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« Chrétiens d’Orient », exposition à l’Institut du monde arabe

Comme le laissait entendre la file d’attente devant l’Institut du monde arabe, les visiteurs sont venus en nombre et fourmillent dès la première salle pour cette exposition consacrée au thème : « Chrétiens d’Orient, 2000 ans d’histoire » qui se déroule du 26 septembre au 14 janvier prochain. 

Le premier panneau présente l’exposition, évoque la longue histoire des églises orientales, la richesse de leurs liturgies et traditions. C’est un regard bienveillant qui est posé sur les premiers disciples du Christ. 

En face, un écran fait défiler l’extension des premières communautés chrétiennes, les trajets des voyages de Saint Paul, évoque les premiers conciles de l’Eglise naissante.

L’exposition suit un ordre chronologique, et chaque salle est consacrée à une époque donnée. 

On y évoque l’exil des chrétiens avec l’arrivée de l’Islam la taxe (djizia) qui est imposée à ceux qui restent, mais aussi les siècles de richesse et de coexistence pacifique, le temps difficile des croisades pour les chrétiens d’Orient, la chute de l’empire ottoman et les persécutions qui s’ensuivent, la participation au Nahda (النهضة), la renaissance du monde arabe au début du XVIIIème siècle. 

Le nombre d’objets exposés est important, mais c’est la beauté, la finesse et la conservation des œuvres parfois millénaires qui marquent et surprennent le plus. Chacun se presse pour lire les descriptions et explications, et il faudra souvent patienter pour découvrir de quand et d’où viennent les gravures d’ivoire, le bois taillé, les peintures sur bois et les icônes qui regardent les visiteurs passer. Ceux-ci découvrent aussi plusieurs milliers de pages d’écrits des églises d’Orient. La majorité sont écrites en arabe, et richement illustrées. Des Bibles côtoient des codex et des textes théologiques. 

On remarque particulièrement une immense icône qui représente le martyre de Saint Georges : une succession de scènes, la condamnation puis le supplice du martyre du IVème siècle prennent place sur fond doré. 

La fin de l’exposition traite du siècle passé. Le ton est plus grave. Le martyre des chrétiens d’Orient a repris il y a maintenant un siècle, avec le génocide des Arméniens, suivi par d’autres massacres comme celui des Assyriens. S’ouvre enfin une galerie de photos représentant la vie quotidienne des communautés actuelles, en Jordanie, en Egypte, au Liban ou en Syrie. Des femmes accueillent un journaliste, offrent un café à une photographe, des hommes prient et travaillent, des enfants jouent devant une église. 

Les derniers panneaux nous parlent d’aujourd’hui. Les chrétiens représentaient près de 20 % de la population du monde arabe au début du XXème siècle. Ils le composent actuellement à hauteur de 3 %, majoritairement au Liban (30% de la population) et en Egypte (9%). Le texte de l’exposition rejoint alors les cœurs des visiteurs, parlant du courage de ceux, qui par leur présence, contribuent à la diversité du monde arabe et y sont signes du Christ. 

Cette exposition n’aura eu de cesse de valoriser la place de la chrétienté dans le développement du monde arabe, tout comme les chrétiens d’Occident aimeraient voir l’histoire de l’Eglise européenne valorisée. Cela sera le dernier (et non le moindre) émerveillement que procurera cette visite. 

Visiter le site de l'exposition : Institut du monde arabe
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3 Commentaires

  1. Marie MCD 7783

    En nous invitant à aller visiter cette exposition à l'Institut arabe, vous nous rappelez avec justesse, que le Christianisme est certes né au Proche Orient , mais aussi hélas que l'exil des Chrétiens d'Orient a commencé avec l'arrivée de l'Islam, ils ont été combattus, persécutés et martyrisés sur leur terre au cours des siécles….et ça continue, si bien qu'ils ne représentent plus que 3%  de la population arabe .Tout en contribuant à la diversité du monde arabe, ils sont donc en voie d'extinction et pourtant ils devraient pouvoir représenter un lien "interreligieux" entre le Christianisme, l'Islam et évidemment le Judaïsme..L'Occident ne les a pas aidés et l'Église les a -t-elle assez soutenus? MCD

  2. Olivier PIVETEAU

    Je n'ai malheureusement pas les compétences suffisantes pour répondre à votre question de manière pertinente. Un certain nombre des églises orientales sont orthodoxes ce qui créent des relations avec Rome et avec l'occident différentes par rapport à celles auxquelles nous sommes habitués. Nous souhaitions surtout insister sur la nécessité pour les chrétiens d'occidents de rester préoccupés par le sort « du poumon orientale de l'Eglise universelle » comme le disait saint Jean-Paul II.