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La sainteté est le visage le plus beau de l’Église

L’exhortation apostolique du Pape François Gaudete et exultate (« Soyez dans la joie et l’allégresse », Mt 5, 12) fait résonner l’appel de l’Eglise à la sainteté. Dans un style pastoral direct, ce texte contient des lumières nourrissantes. En voici quelques aspects. 

Photo : Aleteia Image Department. Canonization 2014-The Canonization of Saint John XXIII and Saint John Paul II. ROME,VATICAN 27 April: Images from the Canonization of Saint John XXIII and Saint John Paul II by Pope Francis and the Catholic Church. This event, attended by millions is amongst the most important in current history. JEFFREY BRUNO/ALETEIA

 

L’appel universel à la sainteté est au cœur de la vie de l’Eglise depuis son commencement et la multitude des saints qui ont fait l’histoire de l’Eglise n’ont eu de cesse de rappeler par leur vie cette réalité. Plus récemment, Le Concile Vatican II a placé cet appel à la sainteté au cœur de sa Constitution sur l’Eglise. Jean Paul II, a dès le début de son pontificat lancé une fois de plus cet appel au monde : « N’ayez pas peur, ouvrez grands les portes au Christ » et a repris ce thème de multiples fois, tout comme Benoit XVI qui nous a légué un héritage exceptionnel dans sa série de catéchèses sur les grandes figures de saints de l’histoire de l’Eglise, des apôtres à nos jours.

Le Pape François, avec son exhortation apostolique parue cette semaine, s’inscrit dans ce désir des successeurs de Pierre « de faire résonner une fois de plus l’appel à la sainteté ». Dans le style que nous lui connaissons, direct (« Laisse la grâce de ton baptême porter du fruit dans un cheminement de sainteté »), imagé (rappelant l’existence des saints « de la porte d’à côté »), et très concret (détaillant la sainteté « chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire »), il veut rappeler à tous que « La sainteté est le visage le plus beau de l’Église » et qu’elle n’est pas une prérogative réservée à quelques-uns. Pour ce faire, il fait largement appel aux saints de tous les temps qu’il cite abondamment : Saint Ignace et saint François bien sûr, mais aussi François de Sales, Jean Paul II, Edith Stein et Saint Thérèse de l’Enfant Jésus, le cura Brochero et Paul VI, et tant d’autres, un véritable album de famille.     

Après avoir fait résonner une fois de plus l’appel universel à la sainteté, qui est un appel personnel, chacun selon son état de vie, embrassant toute la vie jusque dans le quotidien le plus banal, le Saint Père dénonce deux ennemis subtils de la sainteté authentique : le gnosticisme (penser que la sainteté consiste en une connaissance de doctrine ou d’idées, qui réduit le mystère à ce qu’on en comprend, mais qui n’ouvre ni à Dieu qui est « toujours plus », ni aux autres) et le pélagianisme (oublier que la sainteté est don de Dieu et compter seulement sur les propres forces pour mener une vie d’apparence parfaite). Ces deux « ennemis de la sainteté » font naître un sentiment de supériorité, celui de faire partie des « purs », incompatible avec le don d’une foi humble. Il rappelle que la sainteté consiste dans l’appartenance au Christ et la vie selon les Béatitudes, bien souvent à contre-courant de l’esprit du monde, avant de donner cinq caractéristiques de la sainteté qui sont particulièrement parlantes pour rayonner dans notre monde contemporain : la patience et la douceur, la joie et le sens de l’humour, l’audace et la ferveur, la communauté et la prière constante. Enfin le Saint Père rappelle que ce chemin de la sainteté ne va pas sans le combat spirituel et le discernement qu’il nécessite pour être fidèle à l’Esprit Saint.

Plutôt que de commenter l’intégralité du texte du Saint Père, relevons quelques lumières de ce texte pour les approfondir.

« La sanctification est un cheminement communautaire »

