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L’école à la maison : Le courage d’être parents !

Depuis trois semaines, c’est la rentrée des classes ! Mais pour quelques 40,000 enfants en France, la rentrée se fait à la maison ! Pour la troisième année, Elsa Poisblaud a ainsi décidé de faire elle-même l’instruction de ses trois enfants, Blandine, 10 ans, Anaïs, 8 ans et demi, et Corentin, 6 ans. Elle nous éclaire sur les motivations qui animent les parents qui font le choix de l’école à la maison : une aventure qui demande du courage et de l’audace mais un chemin plein de joie vers une croissance de toute la personne. Entretien avec Elsa Poisblaud. 


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Elsa, pour la troisième année, vous avez décidé de faire l’école à la maison pour vos trois enfants. Qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

Un ensemble de choses.

Tout d'abord, il y avait un manque de confiance croissant en l'Éducation Nationale, tant au niveau des méthodes d'apprentissage pratiquées à l'école qu'au niveau des contenus de l'enseignement. De plus, mon mari avait la désagréable impression, le soir, que quelque chose de nos enfants nous échappait. On confiait tout de même nos petits bouts six heures par jour à une institution qui ne nous inspirait pas vraiment confiance !

Personnellement, je n’étais pas satisfaite non plus des devoirs que les enfants ramenaient de l’école ; je les trouvais souvent très ennuyeux…

Au niveau de l'organisation, je n’aimais pas non plus le saucissonnage du temps, avec les repas vite pris, les conduites, et toute la précipitation qui en découle souvent. On s'est donc posé des questions.

Mais l'élément déclencheur a été une conférence passionnante d’Elisabeth Nuyts sur la manière d'apprendre à réfléchir aux enfants (et pas seulement acquérir des connaissances ou des compétences). Elisabeth Nuyts dénonçait les nouvelles méthodes imposées par l’éducation nationale qui, d'années en années, écarte toujours plus les approches qui ne sont pas basées sur les perceptions visuelles, alors que ces méthodes étaient initialement prévues pour les sourds… Le visuel est réputé permettre d'aller vite, c'est ce que l'on recherche aujourd'hui, avant tout le reste. La performance ! Seulement ces nouvelles méthodes génèrent de plus en plus de dysfonctionnements (dyslexie, dysorthographie, etc). L'intelligence, quant à elle, se développe, chez l'enfant, en même temps que le langage et à partir de tous les sens (ouïe, toucher, goût et vue). Il faut donc que l'enfant puisse mettre des mots sur tout ce qu’il perçoit, observe et rencontre, puis sur tout ce qu'il ressent. Ainsi les mots peuvent s'enraciner profondément dans son être et l’intelligence peut alors se construire, le savoir s'organiser. La conférencière déplorait également tous les dégâts causés par l’abandon de la méthode syllabique, non seulement sur la lecture mais aussi sur la capacité d'analyse et de critique que l'on doit développer chez l'enfant. Même si on dit aujourd'hui avoir pris des distances avec les méthodes « globales », être passé au semi-global, tous les exercices restent des exercices globaux qui ne se basent que sur le visuel. Les méthodes en vigueur dans l’éducation nationale entraînent donc les enfants à photographier les mots, les phrases, sans leur apprendre à intérioriser, à analyser, décrypter ou mémoriser par le sens. Le plus important est d'apprendre à l'enfant à toucher le réel avec son intelligence à partir de tout son être, non à construire des structures mentales !

Ainsi, je comprenais mieux pourquoi j'étais tellement dérangée par les devoirs que les enfants ramenaient de l’école… Tout allait dans l'autre sens !

