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Elections en Argentine : un changement d’époque

Dimanche 22 novembre, le candidat de l'opposition libérale Mauricio Macri vient d'accéder à la présidence de la République Argentine. Après plusieurs mandats consécutifs de l’administration précédente, l’alternance a été retrouvée comme valeur fondamentale de la démocratie. 

Les victoires à Cordoba, Santa Fe, Mendoza, la ville de Buenos Aires (où le candidat était maire) et l’excellent score dans la province de la capitale ont été précieux pour le triomphe du nouveau président. Le candidat centre-droite remporte ainsi le scrutin à 51,5% des voix contre le péroniste Daniel Scioli qui avait le soutien de la présidente sortante.

Nous pourrions nous interroger sur les motifs du résultat, mais nous ne ferions que recourir à de longs exposés argumentatifs. En plus des propositions du vainqueur, comme la suppression des mesures protectionistes ou la levée du contrôle des changes, il est certain que les réflexes biologiques de la société ont majoritairement manifesté la nécessité d’un nouveau projet pour le pays, portés par un sentiment de lassitude après 12 années de kirchnerisme.

La nouvelle administration assumera la conduite d’un pays divisé et en crise (croissance quasi-nulle, inflation de plus de 25 %…) avec de grands défis, comme la nécessité d’élever les niveaux de qualité institutionelle, l'amélioration de l’éducation et de la recherche, stimuler l’économie du pays et la santé publique, concevoir de nouveau la politique extérieure argentine avec un nouveau scénario de nations alliées et la présence d’un Pape natif du pays, s’occuper des affaires gouvernementales de manière plus fédérale…

Cependant, le défi le plus important d’un gouvernement, quel qu’il soit, demeurera toujours le fait de pouvoir gérer son administration sans perdre de vue le bien commun et la transparence de ses actes.

Les citoyens et le concert des nations attendent une Argentine qui puisse envisager une croissance économique soutenue et un vrai développement social, réduisant la pauvreté. Pour l’atteindre, il est nécessaire de travailler ensemble. Le défi concerne tous les argentins, au-delà des idées politiques que chacun défend.

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2 Commentaires

  1. Bruno ANEL
    Bruno ANEL

    En Argentine, c'est surtout le peronisme qui est une curiosité. Au départ, il y a le général Juan Domingo Peron, putschiste  qui gouverne de façon autoritaire de 1945 à 1955. Populiste et admirateur de Mussolini, il laisse cependant un bon souvenir aux pauvres par sa politique sociale. Son épouse Eva, "madone des descamisados" décédée prématurément, alimente le mythe. Chassé par un putsch en 1955, il s'éxile en Espagne et revient au pouvoir vingt ans plus tard, rappelé cette fois par les électeurs pleins d'espoir. Le général meurt peu aprés, laissant le pays à sa trés inexpérimentée vice-présidente et seconde épouse, Isabel, rapidement dépassée par les évènements et renversée par les militaires. Le "peronisme" subsiste , portant au pouvoir le populiste Carlos Menem dans les années 1990, puis les époux Kirchner  à partir de 2005, Nestor puis sa femme Cristina, Le pouvoir est décidément une affaire de famille dans le peronisme. Avec eux , le mouvement semble se stabiliser dans une sorte de social-démocratie interventionniste. Il serait cependant hasardeux de dire qu'avec Macri, c'est la droite qui succède à la gauche: il est en effet soutenu par l'Union Civique Radicale, le plus ancien parti argentin situé au centre-gauche. Rien n'est simple dans la vie politique argentine.

  2. Jean C.

    C'est exact, il n'est pas réèlement de droite, mais centre-droite, libéral du point de vue économique, ce qui n'est pas beaucoup dire après Fernandez…  En tout cas, il ne semble pas vouloir faire prendre un virage trop serré à l'Argnentine après 12 de collectivisation et de politique populiste.