Le Pape François, contre la mentalité individualiste moderne, s’oppose à toute conception isolée de la sainteté : les saints ne sont pas des individualités à part mais font partie d’un peuple, la sainteté est toujours le fruit d’une compagnie, d’une appartenance concrète : « Le Seigneur, dans l’histoire du salut, a sauvé un peuple. Il n’y a pas d’identité pleine sans l’appartenance à un peuple. C’est pourquoi personne n’est sauvé seul, en tant qu’individu isolé, mais Dieu nous attire en prenant en compte la trame complexe des relations interpersonnelles qui s’établissent dans la communauté humaine ». Il souligne que cette dimension communautaire est une grâce qui peut emmener jusqu’au don de la propre vie : « l’Église a canonisé des communautés entières qui ont vécu héroïquement l’Évangile ou qui ont offert à Dieu la vie de tous leurs membres. Pensons, à titre d’exemple, aux sept saints fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie, aux sept religieuses bienheureuses du premier monastère de la Visitation de Madrid, à saint Paul Miki et ses compagnons martyrs au Japon, à saint André Kim Taegon et ses compagnons martyrs en Corée, à saint Roque González, saint Alphonse Rodríguez et leurs compagnons martyrs en Amérique du Sud. Souvenons-nous également du récent témoignage des moines trappistes de Tibhirine (Algérie), qui se sont préparés ensemble au martyre. Il y a, de même, beaucoup de couples saints au sein desquels chacun a été un instrument du Christ pour la sanctification de l’autre époux ». La communauté n’est donc pas un lieu pour se rassurer, un moyen pour être plus efficace dans l’apostolat, mais le lieu du sacrifice de la propre vie et de la présence du Christ : « La communauté est appelée à créer ce « lieu théologal où l’on peut faire l’expérience de la présence mystique du Seigneur ressuscité ». Partager la Parole et célébrer ensemble l’Eucharistie fait davantage de nous des frères et nous convertit progressivement en communauté sainte et missionnaire ». 

« La vie n’a pas une mission, mais elle est mission »

S’appuyant sur le théologien Hans Urs Von Balthasar, le Saint Père rappelle que chaque baptisé est appelé à une mission personnelle, unique, il n’y a pas de mode d’emploi général de la sainteté mais « Ce qui importe, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui (cf. 1 Co 12, 7) et qu’il ne s’épuise pas en cherchant à imiter quelque chose qui n’a pas été pensé pour lui. Nous sommes tous appelés à être des témoins, mais il y a de nombreuses formes existentielles de témoignage ». Les saints rendent visibles que la vie est mission, « Chaque saint est une mission ; il est un projet du Père pour refléter et incarner, à un moment déterminé de l’histoire, un aspect de l’Évangile », « chaque saint est un message que l’Esprit Saint puise dans la richesse de Jésus-Christ et offre à son peuple ». Un saint offre donc à l’Eglise et aux chrétiens une figure : « Pour reconnaître quelle est cette parole que le Seigneur veut dire à travers un saint, il ne faut pas s’arrêter aux détails, car là aussi il peut y avoir des erreurs et des chutes. Tout ce que dit un saint n’est pas forcément fidèle à l’Évangile, tout ce qu’il fait n’est pas nécessairement authentique et parfait. Ce qu’il faut considérer, c’est l’ensemble de sa vie, tout son cheminement de sanctification, cette figure qui reflète quelque chose de Jésus-Christ et qui se révèle quand on parvient à percevoir le sens de la totalité de sa personne ». 

Le Saint Père poursuit « cette mission trouve son sens plénier dans le Christ et ne se comprend qu’à partir de lui. Au fond, la sainteté, c’est vivre les mystères de sa vie en union avec lui. Elle consiste à s’associer à la mort et à la résurrection du Seigneur d’une manière unique et personnelle, à mourir et à ressusciter constamment avec lui. Mais cela peut impliquer également de reproduire dans l’existence personnelle divers aspects de la vie terrestre de Jésus : sa vie cachée, sa vie communautaire, sa proximité avec les derniers, sa pauvreté et d’autres manifestations du don de lui-même par amour ». La mission est le lieu de la personnalisation dans le Christ, le lieu de l’unité de la vie. Vivre avec la conscience que notre vie est une mission, reçue à chaque instant, permet de sortir des fausses oppositions entre action et contemplation (« Nous sommes appelés à vivre la contemplation également au sein de l’action, et nous nous sanctifions dans l’exercice responsable et généreux de notre propre mission »), temps pour soi et temps pour Dieu (« Les mêmes moyens de distraction qui envahissent la vie actuelle nous conduisent aussi à absolutiser le temps libre »). L’unité de la vie ne se cherche pas dans un équilibre abstrait, dans un calcul des forces ou des règles psychologiques, mais dans la vie même, dans la mission : « Il nous faut un esprit de sainteté qui imprègne aussi bien la solitude que le service, aussi bien l’intimité que l’œuvre d’évangélisation, en sorte que chaque instant soit l’expression d’un amour dévoué sous le regard du Seigneur. Ainsi, tous les moments seront des marches sur notre chemin de sanctification ».