Après mûre réflexion, nous avons donc choisi, mon mari et moi, d'assurer l’instruction de nos enfants nous-mêmes. Nous avons acheté tous les livres et tous les supports pédagogiques de Madame Nuyts ainsi que des cours par correspondance. Nous faisions ainsi le pari qu’en utilisant d’autres méthodes pédagogiques – méthodes éprouvées par le passé tout de même ! – nous pourrions garantir à nos enfants une vraie formation de l'intelligence et une vraie construction du savoir et de leur personnalité, et non seulement de bonnes performances. Bien sûr, en ayant les enfants à la maison toute la journée, cela supposait une nouvelle organisation familiale. Mais cette présence les uns aux autres a aussi permis un autre type de relation avec les enfants et la vie familiale y a beaucoup gagné. Les parents ne sont-ils pas les premiers responsables de l'éducation de leurs enfants ?

Restait un dernier obstacle à surmonter : ce que l'on appelle la « socialisation ». Les enfants n'allaient-ils pas se fermer au monde ?

Nous avions aussi observé que les enfants d'une famille amie, instruits en famille depuis des années, comptaient parmi les plus sociables et les plus épanouis que nous connaissions. L'école à la maison n'était donc pas un obstacle à la « socialisation », contrairement à ce que beaucoup veulent bien dire. Les enfants apprennent à s'ouvrir au monde et aux autres par le contact avec les adultes, pas en restant entre eux, confinés dans une « tranche » d'âge ! Le cloisonnement des âges empêche les enfants d'accéder à la personne des autres : ne les intéressent que les choses qui intéressent les autres, les personnes ne sont pas perçues comme une richesse indépendante de l'âge.

Après deux années scolaires « à la maison », quels fruits constatez-vous pour vos enfants et votre famille ?

C’est énorme ! On a peut-être perdu du temps au début parce que je manquais d’expérience et parce que j’étais très attachée à ce que les enfants suivent les programmes à la lettre. Nous suivions des cours par correspondance d’un très bon niveau, bien au-dessus de la classe de leur ancienne école, et pour les suivre, j’avais laissé de côté les exercices d’Elisabeth Nuyts. Mais c'était une erreur, parce qu'il fallait d'abord leur réapprendre à relier leur intelligence aux perceptions sensorielles, développer leur personnalité dans son ensemble, établir un socle solide pour construire le savoir. Sans ce travail préalable, c'est un peu comme si on construisait sur du sable : ça ne tient pas. Il a donc fallu accepter de prendre du temps pour chaque chose et faire les choses dans l’ordre. Nos enfants ont donc appris à toucher et dire ce qu’ils touchaient, ce qu’il ressentaient ; à mettre des mots sur toutes les odeurs qu'ils percevaient dans la cuisine ou dans les bois… L'abstraction s'enracine toujours dans une réalité, faute de quoi la pensée peut facilement se mettre à délirer et affirmer n'importe quelle absurdité sans même se rendre compte que c'est absurde. L'intelligence est une faculté du réel, non ?… Il devient donc ensuite beaucoup plus facile de passer à l’abstraction et aux exercices scolaires plus théoriques.

Avec le temps, j’ai appris à faire davantage confiance aux enfants, confiance en ce qu’ils pouvaient faire et apprendre eux-mêmes, confiance en ce que je savais. J’ai aussi passé beaucoup de temps à jouer avec eux, à leur faire des cours d’histoire près de la rivière, avec les chevaliers, les batailles, les rois, les reines, etc. Ces moments constituent en plus un véritable ciment pour la vie familiale ; les enfants rechignent moins aux tâches de la maison, rendent plus volontiers service. C’est aussi une excellente occasion de se connaître mieux ; j’ai découvert beaucoup de choses chez chacun des enfants, que je n'aurais probablement pas vues de la même façon s'ils avaient été à l'école six heures par jour. Aujourd'hui, tout le monde trouve nos enfants très sociables, d'un contact facile. L’objection qui est faite à l'école à la maison de faire obstacle à l'intégration sociale n'est vraiment pas fondée. La principale limite qu’il puisse y avoir, c’est la limite des parents eux-mêmes, une limite humaine, celle du courage et de la patience dans les moments de fatigue par exemple… Bien sûr, si on a tendance à vivre soi-même replié et isolé, l'école à la maison risque d'accentuer ce penchant.

