuor L’empereur  de Haydn, la symphonie inachevée de Schubert, Marsch d’Alban Berg qui illustre l’horreur et la violence en une magistrale page orchestrale en forme de chaos, le Chant du destin de Brahms qui lui, évoque les contrastes entre les misères humaines et la vie de l’éternité céleste. Pour cette dernière œuvre, le Chœur du Théâtre National de Sarajevo s’est joint à l’Orchestre : ce fut le point culminant du concert. Enfin, la Valse de Ravel a clos ce voyage symbolique à travers le temps en évoquant la fin d’une époque et la naissance d’un monde nouveau.

Le Dr. Clemens Hellsberg, lors de son discours prononcé au nom de tous les musiciens de l’Orchestre Philarmonique de Vienne a parlé du déroulement du concert comme d’un parcours symbolique à travers les temps, comme à travers les hommes, mais aussi les abîmes de l'âme humaine, en envoyant un message d’espérance, un appel inlassable pour la paix et la réconciliation.

« L’art nous permet de dépasser les limites que nous impose la nature humaine. Il sublime nos faiblesses, nos souffrances, nos peurs. C'est dans l'art que nous nous rencontrons à un niveau supérieur. C'est lui qui nous aide à laisser derrière nous les bassesses humaines. Même quand celles-ci conduisent à des catastrophes de dimension historique, à condition toutefois que nous écoutions sa voix, que nous répondions à son exigence de surmonter nos propres limites. Face au pouvoir de la politique et de l'économie, l'art n'a qu'une voix très faible. Il faut savoir rester silencieux pour pouvoir l'entendre. (…)

Aujourd’hui, nous nous sentons liés à ce peuple dans cette ville et ce pays. En cette occasion historique significative, nous souhaitons montrer à travers la musique, notre profond respect pour l’idée d’une Europe unie, le projet le plus visionnaire, et le plus grand, de la paix dans l’histoire de notre continent. »

 

Trailer du concert

 

concert en entier

 

 

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1 Commentaire

  1. Alain Bories

    Merci, Claude, pour ce beau texte d’espoir : oui, l’idée d’une Europe unie est belle.
    C’est bien ce sur quoi a tablé le médiocre ministre des Affaires étrangères Robert Schuman quand il a lu sa fameuse déclaration du 9 mai 1950, rédigée par son homologue américain Dean Acheson (voir http://www.upr.fr/dossiers-de-fond/la-face-cachee-de-robert-schuman).
    Mais depuis la création de la Haute autorité du charbon et de l’acier, dont les décisions prévalaient déjà sur celles des pays membres, la « construction européenne », de traité en traité, a confisqué aux nations des éléments de plus en plus essentiels de leur souveraineté au profit de décideurs non élus et n’ayant de compte à rendre à personne, tout cela au nom d’une Europe soi-disant unie. Or l’Union européenne est désormais la lanterne rouge de l’économie mondiale, elle bat chaque année ses records de chômage et, dans le cadre léonin de l’OTAN, porte la guerre partout où les intérêts américains l’exigent : Irak, Afghanistan, Lybie, Syrie et maintenant Ukraine. Les traités européens imposent les délocalisations, la privatisation massive des services publics, la destruction des acquis sociaux, etc.
    Quant à l’euro, il impose la rigueur et fait exploser l’endettement : les plus riches enflent sans cesse pendant que grossit irrésistiblement le nombre des chômeurs et des pauvres.
    Les seuls pays européens qui vont bien sont l’Islande, la Norvège et la Suisse, qui n’appartiennent ni à l’Union européenne, ni à l’euro (voir http://www.upr.fr/actualite/europe/le-taux-de-chomage-en-suisse-recul-en-juin). Ce sont les seuls pays d’Europe encore souverains et démocratiques.
    Il n’est pas étonnant que le pape François recommande aux catholiques de s’élever contre la prise du pouvoir par l’argent-roi, et contre la disparition de l’Etat, garant du bien commun http://terredecompassion.com/2014/05/21/elections-europeennes-non-a-largent-qui-gouverne-au-lieu-de-servir/) ; en revanche, on ne l’entend jamais demander de poursuivre à tout crin la construction européenne : elle est aujourd’hui un train fou que personne ne sait plus où aiguiller.
    Rien n’est aussi beau que l’unité, mais il ne saurait y avoir l’unité sans la distinction.