Discerner pour être fidèle à l’Esprit Saint 

Dans la grande tradition de Saint Ignace, le Saint Père termine sa lettre rappelant que dans le combat spirituel, le discernement nous est donné pour vivre notre mission : « Toi aussi, tu as besoin de percevoir la totalité de ta vie comme une mission. Essaie de le faire en écoutant Dieu dans la prière et en reconnaissant les signes qu’il te donne. Demande toujours à l’Esprit ce que Jésus attend de toi à chaque moment de ton existence et dans chaque choix que tu dois faire, pour discerner la place que cela occupe dans ta propre mission. Et permets-lui de forger en toi ce mystère personnel qui reflète Jésus-Christ dans le monde d’aujourd’hui ». Le saint est toujours un homme ou une femme de prière, une prière qui est toujours plus élargie par le Seigneur : « C’est quelqu’un qui ne supporte pas d’être asphyxié dans l’immanence close de ce monde, et au milieu de ses efforts et de ses engagements, il soupire vers Dieu, il sort de lui-même dans la louange et élargit ses limites dans la contemplation du Seigneur ». La prière doit être continuelle, c’est elle qui forge le désir de Dieu et permet de recevoir le don du discernement : « Saint Jean de la Croix recommandait de « s’efforcer de vivre toujours en la présence de Dieu, soit réelle, soit imaginaire, soit unitive, selon que les actions commandées le permettent ». Cette prière doit entrer dans toute notre vie, doit devenir la prière permanente du cœur qui n’est jamais une fuite du réel mais une nouvelle manière de l’habiter, plus présente et plus réelle finalement :  « Le ‘‘pèlerin russe’’, qui marchait dans une prière continue, raconte que cette prière ne le séparait pas de la réalité extérieure : « Lorsqu’il m’arrivait de rencontrer des gens, ils me semblaient aussi aimables que s’ils avaient été de ma famille […] Ce bonheur n’illuminait pas seulement l’intérieur de mon âme ; le monde extérieur aussi m’apparaissait sous un aspect ravissant ». 

Le Saint Père conclut en rappelant que la logique chrétienne est la « logique du don, la logique de la croix ». La sainteté est ultimement un don de soi, elle a besoin d’un constant discernement qui est déjà une forme d’expropriation de soi pour arriver à une sainte indifférence qui permettra de suivre le divin Maitre jusqu’à la croix, « le discernement n’est pas une autoanalyse intimiste, une introspection égoïste, mais une véritable sortie de nous-mêmes vers le mystère de Dieu qui nous aide à vivre la mission à laquelle il nous a appelés pour le bien de nos frères ». « Nous ne discernons pas pour découvrir ce que nous pouvons tirer davantage de cette vie, mais pour reconnaître comment nous pouvons mieux accomplir cette mission qui nous a été confiée dans le Baptême, et cela implique que nous soyons disposés à des renoncements jusqu’à tout donner. En effet, le bonheur est paradoxal et nous offre les meilleures expériences quand nous acceptons cette logique mystérieuse qui n’est pas de ce monde ». 

 

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1 Commentaire

  1. Thibault

    17 juillet, les 16 carmélites de Compiègne

    Le 4 août 1790, les membres du directoire du district se présentèrent au monastère des carmélites de Compiègne, conformément aux ordres donnés par la Constituante, et procédèrent à l'inventaire des biens de la communauté. Les religieuses furent invitées à quitter leur habit et à abandonner leur monastère. Cinq jours plus tard, sur les conseils de la municipalité, elles signèrent toutes le serment de Liberté-Égalité. Dès lors, elles vécurent dispersées en quatre petits groupes, mais continuant, sous le costume séculier, leur existence de prière et d'immolation.

    Le songe de sœur Elisabeth Baptiste

    Un siècle auparavant, une carmélite de ce monastère, sœur Élisabeth-Baptiste, avait vu en songe toutes les religieuses de son couvent dans la gloire du ciel, revêtues de leur manteau blanc et tenant une palme à la main… Le ciel leur réservait-il donc l'honneur du martyre ? Cette pensée se présentait fréquemment à leur esprit. Aussi la mère prieure, sentant le désir qui prenait corps dans la communauté, leur proposa-t-elle, au cours de l'année 1792, de faire un acte de consécration par lequel la communauté s'offrirait en holocauste pour apaiser la colère de Dieu et (pour) que cette divine paix que son cher Fils était venu apporter au monde fût rendue à l'Église et à l'État. Cette consécration fut faite d'enthousiasme.

    Deux religieuses anciennes, qui, tout d'abord, n'avaient pu dissimuler la crainte que leur causait l'idée de la guillotine et qui avaient hésité, émues moins du sacrifice lui-même que de la manière dont il devait s'accomplir, sollicitèrent, quelques heures plus tard et en pleurant, la faveur de se joindre à leurs sœurs. Et, chaque jour, en communauté d'abord, dans les différents groupes ensuite, la consécration était renouvelée, maintenant une flamme qui ne devait s'éteindre qu'au jour de la suprême immolation, sous le couperet de la guillotine.