Assurément, l'école à la maison représente une exigence plus grande pour soi-même, pour que ce soit beau et grand, pour aider les enfants à grandir dans leur personne toute entière. Nous voyons aujourd'hui avec un autre œil les enfants scolarisés dont les parents ne prennent pas assez de temps pour eux. Ce sont des enfants qui ont souvent tendance à n'avoir pas confiance dans les adultes, dont le regard fuit ; ils sont plus réservés, parfois même assez renfrognés, espiègles, vont faire des coups en douce… La relation au monde des grands est aussi souvent moins franche.

Comment est rythmée une journée d’école à la maison ?

La classe commence vers 8h30, après avoir pris le temps de faire son lit et de ranger ses affaires… Quand les enfants allaient à l'école, ils n’avaient pas le temps de faire tout cela et c’est moi qui faisais tout. On commence par une courte prière, on regarde le saint du jour. On commence par un bon quart d’heure de jeu de concentration comme le conseille Elisabeth Nuyts. Il y a tout un panel de jeux au choix : le loto des odeurs, un organicolor qui est un assemblage de pièces géométriques en bois à reproduire de mémoire, etc. Toute action doit être accompagnée de langage : « Je prends le losange rouge, je le pose à côté du carré, etc. ». C’est le langage qui va construire toute la pensée. Ensuite, chacun se met à son bureau dans une même grande pièce.

Le programme est établi pour la semaine : les 2h30 de la matinée sont consacrées au français et aux mathématiques ; l'heure de l'après-midi est dédiée aux sciences, à l’histoire, la géographie ou l’anglais.

Le français occupe une grande partie (généralement 1h30 chaque matin) : explication de texte, rédaction, dictée, exercices, toutes choses assez classiques. Les textes sont de beaux textes, racontent de belles histoires. C'est très important. Ces exercices sont assistés par la grammaire d'Elisabeth Nuyts, une grammaire passionnante et très vivante où l'on trouve des mimes en situation réelle par exemple.

La matinée est coupée par une bonne récréation sur la place du village. Je joue avec les enfants autant que possible, à des jeux physiques, de corde à sauter, de relais, de courses de jeux de chat-perché. À la fin de la matinée, chacun se met à une tâche, la cuisine, le couvert, le balai. Les tâches changent tous les jours. Ça aussi, c’est vraiment une aide précieuse, pas seulement matérielle pour moi, mais pour les enfants également. Ils sont finalement contents et fiers de savoir faire des choses, de participer à la vie d'une famille ; ils se rendent compte aussi qu’ils ne sont pas qu’un cerveau. Ils apprennent à cuisiner, ranger, nettoyer. Cette année, j’aimerais qu’ils apprennent à jardiner, qu’ils chantent davantage.

L’après-midi, on reprend vers 14h. C'est le moment des arts et découvertes. L’année dernière, les aînées aimaient ces moments : chacune lisait sa leçon à haute voix, comme si elle donnait une conférence. Les autres écoutaient en silence puis posaient des questions.

Entre 15h et 15h30, on part sur le grand terrain près de la rivière pour jouer à de  « grands jeux », relais, vélo, petite randonnée, pour se dépenser et observer la nature… Au retour, selon le temps, les enfants font des activités manuelles ou continuent à jouer sur la place du village ou bien suivent leurs activités : karaté pour les uns, danse provençale pour les autres, catéchisme, chorale, percussion, galoubet et le scoutisme. Cette année, notre troisième aimerait faire de la trompette, mais il n'y a pas de cours de trompette au village…

En quoi l’école à la maison permet de mieux répondre aux besoins de l’enfant et de personnaliser l’apprentissage de chacun ?

