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André Gide, un petit air de famille

Du 6 septembre au 11 octobre 2014, une exposition photo intitulée "André Gide, un petit air de famille" est visible à l'Hôtel de Ville du Lavandou, dans le Var. Plus de 100 photos racontent l'amitié d'André Gide avec Théo et Maria Van Rysselberghe ainsi qu'avec leur fille Elisabeth. Avec cette dernière, il choisira d'avoir un enfant. Une petite fille naîtra le 18 avril 1923. Interview de Raphaël Dupouy.

1. Une exposition sur Gide s'est ouverte début septembre au Lavandou : comment et pourquoi est-elle née ?
Suite à l’organisation d’un colloque « André Gide, homme solaire » au Lavandou en 2001, soulignant les liens du prix Nobel de littérature 1947 et le Var, j’ai eu le plaisir de rencontrer sa fille, Catherine Gide, et de sympathiser avec elle. Celle-ci, très attachée au quartier de Saint-Clair où j’habite et travaille à la valorisation du passé culturel de la commune, a soutenu plusieurs de mes projets. J’ai ainsi pu organiser, grâce à sa contribution, de belles expositions du peintre néo-impressionniste Théo Van Rysselberghe (son grand-père) et de Henri Edmond Cross (ami de son grand-père) à l’Espace culturel du Lavandou.

2. Qui était Catherine Gide ? Que pouvez-vous nous dire d’elle ?
Catherine Gide est née le 18 avril 1923 de la relation de Gide avec Elisabeth Van Rysselberghe, la fille de son ami Théo. Gide espérait bien sûr un garçon… ce sera une fille. L’identité de son père n’est alors connue que de quelques initiés ; et Catherine elle-même l’ignorera jusqu’à l’âge de treize ans. Ensuite, être la fille de Gide, grand écrivain, témoin capital du XXe et apôtre de l’homosexualité (relire Corydon), fut un héritage lourd à porter pour elle. Mais, femme simple et proche de la nature, elle sut tout au long de sa vie veiller attentivement au devenir du travail de son père. Sauvage, elle était la gaieté et la gentillesse même pour qui savait l’approcher. Elle est décédée en avril 2013 et repose désormais au cimetière du Lavandou dans la tombe de son grand-père.

3. Qu’est-ce que cette exposition révèle de nouveau de la personnalité de Gide ? En quoi est-ce important ? Est-ce que cela apparaît dans son œuvre littéraire (comme une évolution, un changement) ?
Cette exposition ne révèle rien, mais souligne les liens étroits qui unissaient Gide au Sud de la France et au Var en particulier. Considéré comme l’un des plus grands auteurs français du XXe siècle, Gide n’est plus guère lu par les jeunes aujourd’hui. Aussi, est-il intéressant de les amener à le redécouvrir en insistant sur son ancrage local. Son attachement à la région n’est pas précisément écrit dans ses livres, mais en revanche son journal évoque ses nombreux séjours dans le Var, sur le littoral comme dans l’arrière-pays.

4. Qu’est-ce que vous-même retirez de cette exposition ? Qu’est-ce qui a été le plus marquant pour vous ?
Je suis d’abord très heureux d’avoir rendu cet hommage à Catherine Gide, comme convenu avec ses amis lors de ses obsèques en avril 2013, espérant que cet hommage en appellera d'autres. Nous avons eu également le plaisir d’apprendre qu’une professeur de français au collège de Bormes faisait travailler ses élèves sur un livre de Gide et qu’elle allait les amener visiter notre exposition. Par le biais de l’autobiographie, c’est intéressant de voir des jeunes découvrir l’œuvre de Gide. Quant au plus marquant pour moi, cela restera la rencontre du samedi 6 septembre (le lendemain de l’inauguration de l’exposition) au cours de laquelle les conférenciers, amis et proches de Catherine Gide ont tour à tour évoqué avec sensibilité divers aspects de la vie et de la personnalité de Catherine et André Gide. Cela nous a particulièrement donné envie de nous retrouver à nouveau l’an prochain. Sans doute lors d’un week-end d’avril 2015.

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