    Arrestation des carmélites

    Cependant la régularité même de la vie de chaque groupe, reproduisant aussi exactement que le permettaient les circonstances l'horaire de la vie conventuelle, n'avait pas échappé aux Jacobins de Compiègne. Ils dénoncèrent donc au comité de salut public du district les ci-devant carmélites comme existant toujours en communauté, se livrant à des réunions suspectes et entretenant avec les fanatiques de Paris une correspondance criminelle.

    Le 22 juin 1794, elles furent enfermées au monastère de la Visitation, transformé alors en prison. Là, en attendant que le Comité de salut public, avisé par le comité local, statuât sur leur sort, les recluses rétractèrent leur serment de Liberté-Égalité, préférant mille fois mourir plutôt que de rester coupables d'un tel serment.

    Le transfert à Paris

    Le 12 juillet, parvenait à Compiègne l'ordre du Comité de salut public de les transférer à Paris. Escorté de deux gendarmes et de neuf dragons, le cortège prit la direction de Paris, et parvint le lendemain, vers trois heures de l'après-midi, à la Conciergerie.

    Malgré leurs liens et leur extrême fatigue, les carmélites mirent pied à terre sans l'aide de personnes. Seule, une religieuse octogénaire et infirme, sœur Charlotte de la Résurrection, les membres engourdis par une longue immobilité, ne savait comment descendre de la charrette. Impatientés, les voituriers la saisirent et la jetèrent brutalement sur le pavé. Elle se releva tout en sang et se contenta de dire à ceux qui venaient de la traiter ainsi : Croyez bien que je ne vous en veux pas. Je vous ai eau contraire bien de la reconnaissance de ce que vous ne m'avez pas tuée, parce que si je fusse morte… J'aurais été ravie au bonheur et à la gloire du martyre. C'était l'une des deux religieuses qui, deux ans auparavant, avaient hésité devant la perspective d'une mort sanglante ; maintenant, elle acceptait généreusement son sacrifice.

    A la Conciergerie comme à Compiègne, les seize carmélites continuèrent à observer leur Règle : un témoin digne de foi, Denis Blot, élargi le 9 thermidor, déclare qu'on les entendait toutes les nuits, à deux heures du matin, récitant leur office. Le 16 juillet, elles célébrèrent la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel avec un tel enthousiasme qu'au dire d'un détenu la veille de leur mort paraissait un grand jour de fête pour elles.

    Le soir elles reçurent avis de leur comparution, le lendemain, devant le Tribunal révolutionnaire.

    La mort sur l'échafaud

    Après un bref interrogatoire et sans même entendre de témoins, le tribunal condamnait à mort les seize carmélites coupables de former des rassemblements et des conciliabules contre-révolutionnaires, d'entretenir des correspondances fanatiques et de conserver des écritsliberticides. Et comme sans s'émouvoir, l'une d'elles, sœur Henriette de la Providence, demandait au président Scellier ce qu'il fallait entendre par le mot de fanatique qui figurait dans le texte du jugement, elle reçut cet aveu qui devait les remplir d'une joie indicible : J'entends par là votre attachement à ces croyances puériles, vos sottes pratiques de religion.

    Une heure après, elles montaient dans les charrettes qui, par la place de la Bastille, les conduisirent sur la place du Trône renversé (place de la Nation). Tandis qu'à leur passage une foule assez composite manifeste des sentiments divers, allant des cris et des injures jusqu'à l'admiration, elles, indifférentes et sereines, chantent le Miserere puis le Salve Regina. Arrivées au pied de l'échafaud, elles entonnent le Te Deum, le cantique de l'action de grâce qu'elles font suivre du Veni Creator. Après quoi, elles renouvellent leurs promesses de baptême et leurs vœux de religion.

    Mais voici qu'une jeune novice, sœur Constance, s'agenouille devant la prieure. Avec autant de simplicité que derrière les murs du couvent, elle lui demande sa bénédiction et la permission de mourir, puis, chantant le psaume Laudate Dominum, omnes gentes, elle gravit les marches de l'échafaud. L'une après l'autre, les autres religieuses observent le même cérémonial et viennent recevoir la bénédiction de mère Thérèse de Saint-Augustin avant de cueillir la palme du martyre. Enfin, la dernière, après avoir vu toutes ses filles donner à Dieu la plus grande preuve d'amour que puisse, ici-bas, lui donner la créature, la prieure livre, elle aussi, sa tête au bourreau.

    Vie des saints et bienheureux,
    Bénédictins de la rue de la Source, éd. Letouzey