Le premier avantage est bien sûr le petit effectif de la classe qui permet de s'adapter au mieux aux besoins de chaque enfant. Par exemple, je n'hésite pas à revenir sur une notion qui n'est pas encore intégrée par l'un ou à passer plus vite sur une autre quand elle est bien assimilée par l'autre. Mais il a aussi fallu l'expérience et de nombreuses lectures pour apprendre à adapter les façons de faire. Peu à peu, on finit par mieux connaître les besoins de ses enfants, leurs différences, leurs façons de faire et d'être.

Quand les aînées ont vu la rapidité et la facilité avec lesquelles leur petit frère apprenait à lire, à écrire et à compter, elles ont mieux compris le choix de cette méthode.

Est-ce que l’éducation nationale permet et encourage les parents de faire le choix de l’école à la maison ?

L’éducation nationale prend de plus en plus nettement des orientations technocratiques et idéologiques complètement déconnectées de la réalité, des instituteurs, des enfants et des parents. Il y a des exercices de maternelle où il a fallu qu’on se mette à deux pour comprendre la consigne ou l’objectif de l’exercice. Cela fait beaucoup de tort à l’éducation nationale et à tous les enfants qui y sont.

Mais, ce qui est plus inquiétant, c'est sa volonté d’arracher les enfants à tous les « déterminismes », familial, culturel et religieux. Les parents qui ont eu connaissance des textes officiels émanant du ministère de l'Éducation sur ce sujet et qui ne voient pas en quoi la famille constitue un déterminisme dangereux, vont forcément penser à échapper à cette emprise et avoir envie de franchir le pas de l'école à la maison, ou au moins de placer leurs enfants dans des écoles hors-contrat. Mais la politique française regarde ces options d'un œil peu amène et cherche plutôt à décourager ces initiatives, beaucoup plus que dans d'autres pays.

Quels conseils donneriez-vous à des parents qui se soucient de l’éducation de leurs enfants ?

D’avoir le courage de le faire s'ils le peuvent ! Beaucoup de mamans trouvent un peu fou de faire l’instruction soi-même. C’est vrai que c’est un peu de la folie, mais je suis en paix avec ce choix, même si c'est moins confortable à certains des égards que de mettre ses enfants à l'école comme tout le monde.

Dieu nous a confié ces enfants. Ils ne nous appartiennent pas mais nous avons la responsabilité de les élever et donc de leur donner le meilleur. Ce que j’aime beaucoup dans la tâche de parent-instructeur, c’est que ça oblige en permanence à se convertir davantage parce que la tâche est plus grande. Les occasions de conflits et les difficultés sont bien sûr plus nombreuses, mais les joies sont aussi plus nombreuses, beaucoup plus nombreuses ! Et rien que pour ça, ça vaut la peine.

Ceci dit, il ne faut pas non plus oublier que bien des enfants scolarisés s'épanouissent très bien et à l'école et avec leurs parents. Et qu'heureusement bien des instituteurs et institutrices se donnent tout entier à leur tâche avec bonheur pour les enfants. Le courage d'être parent n'est pas que dans l'école à la maison !

Un conseil : se former. C’est les travaux d’Elisabeth Nuyts qui m’ont permis de me lancer. Sans ces supports, cela n’aurait pas été possible. Si on rate l’apprentissage de la lecture, après, c’est très difficile. La première année, j’ai passé beaucoup de temps à remettre les choses dans l’ordre.

Il existe pas mal de ressources, il y a au moins trois associations d’instruction en famille. Moi, je suis inscrite à CISE, « Choisir d’Instruire Son Enfant », que je trouve très bien. On reçoit un bulletin trimestriel avec des notes de lecture pour les parents, des conseils pour les enfants. Sur internet, ça foisonne, il y a beaucoup de forums de discussions. Sur Facebook aussi, je suis à Non-Sco du Var. Le jour de la rentrée, on s’est retrouvés à la plage avec les familles non-scolarisées du département. On va aussi régulièrement à la ludothèque de Rousset où tous les jeudis les enfants et les parents se retrouvent. Cela nous permet d’échanger nos expériences et de voir les différentes façons de faire. Les façons d’instruire sont extrêmement variées, il n’y a pas deux familles qui procèdent de la même façon. On parle souvent du « droit à la différence » mais tout tend à l'uniformisation : là nous avons un bel exemple de différences irréductibles ; il y a vraiment toute une palette de couleurs à travers toutes ces familles. Cet échange est très beau parce que cela me permet de dire « Ça, je veux le garder, ça fait partie de mes choix. Ça, ça pourrait être intéressant, etc. » Chaque famille conserve sa spécificité, ses particularités : les choix qui ont été faits sont plus forts et révèlent des identités très contrastées. Le réseau physique ou internet nous met face à toutes ces différences et nous permet en même temps de ne pas nous sentir seuls et d'échanger sur nos pratiques respectives.

Un autre conseil : prendre le temps pour chaque chose et donner toute son importance à chaque chose. Faire son lit, la cuisine, passer l’éponge sont aussi importants que faire son exercice de français ou préparer un cadeau. Prendre le temps de faire des sorties, au théâtre, à l'opéra, aux musées, les fermes, village de tortues etc… Le spectacle de fin d’année a aussi pris beaucoup de temps. Tous nous voulions que ce soit beau, alors on a pris les moyens, j’ai fait beaucoup de théâtre avec eux, on a pris le temps d'imaginer, de préparer, de répéter. Le spectacle a été un très beau moment, comme un couronnement de tous nos efforts à tous… Les enfants ont exposé leurs plus beaux dessins, l'aînée s’est remise à la flûte une semaine avant pour jouer dans le spectacle… Il y avait une vingtaine de personnes comme public : familles, amis et voisins. Ça a fait du bien à tout le monde !

On estime à 40 000 le nombre d’enfants qui suivent l’école à la maison en France. De plus en plus de familles y ont recours. Voyez-vous l’école à la maison comme une réponse à une véritable aspiration de la part des parents ?

La théorie du genre, l’abécédaire de l’égalité ont remué pas mal de familles. La chute du niveau scolaire de l’éducation nationale est quand même, elle aussi, alarmante. Les médias se font discrets tant sur les problèmes eux-mêmes que sur les solutions comme la scolarisation familiale, parce que ce n'est pas très glorieux pour le France et puis parce que ça arrange tout le monde de fermer les yeux. Mais beaucoup de gens se posent des questions et sentent confusément qu'ils ont besoin de retrouver une liberté pour l'éducation de leurs enfants.

Aux Etats-Unis, au Canada, la scolarisation familiale est très répandue. Ce sont aussi des pays plus audacieux, moins bloqués par les idéologies, avec plus de liberté…

Pour finir je dirais qu'il n'y a pas d'éducation parfaite ni de parents parfaits !  Nous sommes simplement appelés à faire de notre mieux…

QUESTIONS POSEES AUX ENFANTS :

Préfères-tu l’école à l’école ou l’école à la maison ? Et pourquoi ?

Corentin (6 ans) : L’école à la maison parce que c’est mieux, on fait plus de choses.

Anaïs (8 ans ½) : L’école à la maison parce qu'il y a moins d’heures de cours.

Qu’est-ce que tu préfères faire à la maison ?

Anaïs : Les sorties avec maman comme quand on va à la rivière ou quand on est allé voir les chèvres…

Corentin : Le bricolage dans l’atelier avec papa et le spectacle de fin d'année.

Sur quoi sera le prochain spectacle ?

Blandine (10 ans) : le médiéval

Et qu’est-ce que tu vas faire pour le spectacle ?

Blandine : des robes

Tu vas les faire ou les porter ?

Blandine : Les faire, les coudre, et les porter ! Je vais apprendre…

Et toi, Corentin ?

Corentin : Je serai chevalier avec mon arbalète qui tire plus loin que mon pistolet !

Liens :

Les Dys, troubles de la mémoire, prévention et remède Elisabeth NUYTS
Les profils pédagogiques Antoine de la Garanderie
Manuel de survie d'une mère de famille de Holly Pierlot éd. de l'Emmanuel
Parler pour que les enfants apprennent à l'école ou à la maison de Faber et Mazlish

http://www.savoir-apprendre.info/

http://www.cise.fr/

https://www.facebook.com/groups/230017577043786/?fref=ts

 

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15 Commentaires

  1. Claire

    Un grand merci pour ce témoignage qui fait envie… C’est très encourageant de voir que des parents franchissent ce pas et que c’est concrètement possible. Nous nous disons depuis un moment que c’est ce que nous aimerions offrir à nos enfants (qui n’ont que 1 an et -4 mois !), persuadés que l’école à la maison unifie toute la vie quotidienne et donne le sens des apprentissages.

  2. Palli Pierre

    L’école à la maison implique qu’un parent renonce à un travail rémunéré. Par ailleurs les instructions données par Elisabeth Nuyts ne doivent pas être gratuites. N’est-ce pas un privilège pour famille aisée dont un conjoint a un revenu élevé?

    1. Cédric

      À mon sens c'est comme pour tout le reste, c'est une question de choix de vie… La plupart des familles que je connais dont l'un des parents a arrêté de travailler pour s'occuper des enfants (sans pour autant faire l'école à la maison) ne sont pas du tout parmi les plus aisées. Leur privilège est ailleurs : dans la qualité de leur quotidien et des relations entre leurs membres !

  3. THIOLLIER

    Merci pour cette interview!
    Nous aussi nous nous posons la question depuis plus d’un an pour nos deux petits de 4 ans et 2 ans et demi.
    En tant qu’infirmière scolaire, je vois la charge que représentent les troubles d’apprentissage pour le corps enseignant et les fatigues des enfants (ramassage scolaire, pressions scolaires, harcèlement entre camarades, sanctions et punitions,…) les avantages ne sont pas nombreux.
    L’IEF demande effectivement l’investissement d’un ou des 2 parents pendant quelques années… Cela mérite réflexion mais les témoignages sont tous tellement enthousiastes!

  4. POISBLAUD

    Bonjour,
    l’aspect financier est aussi un choix de vie, mon mari est très loin d’avoir de gros revenus, nous visons à 5 avec 1800€ par mois. Alors pour les vacances on ne part que chez les amis ou en famille, et on en prend peu. On économise beaucoup sur le gasoil et je n’achète jamais de produit déjà cuisinés même les gâteaux, que nous réservons pour les jour de fête… Le matériel de Nuyts est parmi les plus économiques et les plus durables. (à peu près 35€ le français tous niveaux réutilisable! et idem pour les math et les jeux de concentration!) Après il y a les livres, mais le marché d’occasion est intéressant et l’investissement ne se fait qu’une fois. Je privilégie les sorties gratuites ou en groupe avec d’autres enfants non sco etc… On se débrouille, loin de la course aux revenus!
    Nous vivons surtout de la vie en famille qui elle est riche en toute chose!!!! Même si ce n’est pas simple!
    Pour les parents de jeunes enfants, sachez que c’est beaucoup plus facile de commencer une bonne méthode que de rattraper des erreurs! Je regrette beaucoup pour ma part de ne pas avoir commencé plus tôt pour les aînées même si je sais qu’il me fallait un temps de maturation de ce projet.
    Bon courage à tous!
    Elsa

  5. Elisabeth

    Merci pour cet article, je me permets de reprendre une de vos citations qui me semble maladroite. Vous dites : « Nous voyons aujourd’hui avec un autre œil les enfants scolarisés dont les parents ne prennent pas assez de temps pour eux. Ce sont des enfants qui ont souvent tendance à n’avoir pas confiance dans les adultes, dont le regard fuit ; ils sont plus réservés, parfois même assez renfrognés, espiègles, vont faire des coups en douce… La relation au monde des grands est aussi souvent moins franche. »
    C’est vrai que la plupart des enfants n’ont pas de relation de confiance avec leurs parents, que ces derniers courent après l’ass-mat, puis la gardienne pour le péri-scolaire, et bref l’enfant est balloté à droite à gauche et si peu pris en charge par ses parents, alors que le pauvre n’a même pas demandé à venir au monde !! C’est vrai que la plupart des parents consacrent peu de temps à leurs enfants. Quand bien même la maman ne travaille pas, le week-end c’est scoutisme, activités musiques, poterie, MJC et cie. On dirait que l’éveil de l’enfant est inadéquat avec le rôle de parent. Ce qui est une erreur et en ce sens je vous rejoins. Cependant, restons vigilants dans nos dires. Si les enfants n’ont pas confiance en leurs parents et ne sont pas apparemment épanouis, la cause n’en est pas l’école à la maison ou pas. Mais plutôt la relation de base qui se construit entre les parents et leurs enfants. Tout est la, il me semble. Dire que les enfants ont le regard fuyant parce qu’ils sont scolarisés (ce qui bien sur n’est pas ce que vous avez voulu dire, mais c’est ainsi que cela se comprend), est une méprise. Ils ont le regard fuyant du fait de la violence ordinaire (physique ou verbale) qui règne au quotidien dans les familles et de l’absence de relation de confiance.

  6. POISBLAUD

    Tout à fait Elisabeth, le plus important est de prendre du temps pour l’enfant, scolarisé ou non. Le regard fuyant etc… est celui de certains enfants que les parents ne prennent pas le temps de regarder dans les yeux, patiemment.
    Tout un programme qui n’est pas toujours au programme!

  7. Geoffroy

    Et ma femme et moi qui parlions hier soir justement de la future scolarisation de nos enfants ! (20 mois et 1 mois)
    Quelle source d’inspiration vous nous donnez là, et à laquelle nous n’avions pas songé !
    Merci pour votre témoignage, Elsa et que Dieu bénisse votre famille.

  8. Falk

    40 000 enfants en France qui font l'école à la maison : c'est énorme. Cela équivaut à 40 importants établissements scolaires de 1000 élèves, à 400 petites écoles de 100 élèves. C'est qu'il y a vraiment un gros problème dans l'Education nationale… Je ne sais pas si le homeschooling est une solution globale, mais c'est certainement un symptôme !

    Peut-être faut-il à terme mettre encore davantage en commun les efforts de ces familles et fonder de petites écoles familiales parallèles – informelles ou associatives – sur la base de cours par correspondance assurés par les parents ?

  9. Falk

    Moi, je vois bien l'avenir comme ça : reprise en main parentale de l'éducation, communalisation de l'effort des familles, écoles associatives – et pourquoi pas réouvertures d'écoles municipales sous forme associative dans les villages où il n'y en a pas ou plus ?

    De nombreuses mairies seraient partantes…

  10. Falk

    Ce qu'il faut, c'est créer de toutes petites écoles familiales libres sur la base de cours par correspondances et de méthodes alternatives, avec une base légale associative.

  11. Falk

    L'école à la maison, c'est déjà un truc d'intellos, de gens qui ont une certaine intelligence et une certaine culture, qui ont déjà un certain niveau. Ce n'est pas une solution générale.

    Aujourd'hui, si tu libérais les élèves de la scolarisation collective, partiellement par l'école matinale seulement ou totalement par l'école à la maison, ça voudrait tout simplement dire plus de temps passé devant la télévision, l'ordinateur, les jeux vidéos, les réseaux sociaux, le smartphone, la tablette, Facebook, etc. Ce serait une catastrophe. Surtout quand les deux parents travaillent, ou qu'ils sont élevés par un parent isolé. L'école à la maison, ça ne s'adresse qu'à des couples où un des deux parents ne travaille pas et peut s'occuper des enfants à temps plein.

    Autant de temps passé à l'école, autant de temps perdu en moins en ligne…